‹ Bajazet; tragédieChapitre 132 sur 161 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Hélas I je cherche en vain : rien ne s'offre à ma vue*.

Malheureuse! Comment puis-je l'avoir perdue?

Ciel, aurais-tu permis que mon funeste amour

Exposât mon amant tant de fois en un jour?

Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale 1435

Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale?

1. Ce vers est devenu proverbe pour désigner la profonde connaissance d'une chose compliquée. « Cette rivale (M^ï» Georges), si redoutée avant d'être connue, se présenta dans la lice le 8 frimaire^ douze jours après la clôture des débuts de M"« Duchesnois, avec un guide qui pouvait dire sans orgueil : Nourri dans le sérail, j'en connais les détours.

C'est dans le rôle de Clytemnestre que M"« Raucourt montra son élève, M"* Georges au public, et cet essai fut des plus heureux. La salle retentit d'applaudissements... » [Faites de la Comédie-Française.)

3. Si vous mourez^ je meurs^ s'il faut que je meure^ mourons^ ils conjuguent un peu trop le même verbe.

3. Cette crânerie achève de mettre le caractère d'Acomat parmi les plus beaux et les plus nobles qui soient au théâtre.

4. Atalide est prisonnière; elle le dit (v. 1451). Mais elle peut circuler jusque dans la pièce qui donne dans la salle de spectacle.

« L'aboé d'Olivet observe ici avec raison que puis-Je Vavoir perdue^ qui se rapporte à la lettre, peut également se rapporter à la vue, et qu'on peut corriger cette équivoque en transposant ainsi ces deux vers :

Malheureuse; Comment puis-je l'avoir perdue I Hélas I je cherche en Tain : rien ne s'offre à ma vue. >

(LCNEAD.)

Voilà bien une peine perdue, Luneau aime à transposer. Cf. v. 569.

J'étais en ce lieu même : et m& timide main, Quand Roxane a paru, l'a cachée en mon aein'. Sa présence a surpris mou &me désolée ; Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée^ : J'ai senti défaillir ma force et mes esprits : Ses femmes m'entouraient quand je les ai repris^; A mes jeux étonnés leur troupe est disparue.

Ah ! trop cruelles mains, qui m'avez seconrue, Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains^; Et par vous cette lettre a passé dans ses mains^. Quels desseins maintenant occupent sa pensée? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée ?

Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arrête, on me tient enfermée^... On ouvre ; de son sort je vais être informée.

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