‹ Bajazet; tragédieChapitre 115 sur 161 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ROXANE

Ma rivale à mes yeux s*est enfin déclarée 6.

Voilà sur quelle foi"^ je m'étais assurée! 1210

Depuis six mois entiers j'ai cru que, nuit et jour.

Ardente, elle veillait au soin de mon amour ;

Et c'est moi qui, du sien minisire trop fidèle.

Semble depuis six mois ne veiller que pour elle;

Qui me suis appliquée à chercher les moyens 1215

De lui faciliter tant d'heureux entretiens;

Ce sont là des vers de raaitre. » (La Harpe.) Elle rattrape à temps son imprudence.

4, Les sentiments percent à travers la prudence étudiée de son langage.

2. Cette épreuve présente quelque analogie avec celle qu'impose Mithridate à Monime pour la forcer à trahir l'amour de Xipharès {Mithridate^ acte III, se. v). Dans un autre genre, Harpagon fait subir aussi la même épreuve à son fils Cléante, qui lui avoue son amour pour Mariane (acte IV, scène m).

3. Atalide à bout de forces, épuisée par l'assaut terrible qu'elle vient d'éprouver, s'évanouit sous le dernier coup.

4. Voilà sa rivale à terre. Elle la fait emporter sans que la moindre compassion ait dérangé les traits de son visage dur et impassible.

On pourrait rapprocher de cette scène celle du Manlius^ de Lafosse, acte IV, se. IV, entre Manlius et Servilius.

Page 1