CHAPITRE VII
piez de Jeanne d'Arc. Il prétend que ce sujet vous revient de droit.
Hélas ! notre princesse Marie a succombé (i).
Nous avons de bonnes nouvelles d'Ampère.
La coalition n'avait point mes sympathies.
Mille tendres amitiés et toutes mes respectueuses affections pour tous.
Hébal.
i5 janvier 89.
Hélas ! n est trop vrai, ce pauvre M. de la Gervaisais est mort, bien tristement, bien solitairement (a). Aucun des siens, aucun de ses amis ne s'est trouvé auprès de lui. H est mort, entre un garçon d'auberge et une servante. Je le savais malade, je suis allé le voir, je crois, deux jours auparavant. J'avais bien la crainte qu'il ne se relevât pas, mais j'étais loin de soupçonner que ce fût si près.Et en effet, il s'est éteint d'une manière à peu près subite. J'allais lui faire une seconde visite, lorsque j'ai su sa mort. Nous étions environ une quinzaine de personnes à ses tristes funérailles. Je n'ai connu là que M. Turquety. Je sais qu'il y avait de ses parents, mais je n'en connaissais aucun et je n'ai point aperçu qui menait le deuil. Personne ne m'a parlé, je n'ai parlé à personne, si ce n'est à M. Turquety. Je crois être le dernier de ses amis qui l'ait vu, et je l'ai vu à peine. Gomme vous, j'ai eu quelque regret de lui avoir témoigne ma désapprobation de sa dernière publication. Cependant, je dois vous dire, parce que votre situation est la même, que je n'ai aucune espèce de remords. Je suis bien convaincu qu'il a su immédiatement
(1) La princesse Marie dOrlcans, duchesse de Wurtemberg, qui mourut le 2 janvier.
(2) Nicolas-Louis-Marie Magon, marquis de la Gervaisais, était né à Saint-Servan en i;65. Écrivain trop fécond, il avait un style incorrect mais original et plein de force. On trouve toujours dans ses œuvres matière à occuper la réflexion.
à quoi s'en tenir sur vous et sur moi. Or, nous étions certainement les deux seuls à l'apprécier et à lui porter un intérêt très réel. Nous avions pour lui un attachement vrai qui a résisté à toutes les apparences. Il en a douté, dans ses dernières heures, mais il en a été certain peu après.
J'avais présenté son petit-fils à M'"'^ de Chateaubriand et à M'"^ Récamier. Ce petit fils, depuis quelque temps, était retourné en Bretagne. Je n'ai point eu de ses nouvelles depuis son départ. Je crains que la carrière de ce jeune homme ne soit très difficile. Je ne lui vois point d'appui et il n'a pas été élevé de manière à se produire convenablement. Il n'a ni étude générale, ni étude spéciale. Il se destinait au service militaire en Sardaigne. Malheureusement, il s'est blessé à la main avec un fusil de chasse. On avait cherché des appuis au ministère des affaires étrangères. Au reste, son grand-père lui manquera comme affection, mais ne lui manquera pas comme appui. J'ai trouvé ce jeune homme très bien, très heureusement né, mais je le crois sans culture.
Il faudra vous occuper sérieusement de votre santé, pendant votre séjour à Paris.
Je dîne aujourd'hui chez M""^ Le Tissier, où l'on parle beaucoup de vous.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
Hébal.
20 janvier ?
Voici que je me mets de nouveau sur les rangs pour l'Académie. Je réussirai ou je ne réussirai pas. Dans les deux cas, je resterai tranqtdlle. Pourtant, j'aimerais assez une occasion de parler en public. Nous verrons. Pour en linir d'une seule fois, je vais prendre un cabriolet, et je tâcherai d'épuiser mes visites en une seule journée. C'est assez amusant d'avoù* un peu ce qui ressemble à une toute petite fièvre d'ambition, mais il ne faut pas que