‹ Bâle, Berne et GenèveChapitre 2 sur 45 · DU CHOIX DE BALE, BERXE ET GENÈVE POUR REPRÉSENTER LA SUISSE · texte numérisé non relu

DU CHOIX DE BALE, BERXE ET GENÈVE POUR REPRÉSENTER LA SUISSE

Dans une étude sur Tart suisse, on s'étonnera peut-être du choix que nous fîmes de Bàle et de Genève pour enchâsser la charmante capitale de la confédération helvétique. Berne se serait mieux trouvée d'être laissée dans son cadre naturel, au milieu des pittoresques cités de Lucerne, Neuchàtel, Soleure et Eribourg, qui forment autour d'elle une ronde paysanne oîi toutes ses attitudes, tous ses gestes, sont imités, fêtés et chantés avec une infinie variété de sons et d'expressions dans le rythme harmonieux de ce chœur à quatre voix.

Ce chant national avait sa beauté. Nous eûmes cependant le courage

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de nous en distraire, sachant combien il est dang-ereux de généraliser. La plus petite terre a des aspects divers, opposés parfois, qui ne peuvent pas se résumer en ces jugements absolus et définitifs sous le joug- desquels un pays ou une ville restent si longtemps ployés. lù de même que ces

Cliclic Wehrli,

Berne. — La fontaine du dernier des Zœbringen.

V03^ageurs qui disent de la contrée qu'ils traversent : ici toutes les femmes sont blondes, nous aurions pu en nous attardant seulement aux douceurs de la vallée de l'Aar, dire comme tant d'autres : de petites villes au bord d'un lac, des bourgs suspendus aux falaises d'un torrent, de grands toits sur de petites maisons au milieu d'un pré l^ourdonnant de sonnailles, voilà la Suisse.

Non, la Suisse n'est pas que cela. La Suisse est la terre nourricière

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de deux grands fleuves : le fleuve des Burgraves qui va vers le Nord le fleuve des Gaules qui va vers le Sud — et les grands fleuves fécondent. Le Rhin a créé Bàle, le Rhône nourrit Genèv^e, et les deux villes frontières sont deux jovaux du diadème national. Par la porte du .Sud sont entrés tous les raffinements d'une civilisation délicate ; par la porte du Xord, dans un vol effarouché, toutes les imaginations tourmentées, âmes

Genève. — Quai des Eaux-\'ives. — Le port.

en peine avides de repos, Bàle est devenue la cité de l'art, Genève celle de l'élégance et des beaux esprits. Entre ces deux grandes sœurs sages, instruites et bonnes conseillères, la petite cité bernoise a grandi, profitant de leurs leçons sans changer son attitude, et méritant ainsi de devenir la tête de la patrie suisse, qui pas plus qu'elle-même n'a modifié son visage sous l'empreinte de ses deux puissantes voisines.

Notre désir en choisissant ces trois villes est donc de montrer que la Suisse n'est pas uniquement le royaume des vacances. Nous somme.*! allé d'abord à Bàle, où le musée de Holbein et Bœcklin est une inappré-

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