‹ Bajazet; tragédieChapitre 55 sur 161 · Sur les ulémas (cf. v. 234, note · texte numérisé non relu

Sur les ulémas (cf. v. 234, note

10. « Il y a outre les pages, une autre espèce de serviteurs domestiques à la cour des princes ottomans, que l'on nomme bizehami ou muets, et qui sont naturellement sourds et par conséquent muets. » (Rigaut, Uiftoire de l'état présent de l'Empire ottoman.)

Peuple que dans ses murs renferme ce palais,

Et dont à ma faveur les âmes asservies

M*ont Vendu dès longtemps leur silence et leurs vies^.

Commencez maintenant : c'est à vous de courir

Dans le champ glorieux que j'ai su vous ouvrir 2. 440

Vous n'entreprenez point une injuste carrière 3,

Vous repoussez, Seigneur, une niain meurtrière :

L^exemple en est commun ; et, parmi les sultans

Ce chemin à l'empire a conduit de tous temps.

Mais, pour mieux commencer, hâtons-nous l'un et l'autre 445

D'assurer à la fois mon bonheur et le vôtre.

Montrez â l'Univers, en m'attachant â vous,

Que, quand je vous servais, je servais mon époux* ;

Et, par le nœud sacré d'un heureux hyménée.

Justifiez la foi que je vous ai donnée 5. 450

Ah ! que proposez-vous. Madame?

ROXANE

Hé quoi, Seigneur, Quel obstacle secret trouble notre bonheur?

Madame, ignorez-vous que Torgueil de Tempire^... Que ne m'épargnez-vous la douleur de le dire?

ROXANE

Oui, je sais que depuis qu'un de vos"^ empereurs, 455

Bajazet, d'un barbare éprouvant les fureurs,

Vit au char du vainqueur son épouse enchaînée.

Et par toute l'Asie à sa suite traînée.

De l'honneur ottoman ses successeurs jaloux

Page 1