‹ Bâle, Berne et GenèveChapitre 18 sur 45 · LA VIEILLE CITÉ. — LES ABBAYES. — LES ARCADES · texte numérisé non relu

LA VIEILLE CITÉ. — LES ABBAYES. — LES ARCADES

La curiosité populaire, en attirant les badauds à Tinévitable fosse aux ours, au delà de l'Aar, rend en somme un réel service au voyageur avisé qui, après s'être humblement conformé à l'universel usage, montera sur le coteau Est du fleuve. De là il jouira de la vue la plus séduisante et la plus instructive. De cette colline ombreuse, le regard passe au-dessus d'un fouillis de vieux toits hauts et larges, couleur de parchemins, fouillis qui s'étage en s'élargissant vers l'ouest.

Ces vieux toits sont les archives vivantes de la ville ; les artères principales les écartent et les classent dans leur ordre historique. Et les flèches de la Nydeck, de la cathédrale, de la tour de ELIorloge et de la tour des Prisons, l'église du Saint-Esprit et le dôme du Palais fédéral marquent les beaux endroits de la ville, comme des signets en un vieux livre enluminé.

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Kn redescendant de ce promontoire. Tétranger est naturellement porté à retraverser l'Aar par le vieux pont de la Porte inférieure, construit au moyen âge; et, laissant à droite le quartier de la .Matte, dominé par le nouveau pont, il alioutira à la curieuse place du Courrier (Làeuferplatz). Elle est au pied du Stalden, ])ordée de très vieilles maisons qui se pressent en lignes sinueuses jusqu'au ])ord de la rivière, et quelques-unes dentre elles baignent dans les eaux rapides leurs fondations couronnées de pans de bois pantelants. Une de ces maisons, où une plaque commémorât! ve rappelle le souvenir de la blessure qui lui fût faite parun b!)ulet pendant la guerre fédéraliste le iS septembre iSo.?, est le premier hôtel de ville où l'on rendait les arrêts au temps des Zoehringen. L'église de la NN'deck domine ces pittoresques souvenirs d'un très vieux temps, qu'il faut traverser comme un cimetière pour gagner la Nydeckgasse, où commence verital^lement la cité l^ourgeoise, divisée en quatre quartiers par la Rue centrale ou du Marché, et la ruelle de la Croix. Ces quartiers furent répartis entre les quatre principales corporations de la ville : les boulangers, les forgerons, les bouchers et les tanneurs eurent chacun leur cj^uartier, auquel les règles de vie que ces habitants s'étaient données imprimèrent une physionomie spéciale. L'étroitesse des maisons rappelle l'institution de l'Udel, qui découlait d'un droit ancien d'après lequel un bernois ne pouvait être cit03'en, remplir ses droits civiques, j(juir de ses prérogatives, s'il ne possédait tout ou partie d'une maison en ville. Et pour parvenir à être citoyen de Berne, on multipliait les maisons étroites, afin d'avoir sans trop de frais ic pignon sur rue ». Les habitants des faubourgs et des campagnes pouvaient obtenir le titre de citoyen aux mêmes conditions, et la maison ou partie de maison c|ui servait à remplir cette obligaticjn portait le ncmi de « Udelhaus ».

D'autres façades plus somptueuses, signalées par de curieuses enseignes que supportent d'élégantes ferronneries sont celles des abbayes ou sièges des corporations. La vie corporative, qui prit son essor à Berne au KiY"" siècle devait dans la suite prendre une importance considérable ; certaines corporations voulurent avoir leur hôtel et de la vaisselle plate sur leurs dressoirs. Les tanneurs possédèrent jusqu'en 1806 la maison du Lion Noir, i rue du 31arché ; les bouchers achetèrent en 1420 la maison qu'ils occupent encore, 45 rue du Commerce ; les l)oulangers occupent depuis 1413 leur maison de la Tour de l'Horloge, et les tisseurs achetèrent la leur en 1465.

En 1423, les Tailleurs acc^uérirent la liaison du J^laure, sise au

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