POUR LE CENTENAIRE DU LYCÉE CHARLEMAGNE
CALIBERGE, continuant
Cet atelier où vous forgiez l'Europe, vous vous dites : Charles, dans quel état de simples troglodytes Laisses-tu végéter les peuples !.. . Les Rostands Font-ils des Cyranos pour les orangs-outangs? Sans aller jusque-là, songe à leur pituite Aux jours d'instruction forcée el gratuite, Quand ils devront citer, et resteront jobards. L'année où tu vainquis Didier, roi des Lombards!... Ainsi parla les-vous.
CHARLEMAGNE
Tu crois ?
CALI BERGE
El vous fondâtes Un collèg-e modèle
CHARLEMAGNE, soupiranl
Excepté pour les dates !
n se lève.
CALIBERGE, v<
Je vous l'attribuais par politesse, mais Je sais sa vraie histoire !
CHARLEMAGNE
Oui, tu la réformais !
CALIBERGE
C'était on mil huitcent quatre. Il songeai! à mettre
Là France dans sa poche ainsi qu'un chronomètre, Et, Robespierre à pied, à monter à cheval... ■
CHA.RLEMA.GNE, sévère
Tu me feras plaisir d'épargner mon rival.
CALIBERGE
Joséphine brodait. « C'est une affaire faite, Lui dit-il, à présent que veux-tu pour ta fêle? » El la douce créole avec perversité :
« Bonaparte, rends-leur une université! »
CHARLEMAGNE, bondissant
Mais l'idée est de moi!... Ce grand homme me singe 1 Il a passé sa vie à démarquer mou linge! S;i redingote ouverte, on voit mou paletot !... Quel malheur pour un roi que de naître trop tôt! 1 1 m'a « fait » mou lycée, alors?