BALLADE EN L'HONNEUR DE LA MORUE
Quel sot mépris rit dans vos entretiens Pour un régal que plus d'un richard aime ? ,J';ii vu des juifs se confesser chrétiens Devant le gade, ornement du carême, Meilleur encore à l'huile qu'à la crème. Le seul regret des saints, au paradis, S'ils en ont un, parfois, les vendredis, Est de ce mots que l'on voue à la rue. En vérité, gourmets, je vous le dis:
Meure la truffe et vive la morue !
20i LES ALLÈGRES
Il n'est qu'un goût, le bon, donc je maintiens Qu'une brandade, en art, signe un Carême Comme un saint Paul FÉpître aux Corinthiens, Ou bien qu'elle est, j'en pose le barème, Ce qu'à toute huître est la verte maremme ; Je lui soumets, moi qui vous parle, dix, Vingt cassoulets, vagues salmigondis, Et la choucroute, où pourtant je me rue ; Le caviar ? Eh bien, je le maudis !... Meure la truffe et vive la morue !
Si mes moyens, Rothschild, étaient les tiens, Ou si le sort m'avait oint du saint chrême. Les morutiers n'auraient d'autres soutiens ; Pour les sauver, eux et l'honneur suprême. Je fréterais le brick et la trirème.
Las! Terre-Neuve où nous régnions jadis, — Oyez les glas et les De Profundis ! — Passe aux Anglais ! Cette course est courue. Mais pour n'en pas pleurer je me raidis. Meure la truffe et vive la morue '
BALLADE LN l'iIONNEUR DE LA MORUE 205
ENVOI
Prince, il convient de vivre de radis.
Il fut un temps où, sur des bras hardis. Un bon filet valait une charrue.
Cela nous met au siècle du roy d'Ys !.., Meure la truffe et vive la morue !
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