‹ Bajazet; tragédieChapitre 131 sur 161 · Cf. 1464, note · texte numérisé non relu

Cf. 1464, note

144 BAJAZBT

Acomat de plus loin a su le ramener i.

SauvonS'le malgré lui de ce péril extrême 2,

Pour nous, pour nos amis, pour Roxane elle-même.

Tu vois combien son cœur, prêt à le protéger, 1410

A retenu mon bras trop prompt à la venger.

Je connais peu l'amour; mais j'ose te répondre

Qu*il n'est pas condamné, puisqu'on veut le confondre 3;

Que nous avons du temps. Malgré son désespoir*,

Roxane l'aime encore, Osmin, et le va voir s.

OSMIN

Enfin, que vous inspire une si noble audace? 1415

Si Roxane l'ordonne, il faut quitter la place : Ce palais est tout plein. . .

ACOMAT

Oui, d'esclaves obscurs, Nourris, loin de la guerre, à l'ombre de ses murs. Mais toi, dont la valeur, d'Amurat oubliée.

Par de communs chagrins à mon sort s'est liée, 1420

Voudras-tu jusqu'au bout seconder mes fureurs?

OSMIN

Sei^^neur, vous m'offensez : si vous mourez, je meurs ^.

ACOMAT

D'amis et de soldats une troupe hardie Aux portes du palais attend notre sortie;

1. Il est sûr de lui. On aime à lui voir se rendre ce juste et fier témoignage. Savoir n'est pas ici un de ces auxiliaires insignifiants, comme pouvoir^ devoir^ vouloir^ veniTy qui servent à Boileau pour allonger le vers d'un pied ou deux. Il y avait de la science et de rtiabilelé à faire ce qu'a fait Acomat.

2. Il traite Bajazet en jeune homme. Il se charge de sa conduite. Le péril ex~ tréme est un peu fréquent dans la tragédie, il fournit une rime si commode. Cf. Tkébaide^ Ili, i ; Andrumaque, Ili, i ; Bérénice^ I, iv, lll, 11 ; Bajazet^ 1, 11, III, iv, etc., etc.

3. Yar. Qu'il n'est pas condamné, puisqu'on le veut confondre (1672-78.)

« Les sentences font un bel effet dans la poésie, mais elle font encore un plus bel effet, surtout dans la poésie dramatique, quand au lieu d'être débitées en forme de sentences, elles sont mises en action. Si le vizir eût dit : Qui va confondre un infidèle^ iaime encore, il eût paru vouloir moraliser, et il y songe si peu, dans l'agitation où il est, qu'il avoue même son ignorance : je connaift peu l'amour. » (Louis Racine.)

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