‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 126 sur 139 · CHAPITRE Xin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xin

pour Ampère, qui, à cause de cela, sont de tristes compagnons de voyage.

Vous représentez-vous M'"* Récamier dans une voiture de voj'age avec M. Brifaut et Ampère? Quels services mutuels pourront-ils se rendre ?

Aussi je vous assure que, quoique tout soit bien convenu, que toutes les mesures soient prises, que les relais soient disposés, je doute encore de la possibilité.

Quant à M. de Chateaubriand, nous avons vu que le voyage de Venise, il l'a fait comme un jeune homme (0 .

Je viens d'envoyer chez M^e Récamier; on me répond qu'elle a passé une mauvaise nuit, je m'y attendais.

Quant à moi, j'ai le projet de partir mardi, mais vous comprenez que je serai peu rassuré.

Ma santé est aussi bonne que possible. Cependant, elle n'est pas assez complètement bonne pour que, si j'eusse fait partie de la caravane, j'eusse pu espérer d'être de quelque utilité. Je devais bien plutôt craindre une complication de plus.

M"» Récamier a le projet, après Maintenon, d'aller à Saint-Eloi chez M™* Lenorraant.

Il n'a jamais été question de moi pour ce dernier épisode du voyage ; et c'est pendant ce temps-là que j'aurais pu aller à Saint- Vrain.

Maintenant, il faut que je vous dise une chose : quoique le projet actuel de deux petits séjours ajoutés l'un à l'autre me donne la faculté de prolonger mon séjour à Saint- Vrain, je crois que je ferai bien de n'en pas profiter. Ceci donnerait lieu à une explication qui sera mieux placée dans une conversation.

Voici donc, quant à présent, mon plan, sauf ce qui pourrait contrarier vos propres arrangements.

(i) M. de Chateaubriand était parti le 26 mai pour voir le comte de Cbambord à Venise.

242 BALLANCHE ET M"« d'hAUTEFEUILLE.

Je partirais mardi 19 pour Saint- Vrain et je reviendrais samedi 3o.

Je sais bien que je ne retrouverai pas M"'^ Récamier, mais j'ai un emploi des jours de solitude que je vois en perspective.

Dans ma pensée, ces jours-là me sont absolument nécessaires pour me mettre en état de publier un volume cet hiver. D'ailleurs, franchement, je puis craindre que, vu la saison avancée, je doive éviter de prolonger un séjour à la campagne. J'avoue que je trouve même qu'il y a quelque imprudence dans le fait de M™* Récamier, mais je n'y puis rien.

Il ne reste qu'une chose, c'est de consulter vos propres convenances ; j'attends votre réponse à ce sujet. Je sais bien que vous aviez l'extrême bonté de m'attendre, mais il peut aussi être survenu des complications de votre côté.

J'espère que la santé de M. d'Hautefeuille est parfaitement rétablie, et que toutes les autres sont bonnes.

Mille et mille tendresses, toutes plus tendres les unes

que les autres, pour vous et pour tous.

Hébal,

Tandis que M"*^ Récamier allait à Maintenon et de là chez sa nièce Lenormant en Normandie, le brave Ballanche s'installait à Saint-Vrain avec sa gouvernante Dragonneaii. Dans ses lettres datées de Vève de la dispersion, il exprimait ses regrets de ne pas être auprès de l'idole et ajoutait : « J'ai deux hommes qui se regardent comme mes fils, M. Guillemon et Justin Maurice; M™'' d'Hautefeuille elle-même se considère comme la fille d'Hébal » [Souvenirs et Correspondance).

La fin de l'été groupait de nouveau les voyageurs.

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