‹ Ballades et sonnetsChapitre 6 sur 101 · SONNET DE L'ADIEU PATERNEL · texte numérisé non relu

SONNET DE L'ADIEU PATERNEL

A ma fille Herminie.

Ma fille, tu t'en vas. Mon soir tombe. Termine Ta chère vie aux bras d'un autre : c'est l'Époux. J'en eus l'aube ; elle éclaire encore d'un feu doux Les restes d'un foyer que le vent d'hiver mine.

Chacun son loi et honte au vieux qui récrimine ! Il prend de toi la femmeetje n<> suis jaloux Que de l'enfant bercé vingl ans sur mes genoux ; f)n manteau blanc qu'il vêtj'ai vu vivre l'hermine.

Dans l'âme que j'irai rendre aux creusets divins Je puis te rapporter telle que tu m'en vins Immaculée, ailée encore en robe d'ange.

Adieu, renverse en paix l'or de ton sablier :

Mais comme il faut que tu te dupes sur l'échange,

Je t'ordonne, moi, ton père, de m'oublier.

3 Novembre 1903.

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