‹ Ballades anglaises et écossaisesChapitre 21 sur 39 · LIZZIE LINDSAY · texte numérisé non relu

LIZZIE LINDSAY

Edimbourg vivait une dame : — on l'appelait de son nom, Lizzie Lindsay.

— Elle était courtisée par maint gaant amoureux — et par maint riche personnage d'importance.

Le jeune lord de Kinguissie dit alors, — et c'était un beau jeune garçon : — « Laissezmoi rester un an dans la ville — et je ne reviendrai pas sans ramener cette dame. »

Le vieux laird (2) de Kinguissie dit alors,— et c'était un joyeux vieillard : — « Que pensezvous de notre petit Donald ? — n'est-il pas bien fanfaron quand il se vante de la sorte ?

a Mais il lui sera accordé une année de séjour en ville, — aussi vrai que je vis; — et ce

(i) Nous retrouverons plus loin le même sujet traité par Tennyson sous ce titre : Lord de Burleigh. Moore l'a traité aussi, mais plus brièvement, dans ses Mélodies irlandaises, en donnant aux héros les noms d'Ellen et de William de Rosna Hall. Il ajoute en note : « Cette ballade m'a été suggérée par une anecdote aussi connue que touchante concernant une famille noble d'Angleterre. »

(2) Forme écossaise du mot lord^ seigneur.

qu'il pourra faire de la dame, — nous le lui laisserons tenter à sa guise.

« Tu peux aller à la ville d'Edimbourg — et ramener à la maison une dame avec toi, — mais n'emploie pour la subjuguer que ta bonne grâce — et fais-lui la cour en garçon sans fortune. »

« Mon habit ne sera qu'un plaid (i), — un kilte de tartan tombera sur mes genoux, — avec des bas sans pieds, des brogues et une toque, — je lui ferai la cour sans forfanterie. »

Or, il y eut un beau bal dans la ville — et mainte belle dame s'y trouvait; —et personne dans l'assemblée — n'eût pu se comparer à Lizzie Lindsay.

Le jeune laird de Kinguissie entra — et c'était un beau jeune garçon : — « Voulez-vous quitter le pays du sud, fillette, — et venir avec moi dans les hihglands ? »

La dame se retourna — et partit d'un grand éclat de rire : — « Je voudrais bien savoir d'abord où il me faudra aller — et avec qui il me faudra aller. ))

« Mon père est un vieux berger, — ma mère est une pauvre vieille femme; — on m'appelle

(i) Le costume national des Highlanders ou habitants des hautes terres d'Ecosse se compose d'un manteau d'étoffe rayée (plaid), d'une courte jupe plissèe (^kilt), en tissu de laine (tartan), également rayé aux couleurs disthictives du clan, de souliers à courroies, et d'une toque orale de plumes.

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