De l’hospice à Luchon
Au lieu de rentrer par la même route, visitez, si vous ne les connaissez pas encore, les cascades des Parisiennes et des Demoiselles. Vous allongerez de trois quart d’heure au plus.
( Y. ces deux promenades. )
BOTANIQUE. — l.° De Luchon à Castelviel et près de la Tour , la petite pcrvanche vinca minor , et le perce neige, galcinihus nivulis , au premier printemps ; astranciu major, dianllius carlhusianorum , délicieux petit œillet rouge d’un parfum exquis ; asclepias vinxetoxicum ; marrubium album , espèce de manthe ou de sauge à grappes blanches qui abonde au pied de la tour.
2. ° De Castelvisl à l’entrée de la forêt, les plantes ordinaires de toutes les vallées de Luchon.
3. » De l’entrce de la forêt à l’hospice , alropa bella don a , Valeriana pyrenaka , prenanthes purpurea , dianllius barbalus , impatiens noli langer e , ne le touchez pas il vous lance ses graines au visage; digitalis lutea et purpurea , campanula grandifiora et pilosa.
4. » et 5.° De l’hospice aux cinq lacs et jusqu’au sommet de la montagne. Près de l’hospice : lilium martagon et pyrenaicum , saxifraga stellaris , athyrrhinum alpinum , géranium pyrenaicum. En montant, senicio tournefortii aux grandes fleurs jaunes , tout le long du sentier jusqu’aux trois quarts de la montagne j
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trifolium bàdium, espèce rare, aux fleurs brunâtres, et qui est un cadeau à faire aux botanistes ; saxifraga cijugœfulia , au bord des eaux , espèce commune dans les Pyrénées centrales et rare partout ailleurs ; ( saxifraga capitata de Lapeyrouce , pourrait n’être qu’une variété de cette espèce ) ; valeriana hcterophilla , espèce courte dont on remarquera les feuilles radicales , arrondies , qui lui ont valu le nom de glabularifolia ; arnica scorpioides , aster alpinus , veronica alpina et ponte , carex air ata et pallescens , car domine bcllidifolia , oxyria reniformis , pyrelhrum alpinum , erinus alpinus, cuphrasia alpina et minima , arenaria ciliala, cerasiium lanatum, lycopodium selaginoides , ajuga pyramidales , anemone vernalis , sibbaldia procumbens , gnaphalium alpinum, vicia pyrenaica ou F agoni Lap. Saxifraga ascendens , capitata , aizoides , cotylédon , bryoidcs et groenlandica. Ces deux dernières ne se trouvent qu’au sommet du port. Il est curieux de retrouver là, dans un climat en effet toujours froid, une espece propre au Groenland.
6.° Du port de Vénasquc au port de la Picade. Tout ce revers espagnol , et la Penna Blanca proprement dite , ne font qu’un. Voyez à la course de Vénasque et à celle de la Maladetta.
7.o et 8.° Du port de la Picade à l’hospice, androsacc carnea, qui abonde tout le long du port; sisymbrium pinriatifidum , primula marginata et i ntegrifolia , azalea procumbens , Saxifraga androsacea , anemone vernalis , pedicularis rostrata, arenaria ciliata, itnpe.tr uni mgrum , juncas trifidus , plantago alpina et rnaritima , aster alpinus., etc.
VÉNASQUE
ZOOLOGIE. — La course des ports de Yenasque et de la Picade peut procurer aux Entomologistes quelques bonnes espèces , notamment : Sylpha alpina , Civrhus pyrentus , Carabus convexus , Pyrenaicus et tiivctlis. Ce dernier est une espèce toute nouvelle recueillie par M. Sarlhe, qui a bien voulu me la communiquer. Elle n’est peut-être qu’une variété du C. Cristophori , mais à cause de sa couleur et de sa station si extraordinaire, elle me semble mériter d’être admise comme espèce nouvelle. Voici donc comment on pourrait la caractériser.
Carabus nivalis nobis. — Petite espèce d’un vert de bronze variant du vert noirâtre au vert clair avec trois rangées de points allongés convexes sur chaque hélître ; il ressemble en tout au C. Cancella tus , mais il est beaucoup plus petit. Le C. Nivalis n’a que 13 millimètres en longueur , le C . Cancellatus en a 23, et tandis que le dernier habite les plaines les plus basses de l’Europe, le C. Nivalis ne se trouve que dans la région des neiges éternelles, au milieu des pierres encore couvertes par la glace dans les points où elle commence à fondre. Celte circonstance justifle sans doute le nom que je propose pour cette rare et intéressante espèce. — Si les Entomologistes croient devoir la rattacher au C. Cristophori , ce sera du moins une bonne variété Far. Nivalis de cette espèce.
On trouvera sans peine Y hélix carascalencis en montant le port de Venasque. — Au port de la Picade, on sera sans doute assez heureux pour faire lever quelques perdrix blanches ou pour voir quelques isards ; ils y étaient en nombre autrefois , mais les chasseurs les détruisent de jour en jour et ne leur laissent plus aucun asile.
ROUTE D’ESPAGNE. — ■ 14. e COURSE.
GÉOLOGIE. — De Luchon à la tour, et jusqu’à l’entrée de la forêt, granit et gneiss. Granit rograin, argentin avec mica palmé, et pegmatite hébraïque. Il est en blocs isolés, et doit avoir son gisement à la base de Superbagnères. — De l’entrée de la forêt à l’hospice ce sont, surtout, des roches et des terres noires, ainsi colorées par le graphite ou plombagine. Ces roches sont donc des graphischistes et des plombades qui se décomposent facilement, et produisent une terre noire argileuse. — De l’hospice au port de Vénasqiie , on ne voit que phyllades et talcades. Ces deux roches s’y présentent sous toutes les formes et variétés possibles. Il serait inutile de les désigner ici particulièrement. Vers le port se rencontre une phyllade satinée , parsemée de lamelles de diallagc. J’ai nommé cette roche écloschiste pailletée-, je ne crois pas qu’elle soit encore connue ailleurs. — Je ne dis rien delà penna blanca, voyez la course de Vénasque. — Du port de la Picade à l’hospice : encore des phyllades, des talcades et des graphischistes, et de plus des calcaires blancs, les memes que ceux de la penna blanca. — Ce qui frappe le plus l’observateur géologue dans cette course , ce sont les redressemens , les fractures, les plissemens, qu’ont subi toutes ces roches. Du moins , ne faut-il pas cheicher bien loin la cause de tout ce désordre. La maladeüa est le centre de soulèvement de la chaîne entière, et ces roches en sont les plus rapprochées ; elles ne pouvaient échapper aux dislocations même les plus profondes. Au reste, leurs pentes si abruptes, leurs aiguilles, leurs dents de scie , résultent à la fois de leur nature schisteuse et de la position verticale de leurs couches.
VENASQUE
i5.p COl'RSF» — HÔPITAL DE VENASQUE.
Grande course de sommets , 15 a 18 h., halles et repas compris.
C’est la même course que le port de Vénasque en y ajoutant la descente du port jusqu’à l’hôpital espagnol, descente qui offre un grand intérêt. Il est rare que l’on fasse précisément cette course, parce qu’elle est trop longue pour une journée et qu’elle n’cn remplirait pas deux assez complètement. Il faudrait passer une nuit à l’hospice espagnol ou à l’hospice français , et c’est bien assez de les visiter au passage.
Je ne décris donc pas celte course qui du reste se trouve entièrement comprise dans celles de J^énasque et du port de Jfénasque. ( Voyez ces deux courses. )