ACTE III, SCÈNE IV
Et je serais heureux, si la foi, si Tlionneur,
Ne me reprochaient point mon injuste bonheur^;
Si mon cœur, dont le trouble en secret me condamne, 945
Pouvait me pardonner aussi bien que Roxane.
Mais enfin je me vois les armes à la main 2;
Je suis libre; et je puis contre un frère inhumain,
Non plus par un silence aidé de votre adresse,
Disputer en ces lieux le cœur de sa maîtresse, 950
Mais par de vrais combats, par de nobles dangers,
Moi-même le cherchant aux climats étrangers,
Lui disputer les cœurs du peuple et de Parmée,
Et pour juge entre nous prendre la renommée ^,
Que vois-je? Qu*avez-vous? Vous pleurez^!
ATALIDE
Non 5, Seigneur î 955 Je ne murmure point contre votre bonheur :
Le ciel, le juste ciel vous devait ce miracle. Vous savez si jamais j'y formai quelque obstacle : Tant que j'ai respiré ^, vos yeux me sont témoins Que votre seul périP occupait tous mes soins; 960
Et puisqu'il ne pouvait finir qu'avec ma vie, C'est sans regret aussi que je la sacrifie.
Il est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux, Qu'il pouvait m'accorder un trépas plus heureux : Vous n'en auriez pas moins épousé ma rivale; 965
Vous pouviez l'assurer de la foi conjugale ^ ;