EAUX DE LU, CHON
§ B. — Leur nature 7 — leurs propriétés , — leur découverte, — leur état actuel.
a réputation des Eaux de Luchon va croissant de jour en jour et rien n’est mieux acquis que cette réputation. A Luchon se trouvent, en effet, un nombre considérable de sources; ces sources sont très-abondantes, et il n’en est pas dans le reste des Pyrénées qui offrent à l’analyse une aussi grande proportion de matières minérales diverses et qui aient
EAUX DE LECIION.
Luchon , même les plus hauts personnages de Rome.
En outre la dernière de ces inscriptions fait connaître le dieu protecteur de la contrée sous les Celtes, peuples éminemment religieux, qui lie manquaient jamais de meltie le pays qu ils habitaient sous la protection de génies ou de dieux particuliers qu’ils adoraient. Au reste, il en est de même chez nous; nos villes , nos villages ne sont-ils pas sous le patronage d un Saint ou de la Vierge? Chacun de nous n’a-t-il pas son patron que l’église lui donne dès sa
les archéologues qui , selon leur vieille habitude, se rrel
a la version la moins simple et la nom. vraisemblable. .Ils traduisent presque tous ees lettres par ces mots: Fatum Jofr. Libens Mérita (a acquitté son vœu agissant de son propre gre) . A une époque où la médecine était sans doute beaucoup moins A . r 1 I nos leurs et les maladies tout aussi graves ,
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invoquaient a leur aile 1. «cours de ni ou «1 dreu “f de consacrer un .«tel 'a ce dieu f,l, vena.ent
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plus ou moins grave, et q quatre lettres.
leur découverte.
plus tendre enfance dans la cérémonie du baptême? De même Bagnères était consacrée au dieu LIXON , d’où le nom de Ludion.
Au moyen-âge , les barbares ayant envahi la Gaule et les Pyrénées, Luchon dût être saccagé de fonds en comble. Les Pyrénées furent couvertes de décombres et bientôt après de ^gélations marécageuses et sauvages.
Plus tard, les habitans établirent sous des échoppes des baignoires creusées dans des troncs d’arbres. Les eaux y étaient amenées par des tuyaux de bois.
Tel était encore en 1761 l’établissement de Luchon. A cette époque, Luchon ne communiquait avec l’intérieur que par un mauvais sentier suspendu sur les abîmes de la vallée, accessible aux mulets seulement , et souvent intercepté par des bandes de malfaiteurs.
Vers 1754, un des seigneurs des environs atteint de douleurs rhumatismales, ayai\t entendu parler très-favorablement des eaux de Luchon, se hasarda à venir s’y baigner; et en effet il y guérit. Bientôt appelé à Auch où était l’intendance, il s’empressa de raconter son séjour et sa guérison à Luchon. M. d’Etigny
° EAUX DE LUCLON.
occupait le poste cl intendant. Plein de vues élevées en administration et dévoué à la prospérité du pays , il ne négligea pas cet avis et vint visiter les montagnes Luchonnaises; il fut surpris de la beauté du pays et de son délaissement. 11 eût dès-lors l’idée de l’élever au rang auquel il pouvait aspirer. Il appela les deux savans les plus connus à cette époque, Bayen , le chimiste , et Richard , le pharmacien en chef de l’armée française , pour faire l’analyse des eaux, travail qui fut long-temps cité comme un modèle d’analyse. M. d’Etigny fit aussitôt tracer et exécuter la route de Montrejeau à Luchon et celle du port de Peyresourde entre Luchon et Bigorre.
Puis il ouvrit la belle allée des bains, maintenant le cours d’Etigny Mais que d’obsta-
cles et d’oppositions il fallut vaincre pour réaliser tous ces progrès!
Les plus résistans , pourrait-on le croire , furent les Luchonnais eux-mêmes qui voulaient absolument s’emparer de M. d’Etigny pour le lapider en place publique , à tel point qu’il fallut faire stationner à Luchon une compagnie de dragons pour protéger les travaux de l’allée.
LEIR ÉTAT ACTIEL.
Les Luchonnais se révoltaient à outrance contre une mesure qui partageait ainsi leurs terres et en enlevait à la culture quelques parties.
A peine la route de la vallée fut-elle terminée qu’il vint à Luchon plusieurs messageries dont , le nombre ne cessa de s’accroître d’année en année. De belles maisons s’élevèrent bientôt ; aux toits de chaume qui étaient les seuls connus à Luchon, succédèrent les toitures d’ardoise; et de 1815 jusqu’à nos jours, sous l’administration successive de MM. Paul Boileau et Azemar, le progrès a été si rapide que Luchon a pris le rang de cité et offre à peu près déjà toutes ressources. Les dernières années surtout viennent d’être marquées par des améliorations d’une haute importance dont j’aurai l’occasion de parler plus loin et que poursuit avec zèle la nouvelle municipalité.
État actuel. — Aujourd’hui Luchon est une ville agréable et si bien bâtie que sous ce rapport elle l’emportera bientôt sur Bigorre , sa belle et jalouse rivale.
Il n’y avait autrefois que huit sources à Lucbon. Ce nombre et leur abondance se sont beaucoup accrus ces dernières années, grâce à
EAUX I)E EUCIJON.
de grands travaux de recherches que j’ai proposés, de concert avec M. Fontan. Ces fouilles, commencées avec bonheur par M. Azemar, sur nos indications, ont été continuées et terminées par M. François, ingénieur des mines, avec une habileté et un succès peu ordinaires; si bien qu’il y a maintenant onze sources à Luchon; et que ces sources peuvent fournir deux fois autant de bains qu’avant 1830. En outre, ces sources, dont plusieurs se mêlaient entr’elles, sont aujourd’hui parfaitement distinctes.
On ne peut visiter sans étonnement les galeries sous lesquelles apparaissent ces sources , galeries construites avec un art et une entente extrêmes entre le terrain granitique qui donne naissance à ces précieuses eaux, cl le terrain de transportau milieu duquel elles se mélangeaient. Des sources froides nullement minérales se mêlaient même aux eaux sulfureuses chaudes eL en diminuaient la témpérature et la valeur thérapeutique; le départ si habilement obtenu par M. François a fait disparaître cet inconvénient , et les sources de Luchon , qui ont gagné en nombre et en abondance, se trouvent avoir aussi gagné en température et en richesse minérale.