CHAPITRE IX
Moi-même, à cause de mon escalier, je suis séparé de mes amis. II est bien décidé que je ne conserverai pas cet appartement qui, sous d'autres rapports, me convient beaucoup.
M. de Chateaubriand est tout près , cependant quelquefois il tire un peu la jambe pour arriver.
De plus, je voudrais que M"® Récamier pût un peu aller à la campagne.
C'est-à-dire qu'il faudrait une maison de campagne, commune à tous ceux qui doivent ne jamais se quitter.
Il faut donc se rapprocher de Saint- Vrain ou que Saint- Vrain se rapproche de la maison commune.
Tout est difficile, mais tout est possible.
Nous n'oublierons point M. de Sivry dans tous ces arrangements; il est de la famille.
J'ai communiqué votre lettre à M"* Récamier ; elle en a été tout émue.
Je suis encore tout humide des pleurs que m'a arrachés Jeanne d'Arc.
J'ai vu M. Olivier. Nous sommes convenus de deux choses.
Dans son quatrième volume du Correspondant , il insérera un tout petit article de moi sur Jeanne d'Arc.
Il y insérera encore l'épilogue de M. Guillemot sur V Homme sans nom et sur Antigone.
Je chercherai un morceau de la Théodicée de l'histoire, et je le détacherai pour le cinquième volume du Correspondant.
Je n'ai rien de nouveau. M^^ Récamier est assez souffrante ; ma santé se raffermit , mais dans un état qui ressemble au soii" de la vie. Quelquefois, les soirées sont très belles.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
HÉBAL