‹ Ballades et sonnetsChapitre 36 sur 101 · LOS AU SOLEIL · texte numérisé non relu

LOS AU SOLEIL

remmes, c'est lui qui lomente nos zèles

Pour vos altraits dont nous mourons épris,

Et sur ses rais, liquides étincelles,

Vogue la conque où voyage Cypris;

Il vous astreint, blanche, ambrée ou négresse,

A cette loi que belle ne transgresse,

Si telle elle est de l'orteil au cheveu,

D'en témoigner aux clartés de son feu :

Beauté de nuit c'est beauté d'imposture

Et la parfaite a le jour pour aveu :

Gloire au Soleil père de la Nature!

Dans- le désert il guide les gazelles

Aux oasis sur le sable repris,

Et sème en mer, à l'ancre des nacelles,

Les îles d'or, Ischias et Capris;

Couchant la mort sur le sol qu'elle engraisse

I)ans son suaire, il féconde l'ogresse,

Et plante un parc sur le sinistre lieu

Où, renégat de l'éternel adieu, ■

Le trépassé brise sa sépulture,

Revit enfleur et berce un oiseau bleu :

( îloire au Soleil père de la Nature !

Tu dores, peintre, el sculpteur, lu cisèles Les parthénons à son culte cul repris; Tu fais du paon miroiter les ocelles Où les cent tons de rarc-en-ciel sont pris ; Avant-coureur de tout ce qui progresse Si la science a des bonds de tigresse Dans l'infini sans bords et sans milieu. Ton arc les jauge et les fixe Ion pieu; Au Qhanaan voilé de l'Écriture Moïse ainsi hâlail le peuple hébreu :

Gloire au Soleil père de la Nature !

(>ii va le Rhin vont aussi les Moselle-;

Grand magistrat de l'ordre désappris

Il a. selon les lins universelles,

Toute frontière en un même mépris;

Il borne aux blés faits des crins de sa tresse

Le territoire où la Vie est maîtresse,

Et, dieu de ceux qui veulent voir leur dieu,

D'un tour de roue il trace avec l'essieu

De l'orbe erranl qui lui sert de voilure

Le vrai pourtour de l'humain franc alleu :

( iloire au Soleil père de la Nature I

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