‹ Bajazet; tragédieChapitre 128 sur 161 · ACOMAT, OSMIN · texte numérisé non relu

ACOMAT, OSMIN

ACOMAT

Demeure : il n'est pas temps, cher Osmin, que je sorte.

OSMlN

Quoi! jusque-là, Seigneur, votre amour vous transporte? N'avez-vous pas poussé la vengeance assez loin? Voulez-vous de sa mort être encor le témoin ? 1370

ACOMAT

Que veux-tu dire ? Es-tu toi-même si crédule Que de me soupçonner d'un courroux ridicule 3? Moi, jaloux ! Plût au ciel que me manquant de foi L'imprudent Bajazet n'eût offensé que moi !

OSMIN

Et pourquoi donc. Seigneur, au lieu de le défendre... 1375

ACOMAT

Eh! la Sultane est-elle en état de m'entendre? Ne voyais-tu pas bien, quand je Tallais trouver, Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver^? Ah ! de tant de conseils événement^ sinistre !

' . Dans Andromaqne^ Hermione dit aussi : Ma vengeance est perdue^ s'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.

"2. Elle y va en effet, (juand elle reparaîtra, Racine n'aura pas oublié son dernier mot, et lui fera dire :

Oui, tout est prêt Zatime.

(Acte V, scène in.)

3. C'est la seconde fois qu'Osmin s'attire pareille réponse et commet la méprise de croire le vizir amoureux. Cf. 177 : Quoi ? vous l'aimez, seigneur?

« Ce mot de ridicule, qui ne semble pas fait pour la tragédie, est ennobli dans la place où il est, par l'idée qu'il donne d'Acx>mat : on voit de quelle hauteur il regarde les faiblcs.ses de l'amour. » (La Harpe.)

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