‹ Ballades et sonnetsChapitre 48 sur 101 · BALLADE DES TROIS AMOURS DE VILLON · texte numérisé non relu

BALLADE DES TROIS AMOURS DE VILLON

J'aime Irois femmes, à savoir :

— La Vierge, dame universelle Et régente <ln réservoir D'amour que Ton a sous L'aisselle ;

— Puis, sa servante', vieille ancelle, Grise comme cheval rouan,

Ma mère et nourrice: — enfin celle Qu'Anglais brûlèrent à Rouen.

lu*

L'une, l'œil clos, je peux la voir Dès que l'aube au ciel étincelle Battant l'écume dû lavoir Sous l'arche où la Seine ruisselle, Et tire mon âme en nacelle De Notre-Dame à Saint-Ouen Vers l'autre, l'ange à la douce aile Qu'Anglais brûlèrent à Rouen.

Je porte, et c'esl tout mon avoir, Un Virgile en mon escarcelle.

Car, humble clerc du gay sçavoir Où ce maître sans pair excelle, Je rêve, et point ne vous le cèle.

D'être le cygne mantouan De l'héroïque jouvencelle Qu'Anglais brûlèrent à Rouen.

Prince, sonne le bouteselle De < îalais au golfe Jouan Pour venge* là Grande Pucelle Qu'Anglais brûlèrenl ;'i Rouen.

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