‹ Ballades et sonnetsChapitre 65 sur 101 · BALLADE DE LA MERCI AMOUREUSE · texte numérisé non relu

BALLADE DE LA MERCI AMOUREUSE

Quoi qu'il eu soit, le mauvais économe,

Entre les biens du jardin enchanté

Que ce vieux val de pleurs fleurit à L'homme,

Parfums, Saveurs, Son, Lumière, Santé,

Et l'Art aussi, rente de ce rente.

Il en est un dont s'assoiffe el s'affame,

Même repu, l'ingrat qui le diffame,

Tanl il l<" force au tribu d'un merci

Quotidien pour l'auteur de la femme :

Le don joyeux d'amoureuse merci.

Du Paradis perdu pour une pomme Et désormais du seul rêve hanté.

Ou de celui que cherche l'astronome Dans l'infini dont il est tourmenté, Fruit ne nous choit qui ne soit éventé. Ou, pis encor, que Satan ne l'entame El n'y prélève une part du dictame; Le baiser reste, où le plus endurci Reçoit, avec ou sans épithalame, Le don joyeux d'amoureuse merci.

La bêle humaine est peu cousine, en somme. Du Dieu qu'elle a, malgré la parante : Il lui crie : aime; elle répond : j'assomme; Si de la mort aucun n'est exempté, L'oubli sur tous verse son népenlhé ; Du plus beau corps, quand s'évapore lïime. Qu'en reste-t-il? La cendre d'une llamme. Obscur drslin, mais sitôt éclairai Que du fourreau s'échange avec la lame Le don joyeux d'amoureuse merci.

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