S&R LES OUAIS
C'est mon destin : j'ai la classique anatomie De ces posthumes-nés dont les dieux vigilants Pour l'exhumation embaument la momie.
Parfois dans l'hypogée où tels que des milans S'abattent les savants déterreurs de squelettes Le grain de blé tombé d'un nœud de bandelettes Rend à Cérès l'épi perdu depuis mille ans.
Apôtre d'une foi qui le donne en modèle
Et sage que Minerve eût mis au Parthénon,
L'Impeccable a transmis au disciple fidèle '
Les rites dont la Forme a réglé le canon :
« Tout pasteur du troupeau des Muses est un mage
\ u du grimoire et va, car il serait dommage
De forfaire au destin que te signe ton nom.
«Au mont, mon bergerot,aumont, et sois bon pâtre' Dans la sérénité des ombrages épais, La houlette d'ébène à la dextre d'albâtre,
gg LES TRISTES
Et sûrnomenclateur des chèvres que tu pais. Mène boire les mois aux lacs de la pensée; Blessure que l'on chante est blessure pansée
Elle rythme est la joie et le nombre est la paix.
« Qui parle à nos banquetsde manger et de boire?
L'eau d'Aréthuse veut le gobelet d'étain,
Or, l'œil étant l'outil, je n'y sais de déboire
Que le beau sans reflet dans un regard sans tain;
One le tien soit pareil an miroir d'Archimède.
Rends, puisqu'au mal de voir il n'est d'autre remède,
Son image certaine à l'objet incertain.
« Vainc la matière. Où sont, si tu te le rappelles, Dans la cuve embrasée OÙ la nature boni. Marbres sans Phidias et fresques sans Apelles? Mais l'OEnéide chante et le monde est debout ! Ce qui souffle sans lin c'est le vent de la Lyre Portât-il à la lente où l'on ne sait pas lire Le verset du Coran «pie scande nn marabout, »
Ainsi parlait celui que nous nommions : le Père, Enfants, et dont le nom blasonne votre écu; S,.n fanal .la.» la .mil fut mon point de repère
SI lî LES QUAIS 81)
S;i loi. celle selon laquelle j'ai vécu, Et vous voyez en moi l'homme qui s'infatue, Piédestal du héros qui n'a pas de statue, D'être hors du combat où Gautier l'ut vaincu.
Adieu. Mais sur le char triomphal de défaite Près de celle qu'avec le dogmeje reçus Tiède et drapée encordu manteau du prophète Plane un secret d'amour que jamais je ne sus. On trahit sèseroyants k Corée de miracles : Mélancoliques yeux qui fûtes mes oracles M'acCUSez-VOUS aussi de vous avoir déçus?
S'il esl vrai que la part de Marthe est la meilleure Ne l'en redois-je rien de la tienne? Ai-je, oh ! dis, Entre loi. bien réel, cl l'art, bien qui nous leurre, Equilibré, Stella, la course au paradis? Pavoiseur ei rameur de la double galère,
Moi. j'ai touché mon rêve et passé mon salaire
Dans le port transparent de tes bras arrondis.
Je m'en vais, immortel de toi, dans l'allégresse De la langue que nul ne m'aura vu léser; Tout ciel me sera bon s'il ressemble à la Grèce, Je n'y sais pas de dieux que je doive apaiser. Puis tu viendras. Alors de sa voix paternelle 11 nous dira : « La gloire appelée éternelle N'est autre que l'amour et tient dans un baiser. »