LA VIEILLE CITÉ. — LES ABBAYES. — LES ARCADES
numéro 9 de la rue des Bouchers, et dont le nom désigna la corporaLion.
Cette bourgeoisie de Berne, dont nous vo\'ons les origines, est aujourd'hui la plus riche de la Suisse ; elle entretient, avec les revenus de ses capitaux et de ses forêts Gross-Forst et Bremoarten. l'hùpiial dt^s Bourgeois, deux orphelinats, la Bibliothèque de la Avilie, et ses collections du 31usée historique et du 31uséum historique naturelle. Les corporations actuelles nont ]:)lus aucun rapport avec lés états ou métiers d'où elles naquirent; ce sont des espèces de mutualités, qui sont au nombre de treize : Distelzwang- (ancienne corporation de l'aristocratie urbaine^. Boulangers.
Forgerons, Bouchers, Tanneurs, Cordon ni ers, ^littelœwen (autrefois .Mégissiers), Tisserands, .Maure 'tailleurs, 31archands. Charpentiers, Singe (tailleurs de pierres] , enfin Bateliers.
Les arcades qui se creusent sous les premiers étages des maisons de Berne donnent aux rues un caractère uni(|ue. C'est sous l'arcade ^^Laube] que se concentre toute la vie ; elles abritent les étals des marchands; surtout elles facilitent la circulation en toute saison
dans cette ville située entre 535 et 575 mètres d'altitude, avec par conséquent de rudes hivers de neige. Mais elles ont l'inconvénient d'être jiarffMs très basses et obscures Aussi, jiour jouir de l'arcliitc-cture bernoise, fautil marcher au milieu de la rue, parmi les tonneaux et les caisses qui les encombrent comme des cours ; et défiler entre une double rangée de charrettes, sous l'œil bienveillant des bons chiens qui les gardent consciencieusement. Il faut encore av(Mr soin, parmi tous ces obstacles, de
ij.c'.ié Volk-rr.
L'Entrce de rilôpital Bourgeois. Cliuvre d'.AbeilIe.
BERNE
ne pas trébucher dans ces trous béants qui mettent à jour de distance en distance les eaux du vStadtbach. Ces eaux, amenées de Ilolligen et réparties entre toutes les rues, coulent sous de fortes dalles, recevant au passage l'eau des jolies fontaines multicolores.
De temps immémorial, le marché se tient dans les principales rues de la ville et leur donne une gaîté et une animation qui devaient avoir plus de charme encore avant la Réforme, si nous en croyons Von
Le Marché et le Palais Fédéral.
Anshelm : « Tous les coins de rues étaient remplis de vierges, de croix, d'autels, d'images et de statues de saints; pleins de choses merveilleuses, de chapelles, de rameaux bénits, de cierges, et de lampes allumées ».
« Actuellement, dit très bien M. l'archiviste ïïirler dans le livre de Berii, Bildcr ans Vergaugenheit iiiid Gcgcnicart, peu de constructions de Berne ont conservé leur aspect du xv'' et du xvr siècle » ; aussi ne trouve- t-on que des vestiges très rares de ce st^^e : la Cathédrale, TAntonier Kapelle mal conservée, l'église des Prêcheurs modernisée, l'Hôtel de Ville mal restauré, la face postérieure de la Chancellerie, et une maison privée avec des oriels, des fenêtres et des portes aux formes gothiques.