‹ Bajazet; tragédieChapitre 24 sur 161 · Var. Il parlait de laisser Babylone tranquille · texte numérisé non relu

Var. Il parlait de laisser Babylone tranquille

Les variantes de Bafazet sont peu nombreuses. Elles le seraient davantage si nous avions l'exemplaire dont parle Racine fils aîné : « Il avait un exemplaire de ses œuvres sur lequel il avait corrigé de sa main toutes les expressions et les rimes dont il n'était pas content, et mon frère m'a assuré que ces corrections étaient en grand nombre. Peu de jours avant sa mort, par un entier détachement d'une réputation qui lui semblait trop frivole, il se fit apporter cet exemplaire et le jeta au feu. Ce fut pour un motif tout contraire que Virgile voulut brûler son Enéide. » (Racine fils aîné. Lettre à l'abbé d'Olivet, t. VI, Mélanges publiés par la Société des Bibliophiles.)

3. Ainsi, quand Osmin a quitté Bagdad, les affaires du sultan étaient en mauvais état. L'effarement n'en sera que plus grand quand arrivera la nouvelle qu' Osmin « était mal averti », et que depuis son retour la face des choses a changé.

4. De Constantinople à Bagdad, à vol d'oiseau, il y a environ quatre cent quarante lieues.

5. « Ce détail si simple n'est pas mis sans dessein. D'après ce que dit Osmin des retardements qu'il a éprouvés, on ne sera pas surpris que, dans la même journée, Orcan vienne apporter la nouvelle de la victoire d'Amurat. Un premier acte doit être fait de manière à fonder et motiver tout ce qui suit. » (La Harpe).

6. Nos. Ce pronom possessif n'est pas inutile. Acomat se flatte de partager avec le sultan leur faveur et leur dévouement.

7. Du turc ieni., nouveau, tcheri, milice. Les janissaires sont un corps analogue à celui des prétoriens ou des strélitz. « A l'origine, les janissaires étaient au nombre de mille ; chaque année on forçait mille jeunes garçons chrétiens, choisis dans le nombre des prisonniers de guerre, à embrasser l'islam et le service militaire, et quand le nombre des prisonniers n'était pas suffisant, on le complétait au moyen des enfants que l'on enlevait en pleine paix aux sujets chrétiens du sultan. Cela se fit ainsi jusqu'au règne de Mohammed IV (1649-1687). où le recrutement de la troupe dans les propres enfants des soldats commença sa décadence. Les écrivains ottomans sont unanimes pour louer la sagesse et la piété de cette institution. Mais, comme le nombre primitif de mille monta sous Mohammed II à douze mille, sous Suleiman à vingt mille et sous Moîiammed IV à quarante mille, il eii résulte que cinq cent mille chrétiens au moins ont été convertis par le glaive. » (De Hammer.)

Pour les janissaires, le sultan était le père nourricier ; les grades étaient les noms de diverses fonctions culinaires : Grand distributeur de soupe, maitre cuisinier. Ce sont non des marmitons, mais des officiers. Le drapeau est une

Rendent-ils au Sultan des hommages sincères i? 30

Dans le secret des cœurs, Osmin, n*as-tu rien lu? Amurat jouit-il d'un pouvoir absolu 2?

OSMIN

Araurat est content, si nous le voulons croire.

Et semble se promettre une heureuse victoire.

Mais en vain par ce calme il croit nous éblouir ^ : 35

Il affecte un repos dont il ne peut jouir ^.

C'est en vain que, forçant ses soupçons ordinaires 5,

Il se rend accessible à tous les janissaires :

Il se souvient toujours que son inimitié

Voulut de ce grand corps retrancher la moitié ^ 40

Lorsque, pour affermir sa puissance nouvelle,

Il voulait, disait-il, sortir de leur tutelle '^.

Moi-même j'ai souvent entendu leurs discours;

Comme il les craint sans cesse, ils le craignent toujours :

Ses caresses n'ont point effacé cette injure. 45

Votre absence est pour eux un sujet de murmure :

Ils regrettent le temps à leur grand cœur si doux,

Lorsqu'assurés de vaincre ils combattaient sous vous.

ACOMAT

Quoi ! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée

Flatte encor leur valeur, et vit dans leur pensée? 50

Crois-tu qu'ils me suivraient encore avec plaisir,

marmite, Razan. Ils portaient un bonnet blanc élevé. On leur donnait des habitudes sauvages et sanguinaires. Leur chef suprême était l'aga. En tempâ de paix ils portaient un bâton long de six pieds ; en guerre, l'arquebuse à serpentin, le sabre coudj'ear^ et une mèche sur le bras droit. La Turquie dut beaucoup à ces vaillants soldats, « jeunes chrétiens nés ou faits prisonniers, élevés dans l'habitude des armes et dans l'exaltation religieuse ». (Prévost- Pàradol, Essai sur l'Histoire universelle^ t. H, p. 222.)

1. C'est Acomat naturellement qui dirige le questionnaire : Que fait le sultan? Que faisaient nos braves janissaires ? Les questions se succèdent dans leur ordre logique. Osmin ne disait mot des janissaires, qui l'intéressaient peu. Mais c'est sur eux qu'Acomat fonde son espérance et il a hâte d'être informé de leurs sentiments.

9. C'est discrètement amener la réponse souhaitée, sans prononcer un seul mot compromettant.

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