‹ Bâle, Berne et GenèveChapitre 3 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ciable chaire d'esthétique; de là nous nous sommes rendu à Berne, la

vieille ville aux architectures autochtones, qui tiennent au sol par de puissantes racines, et ne forment avec lui qu'un tout, qui est l'architecture de la cité suisse; enfin, sur le point de rentrer chez nous, Genève nous a retenu par le charme et la grandeur de son site, Genève inséparable de son lac comme Naples est inséparable de son golfe.

Mais maintenant une crainte m'envahit. L'humoriste genevois Rodolphe Tœpffer donnait au début de son Essai de Plivsiog/ioinoii/e un sage conseil que j'ai trop oublié : « L'on peut écrire des histoires, disait-il, avec des chapitres, des lignes, des mots : c'est de la littérature proprement dite. L'on peut écrire des histoires avec des successions de scènes représentées graphiquement : c'est de la littérature en estampes. L'on peut aussi ne faire ni l'un ni l'autre, et c'est quelquefois le mieux. »

N'aurait-ce pas été le cas de s'abstenir ? Les villes suisses sont inséparables du merveilleux cadre de nature qui les entourent et qu'un livre ne peut évoquer ; n'aurait-il pas mieux valu tout au moins ne faire qu'un livre d'images? Ce doute est toute ma crainte en mêlant à la gerbe des Villes cV Art

(ilulic llulhn^'tr.

Tobias Stimmer. — Elsbeth Lochmann.

(Musée de Bàle.)

Vue générale de Bâle au xviii'' siècle.

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