‹ Ballanche et Mme. d'HautefeuilleChapitre 21 sur 139 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

tre. Mais je voudrais que vous puissiez faire abstraction de vos idées personnelles sur mes écrits , et ne voir que ma situation relativement à l'Académie.

Tout être résiste à une palingénésie dont il est l'objet, et dont il n'a pas le sentiment.

L'Académie n'est pas mûre pour moi.

Un plaisant dirait que les raisins sont trop verts.

Je suis allé une fois chez M"'" Letissier. J'y retournerai un mardi.

M'""^ Récamicr va mieux; je lui parlerai de votre si excellent souvenir; elle a été confondue du résultat d'hier.

Envoyez-moi bien vite vos chants. Je donnerai gros de contribuer par ma vieille expérience à vous faire faire un bel ouvrage.

Il y a toute une psychologie à opposer à celle de M. de Balzac. Ceci en vaut la peine.

J'ai beau dire à M. de la Gervaisais que M"" de Beaurepaire ne lui en veut pas; il refuse de me croire. Mais il ne faut pas que cela vous inquiète.

Et les vers du poète ?

Mille tendres et respectueux souvenirs à tout l'ermitage.

Hébal.

29 janvier i835.

Mon parti a été pris immédiatement , je n'avais aucune hésitation, mais il fallait que je le fisse adopter par mes amis. Or, ils n'ont pas tardé à comprendre que j'avais raison. Je me suis donc retiré de la candidature purement et simplement, sans condition, sans ra'assurer aucune voix pour l'avenir, sans m'engager ni pour moi, ni pour ceux qui m'avaient porté. Seulement, comme sans l'opiniâtreté de M. de Chateaubriand , M. de Salvandy aurait été nommé, comme d'ailleurs M. de Salvandy appartient à ce que j'appelle la nouvelle Académie, j'ai cru qu'il y aurait convenance à ce que M. de Chateaubriand voulût bien

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engager sa voix à M. de Salvandy. M. de Chateaubriand a parfaitement senti cette convenance , et il s'est engagé pour cette fois seulement, puisque cette fois n'est que la consommation de l'élection manquée. Ensuite , il rentre dans sa liberté.

Quant à moi, je pense qu'Arnaud sera nommé. Si cela est ainsi , la vieille Académie se recrute d'une voix. M. Scribe, qui doit appartenir à la vieille Académie, sera reçu d'ici à une prochaine élection. Alors , la vieille Académie aura réellement acquis deux voix.

Si, contre mon attente, M. de Salvandy est nommé, je crois que M. Arnaud doit se retirer, parce qu'il perd ses chauces.

Vous voyez que la crise est critique.

Si donc M. de Salvandy fait brèche , mon avis serait que M. Hugo et moi nous nous présentassions en même temps, avec la condition que les voix du côté faible iraient au côté fort, car, si nous nous présentions en même temps, ce ne devrait pas être pour nous nuire , mais pour nous appuyer.

Ce plan , je ne veux le communiquer qu'au moment même où s'ouvrira une nouvelle vacance, parce que, pour qu'il réussisse, il ne faut pas qu'il soit discuté auparavant.

D'ici là peut-être Victor Hugo aura un succès dramatique.

Remarquez, je vous prie, que quel que soit celui des deux qui pénètre, la révolution académique est opérée, et c'est là l'essentiel.

Dans le cas où M. Arnaud entrerait, je conseillerais à M. Hugo de ne pas encore se présenter, et d'attendre la seule circonstance où je pourrais me présenter convenablement.

Et cette circonstance serait la mort de M. de Donald.

Dans ce cas, je conseillerais à M. Hugo de me laisser présenter seul pour lui ouvrir la voie.

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