‹ Bajazet; tragédieChapitre 14 sur 161 · BAJAZET » AU THÉÂTRE ET DEVANT LA CRITIQUE APRÈS · texte numérisé non relu

BAJAZET » AU THÉÂTRE ET DEVANT LA CRITIQUE APRÈS

Le succès de Bajazet ne s'est jamais ralenti. Il est suffisamment constaté par le chiffre de ses représentations depuis 1680 jusqu'en 1870. Durant ce laps de temps, la cour le vit jouer cinquante-neuf fois, alors (\\i! Andromaque n'eut que cinquante et une représentations; à la ville, Bajazet fut joué trois cent quatre-vingt-trois fois.

CoUetet 2, dans son Journal des Avis et des Affaires de Paris, signale à la date du mardi 4 août 1676, à l'hôtel de Bourgogne, une reprise de Bajazet avec le Triomphe des Dames de Thomas Corneille. Mais le registre de La Grange ne confirme pas ce témoignage douteux. Ce qui est plus certain, est la reprise de cette tragédie le 9 septembre 1679, quand la Champmeslé fut passée de l'hôtel de Bourgogne iiu théâtre de Guénégaud. L'année suivante, 1680, est l'année de la réunion des deux troupes royales ^^ qui jouèrent

i. Racine travaillait sans souci du costumier. Il n'en avait que faire. L'esthétique théâtrale a changé depuis. Racine faisait bien, et, de leur côté, nos dramaturges n'ont point tort non plus. Autres temps, autres mœurs. Mais si l'on voulait se donner l'idée la plus exacte d'une tragédie de Racine, peut-être le pire moyen ne serait-il pas de renoncer au costume, de songer que le poète a peint l'homme de toutes les époques bien plus que l'homme d'une époque; et, quelque paradoxale que puisse paraître l'idée, nous ne répugnerions pas à voir représenter les tragédies de Racine chez nous autres, gens de ce siècle, avec le costume de ce siècle, en habits de soirée, puisque l'habit de soirée a remplacé l'habit de cour.

2. François Collelet, fils de Guillaume CoUetet, né à Paris en 1628, mort en 1680. Ses œuvres sont un peu oubliées. Il est surtout demeuré connu par les vers de Boileau :

Tiindis que CoUetet, crotté jusqu'à l'échiné, S'en va chercher son pain de cuisine on cuisine.

3. Paris comptait, au xvii* siècle, trois théâtres français : L'hôtel de Bourgogne. — Le théâtre du Marais. — La troupe de Molière. L'hôtel de Bourgogne était situé à l'angle de la rue Mauconseil et de la rue Française. C'était là que Racine portait ses tragédies. C'était une des plus brillantes troupes, avec Baron, la Champmeslé, Hauteroche, Poisson, Brécourt, Montfleury, la d'Ennebaut, etc. Le Théâtre du Marais lui faisait une redoutable concurrence. 11 se trouvait rue Vieille-du-Temple, à droite en montant, entre la rue de la Perle et la

Bajazet trois fois à la ville et une fois à la cour. De 1680 à 1685, la pièce est reprise tous les ans, cinq fois en 1681, six fois en 1682, trois fois en 1683, deux fois en 1684, trois fois en 1685, tantôt à la ville, tantôt à Versailles, à Saint- Germain, à Fontainebleau, à Chambord^. Ensuite, Bajazet n'a plus qu'une représentation, le 28 novembre 1698, avant la fin du XVII •siècle. Ce fut cette pièce qui fut choisie quand on voulut mener pour la première fois la duchesse de Bourgogne « à une comédie sérieuse », comme dit le Journal de Dangeau. Pour les jeunes princes, on avait choisi Britannieus, Pour la princesse, on aima mieux une tragédie moins austère, et qui fût plus « dans le goût des dames de ce siècle », comme dit le Mercure-galant.

Au XVIII® siècle, Bajazet a été souvent repris avec les plus illustres interprètes. Il suffit de nommer Baron, Adrienne Lecouvreur, la Gaussin, la Clairon, la Desgarcins. Il semble que Bajazet ait attiré et tenté ces différents talents; ils ont pris plaisir à se mesurer avec les rôles de cette tragédie, à les interpréter à leur façon, à les étudier, à les approfondir. C'est d'abord Baron, qui, le 8 juillet 1721, aborde le rôle d'Acomat, lorsqu'il fut rentré au théâtre après une absence de vingt-neuf années 2. Le mois suivant, son

rue Cullure-Saint-Gervais. Le célèbre Mondory attirait le ToutrParis à son théâtre. La troupe de Molière, arrivée à Paris en 1658, avait joué d'abord dans la salle des Gardes au Louvre, puis au Petit-Bourbon, près de Saint-Germain-rAuxerrois, puis dans la salle du Palais-Royal, qui avait servi pour Mirante. Molière mourut en 1673. Sa troupe alla s'établir rue Mazarine. Elle comptait des artistes bien célèbres : Armande Béjart, la du Parc, la de Brie, du Croisy, La Grande, Guérin d'Estriché, qui épousa la veuve de Molière, etc. La troupe du Marais vint l'y rejoindre. Leur réunion constitua la troupe du théâtre Guéné^aud, installe dans le Jeu de Paume de la Bouteille, entre la rue Mazarine (autrefois rue des Fossés-de-Nesle) et la rue de Seine, aux numéros 42 et 4À des maisons actuelles. On voit encore l'entrée des artistes et les loges, chez le gazier qui y est aujourd'hui établi. Enfin, en 1680, la troupe de l'hôtel de Bourgogne fut réunie à celle de Guénégaud. De la réunion des trois troupes fut formée la Comédie-Française, dont tous les papiers officiels portent encore le timbre : Comédie-Française, 1680. De la rue Guénégaud, elle alla s'installer rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés faujourd'hui rue de l'Ancienne-Comédie), où elle demeura près d'un siècle avant de s'établir rue Richelieu. (Voy. Jules BonnassiBS. Notice historique sur les anciens bâtiments de la Comédie-Française. Paris, Aubry, 1868. Eue. Dbspois, le Théâtre-Français sous Louis XIV. Eog. Rigal, Esquisse d'une histoire des Théâtres de Paris de 1538 à 1645, dans la Revue d'art dramatique^ l»*' septembre 1887).

i. Consulter Isi Nouvelle description des châteaux et parcs de Versailles et de Marly. Paris, Florentin et Pierre Delaulne 1701, un vol. in-8«; de la Saussaie. Notice sur le château de Chambord^ Chambord, 1835, in-S»; Les Châteaux historiques de la France^ par Paul Perret, Lecène et Oudin, 1887 ; etc.

2. Michel Baron, fils de l'acteur Boyron, qu'un lapsus de Louis XIII fit appeler Baron, petit-fils d'un mercier d'Issoudun qui vendait des rubans à la foire de Bourges. Né à Paris en 1653, il joua d'abord dans les Petits comédiens dauphins à

élève Adrienne Lecouvreur tente pour la première fois le rôle de Roxane, avant de prendre plus tard celui d'Atalide. On imagine aisément quel succès dut remporter la célèbre actrice, dont les frères Parfaict n'ont pas hésité à dire : « Elle a réuni à elle seule, et au plus haut degré de perfection, les talents de la des Œillets et de laChampmeslé. » Son héritage fut recueilli par M"® Gaussin, puis par la Clairon, par les deux Sainval; enfin, le 24 mai 1788, par la Desgarcins.

L'interprétation du rôle de Roxane par M^^® Claire Legris de La Tude, connue sous le nom de la Clairon, fait époque dans les annales du théâtre. Elle étudia le rôle avec conscience et intelligence, et ses Mémoires contiennent une curieuse dissertation sur la manière dont elle Ta compris : a Roxane est une de ces beautés malheureuses, condamnées par la misère et l'avilissement de leurs entours à désirer Pesclavage, à le voir Tunique route de tous les biens. — Ces esclaveë, destinées au plaisir d'un maître que leur cœur ne choisit pas, et que souvent il rejette; ignorant ou surmontant les combats que doivent rendre la pudeur et la décence avant de se livrer; observées, contenues dans le sérail par des êtres hideux, cruels, mutilés ; toujours tremblantes sous l'autorité la plus arbitraire; humiliées de restertrop longtemps dansla foule des esclaves, ou craignant le dégoût qui peut les y faire retomber, peuvent-elles se trouver susceptibles d'un sentiment doux, libre, exclusif? Peuvent-elles avoir l'idée d'un véritable amour? Je ne le crois pas. — La vanité de l'emporter sur leurs rivales,

la foire Saint-Germain; élevé dans l'art théâtral par son père, qui était mort, pendant les représentations du Cid, d'une blessure reçue sur la scène en repoussant du pied répée de Gormas, Michel Baron s'attacha à Molière d*une amitié profonde et dévouée. Il était acteur et auteur. Sa comédie la moins ignorée est t Homme à bonnes fortunes^ qu'il est question de reprendre à la Comédie-Française. Il se retira du théâtre en 4691, y rentra en 1720 et s'attira quelques épigrammes par ses prétentions à jouer encore les jeunes premiers malgré son âge. Quand il joua Misaël dans les Macchabées de La Motte (1721), on faisait circuler ce quatrain :

Le vieux Baron pour l'honneur dlsraël Fait le rôle enfantin du jeune Misaël, Et pour rendre la scène exacte Il se fait raser à chaque acte.

Son jeu était remarquable par le naturel et la conviction qu'il y mettait. II disait lentement. Quand il jouait, le spectacle durait une demi-heure de plus. Adrienne Lecouvreur fut son élève. (V.Lemazurier, Galerie du Théâtre-Français ; HiLLEHACHER, Galerie historique des portraits des comédiens de la troupe de Molière. \ Nous avons consacré une étude à Baron dans la Revue d'art dramatique^ 15 août 1887.

rambitîon de parvenir au rang suprême, la nécessité d*intriguer pour s'y maintenir, celle d'amasser des trésors pour s'assurer des appuis, les besoins de leurs sens, doivent être les seuls sentiments, les seules passions dont elles peuvent avoir l'idée, et se promettre la jouissance. La femme condamnée à vivre sous un despotisme éternel doit contracter forcément l'habitude de la crainte, de la dissimulation et même du mensonge; et tout ce qui flétrit l'âme conduit plus facilement à la férocité qu'à la tendresse. Le caractère de Roxane est au moins présenté sur ce modèle : elle est continuellement ingrate, altiére, cruelle, ambitieuse. » Elle compare ingénieusement Roxane à Hermione, et donne de judicieux conseils aux artistes qui la suivront : « Je crois bien que Bajazet lui plaisait plus qu'Amurat; mais un goût n'est pas un sentiment. L'attrait irritant des sens ou le tendre besoin de l'àme sont des choses bien différentes. Défendez-vous donc de toute espèce d'expression touchante : l'air du désir, subordonné à la plus rigoureuse décence, est la seule marque de sensibilité qu'on doive apercevoir dans vos yeux. Dans les ordres que vous donnez, dans les menaces que vous faites, que vos tons secs, despotiques, m'assurent que vous n'êtes entourées que d'esclaves avilis et tremblants. En me montrant dans les trois quarts de ce rôle une souveraine cruelle et née sur le trône, laissez-moi les moyens de retrouver dans le reste Tesclaveinsolente, abusant d'un moment de pouvoir qu'elle ne doit qu'à sa beauté. »

Au XIX® siècle, Bajazet a été jusqu'à présent représenté à cinq reprises, avec M*^® Raucourt en 1802, puis M"® .Duchesnois^ ; en 1838, par la grande tragédienne M**° Rachel, dont l'écrasant souvenir a sans doute effrayé pour longtemps ses descendantes, car il faut attendre jusqu'en 1869, puis, jusqu'à 1887, pour revoir Bajazet sur l'affiche.

1. « Le rôle de Roxane dans Bajazet vint ajouter un nouveau fleuron à sa couronne ; elle prouva que l'ambition, la fierté, la fureur, la vengeance, toutes les passions qui dominent le cœur de l'altière Roxane, pouvaient être rendues par elle avec autant de perfection que celte ardeur brûlante qui consume le cœur de ramante d'Hippolyte. Elle ennoblit cette fois les sentiments d'une esclave du sérail, qui, dédaignant les faveurs passagères de son maître, s'abandonne aux charmes qu'inspire un jeune prince malheureux, et s'enflamme d'autant plus qu'elle est plus contrainte dans l'expression de ses sentiments. » (Dinadx, Hotice sur J*"« Duchesnois.)

M"® Rachel aborda le rôle de Roxane le 23 novembre 1838. Elle avait dix-sept ans. Elle ne put soutenir d'abord un rôle si lourd, et la première soirée fut un échec. Elle ne se découragea pas, et le surlendemain prit une revanche éclatante par un triomphe complet^. Elle sut donner à son rôle toute la fierté farouche et inflexible que demandait M"® Clairon, en le rendant plus touchant par une note discrètement atténuée de tendresse et de douleur. Nous n'avons pas oublié, dit M. Paul Mesnard, avec quel retour de sensibilité elle interrompait ses menaces par ce cri du cœur :

1. Le 23 novembre 1838, soirée dans laquelle Rachel abordait pour la première fois le rôle de Roxane, « on se battit aux portes pour entrer », dit G. d'Heylli dans son livre sur la Correspondance de Rachel. La recette fut de 6,085 francs. Cependant Rachel n'obtint aucun succès. Voici ce que raconte Védel, qui était alors administrateur de la Comédie-Française : « A quatre heures, on m'annonça M. Félix, qui, d'un ton très délibéré, me déclare que sa flUe ne jouerait pas Bajaxet le surlendemain. — Et moi, dit Védel, je vous préviens, monsieur, que Tafôche annoncera demain la seconde représentation de Bajaxet. Or, soyez bien averti que si, le jour de la représentation, M"« Rachel n'est pas à sa loge à six heures du soir, je ferai remettre l'argent au public en motivant cette mesure scandaleuse sur le refus de votre fille de remplir son devoir ; que le produit évalué de cette représentation sera prélevé sur son traitement, et qu'elle ne remettra jamais les pieds sur la scène française qu'elle n'ait joué Bajazet une seconde fois. » A la suite de cette scène, Védel écrivit à Rachel une lettre de supplications el de conseils. « A une heure du matin — ajoute Védel — le garçon de théâtre revint et me remit un petit chiffon de papier que j'ai soigneusement conservé :

« Ne suis-je pas à vos ordres ? Quand on aime les gens, on fait tout pour leun (sic) plaire.

« Toute à vous,

« Rachel. »

Sur ces entrefaites, le lendemain matin même (26 novembre), paraissait le feuilleton de Janin rendant compte de la fatale soirée. Il était absolument cruel. Védel résolut cependant de rejouer Bajazet quand même. Le soir, il va trouver Rachel dans sa loge.

« — Eh bien ! mon enfant, comment vous trouvez-vous?

« — Bienl me répondit-elle, souriant. J'ai fait ce que j'ai voulu, mais ça n'a pas été sans peine. J'ai eu une terrible lutte à soutenir... mais je crois que cela ira mieux ce soir.

« — Vous n'avez donc pas peur ?

« — Non !

« — Vous avez lu l'article de Janin?

« — Oui, il m'habille joliment. Je suis furieuse, mais c'est une raison déplus pour me monter. »

L'événement donna raison à Védel. La deuxième soirée fut un triomphe pour Rachel. « Il est impossible — dit toujours Védel — de prendre une revanche plus éclatante. »

Cette timidité ne l'abandonna jamais complètement. On la lui reproche encore bien durement en 1855 :

« En scène, son effroi redouble. Si elle n'est pas très applaudie tout de suite, elle doute, elle se démonte, elle renonce. Dans Mademoiselle de Belle-lsle^ M"* A. Bronan, qui faisait M"»" de Prie, était mieux habillée qu'elle. C'en fut assez pour qu'elle perdit courage. Et voilà de quoi dépend le talent de M"« Rachel : de la robe de M'i« Brohan ! » (A. Vacquerie. Profils et grimaces, p. 169.)

Bajazet, écoutez, je sens que je vous aime;

quel accent de douleur profonde elle mettait dans cet autre vers :

Tu ne saurais jamais prononcer que tu m'aimes ;

enfin quelles étaient sa grâce, sa finesse charmante, lorsque, rassurée et joyeuse, elle disait :

L'amour fit le serment, l'amour l'a violé.

Comme la Clairon son aînée, Rachel consacra à ce rôle toute son étude, cherchant, comme elle dit, « à disséquer toutes choses». On ne lira pas sans intérêt cette lettre inédite qu'elle écrivait à Véron avant « d'entonner Roxane » ^ :

« Ma santé, loin de se raffermir, semble se complaire à me délaisser; et cependant je sens une force surnaturelle quand je prends un rôle et que je me mets à l'étudier. Je ne sais pourquoi ma maladie m'inquiète; le moral y joue un grand rôle, mon imagination cherche trop à disséquer toutes choses, et cela me jette du noir dans l'âme. On s'aperçoit, n'est-ce pas, que je vais entonner Roxane ce soir? Ma lettre ressemble un peu à l'ordre d'Amurat. C'est moi, ami, qui suis Amurat ce matin pour le pauvre Bajazet qu'on doit pendre dans peu; mais, si Roxane ressemblait tant soit peu à Rachel, malgré le peu d'amour que Bajazet éprouve pour elle, Rachel n'attenterait ni à sa vie ni au repos de son cœur. Au revoir.

« Rachel. »

Bajazet fut repris le 4 juillet 1869, dans une représentation unique de gala. M. Maubant jouait Acomat. Depuis, cette tragédie n'avait pas reparu au théâtre, et on regrettait cette négligence. M. Jules Claretie a eu l'heureuse idée de la reprendre le 3 avril 1887. Voici quelle était la distribution :

ACOMAT MM. Silvain

OSMIN Martel

BAJAZET A. Lambert (début)

1. Elle s'est vendue (avril 1887), à l'hôtel Drouol, dans une vente d'autographes, au prix de 61 francs.

ROXANE M«^«« A. Dudlay ZAÏRE Martin

ZATIME Lerou

ATALIDE Hadamard (début)

Nous n'avons pas ici à faire la critique de cette interprétation nouvelle : ce serait empiéter sur le domaine de nos chroniqueurs dramatiques ^. Qu'il nous suffise de noter au passage ces quelques lignes dsins les Spectacles et Concerts du journal le Temps (2 mai 1887), simple mais éloquent témoignage de la faveur publique pour une tragédie qui a su braver les attaques et les années : « La Comédie-Française a donné hier en matinée gratuite Bajazet. La salle était pleine jusqu'aux combles. On aurait pu craindre que l'œuvre de Racine, qui met en scène des sentiments complexes et délicats, n'eût pas grande action sur un public populaire. C'est le contraire qui est arrivé. Le public populaire est décidément le meilleur de tous. Applaudis séparément pendant le cours de la tragédie, M^^« Adeline Dudlay, M"^ Hadamard, MM. Silvain et Albert Lambert ont été rappelés trois fois à la fin. » N'est-ce pas la meilleure preuve du caractère profondément humain des œuvres de Racine, que cette tragédie, écrite pour être jouée devant les grands seigneurs de la cour du grand roi, enthousiasmant à deux cents ans de distance le public populaire d'une matinée gratuite?

BIBLIOGRAPmE

I. Éditions. — L'édition originale de la pièce porte ce titre : Bajazet^ tragédie, par M. Racine, et se vend pour

1. Voyez fe r^wp.«f du il avril 1887, feuilleton de M. Sarcey; le Journal des Débats du 12 avril, feuilleton de M. J. Lemaître; le Figaro du 4 avril, article de M. A. Vitu ; le Paris du 4 avril, feuilleton de M. H. de Lapommeraye, etc., etc.

Nous devons à l'obligeant secrétaire de la Comédie-Française en 1887, M. Bodinier, la communication du nombre des représentations de Bajazet à la dernière reprise :

1887 2 avril 2086''.»

— 5 —{abonnement) 7013 SO

Page 1