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CHAPITRE VU

GONFLEMENT ET DÉPAllT DU BALLON

Le gonQemeat. — Dans les anciens ouvrages traitant de l'aërostation et, actuellement encore, dans la plupart des traités de physique, on décrit, pour le gonflement des aérostats, un procédé quelque peu désuet.

C'est ainsi qu'on donne comme nécessaire l'installation de deux grands poteaus, d'une hauteur

égale à la longueur dès fuseaux dont l'enveloppe est constituée. Une corde horizontale réunit le haut des deux poteaux et le ballon, attaché par le sommet au milieu de cette corde, pend librement jusqu'à terre, la manche d'appendice arrivant ainsi très près du sol, prête à recevoir le gaz fourni par l'appareil générateur.

En réalité, on opère plus simplement. Voici de quelle manière : on étale sur le sol l'enveloppe vide recouverte de son filet dont on a soin d'à éclaircir » les mailles, de façon que, au gonflement, il n'y ait ni nœuds ni coques ; la soupape est placée au centre du vaste cercle constitué par l'étofïe, et la manche d'appendice est raccordée, à l'aide de ligatures, au tube d'arrivée du gaz qui doit remplir l'aérostat. Ce raccord doit être aussi étanche que possible, d'abord pour ne pas perdre de gaz, ensuite pour qu'il n'entre pas d'air dans le ballon, ce qui diminuerait sa force ascensionnelle.

A mesure que l'enveloppe se gonfle et commence à soulever le filet, on accroche à celui-ci des sacs de lest, de façon à le maintenir à terre; quand le ballon est à moitié rempli et que l'équateur commence à se trouver au-dessus du sol, les pattes d'oie apparaissent, ainsi que les suspentes du cercle de suspension. C'est alors sur ces dernières qu'on croche les sacs de lest . On les maintient jusqu'à l'entier remplissage de l'enveloppe. Quand ce remplissage est complet, on fixe le cercle aux suspentes, après avoir, à l'aide de cabillots, relié à ce cercle la nacelle

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elle-même, lourdement chargée d'un excès de sacs de sable pour empêcher l'enlèvement prématuré de l'engin. C'est alors qu'apparaît l'utilité des cordes de manœuvre, dont on peut amarrer quelques-unes à

des points fixes, ce qui maintient le ballon jusqu'au moment du départ.

Cette méthode de gonflement s'appelle la méthode en épe»'t)ie)', pour ia distinguer de la méthode en baleine, beaucoup moins recommandable, dans laquelle le ballon est allongé sur le sol, comme un énorme cétacé, au lieu d'être aplati, ainsi qu'on fait dans la méthode en épervier.

Le départ. — Cest alors que Taéronaate et ses passagers montent dans la nacelle.

Inutile de dire que le « pilote » aérien^ celui qui doit diriger l'ascension et qui en porte la responsabilité, doit avoir assisté au gonflement, aroir tout surveillé par lui-même. Il doit s'être assuré du bon fonctionnement de la soupape ; il doit avoir vérifié que la corde qui en commande la manœuvre tombe* librement dans la nacelle, ou, si c'est une soupape pneumatique du genre Renard, que le tube de caoutchouc el les poires de compression sont en bon état ainsi que la corde du panneau de déchirure, que les sacs de lest sont dans la nacelle en nombre suffisant pour l'ascension. 11 doit constater que le guiderope est enroulé extérieurement à la nacelle, ainsi que le câble de l'ancre et que celle-ci, au moment de l'ascension^ ne pourra blesser personne.

Il doit veiller lui-même à l'installation des instruments de précision qui doivent l'accompagner et le guider de leurs précieuses indications : boussole, thermomètre, hygromètre, et surtout baromètre, l'organe par excellence qui doit renseignerl'aéronaute et lui indiquer les manœuvres à faire, suivant que son aiguille montera ou descendra.

Une fois les voyageurs embarqués, le ballon étant toujours retenu par les cordes de manœuvre, on se dispose à partir. On débarque, à cet effet, le nombre de sacs de lest nécessaire pour que l'aérostat indique une tendance à se soulever lorsqu'on « mollit » les cordes de manœuvre. Quand on estime que la force

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ascensionnelle, nécessaire au départ, est suffisante, on cesse de débarquer du lest ; on commande « Tiens bon 1 » aux hommes qui retiennent encore les cordesde manœuvre, et enfin, quand le pilote juge que

Départ do ballons aux Tuileries .

toutestH paré >, il jette le commandement solennel : « Ldcbez loul ! »

El le ballon s'enlève majestueusement, lentement autant que possible, caron aura toujours la ressource, en vidant des sacs de lest, d'accélérer sa vitesse d'ascension.

Précautions à prendre au départ. — Mais ce comraanderaent de «Lâchez tout! » ne doit pas être donné à la légère, car le ballon peut, en s'élevant, occasionner des accidents graves.

Il ne faut pas, en effet, oublier de compter avecle vent. Les temps sont passés où l'on faisait une ascen-

sien uniquement de hauteur : ce que cherchent aujourd'hui les aéronautes, c'est à faire des ascensions de distance. Ils partent donc, en général, quand le vent, sans souffler avec trop de violence, a cependant une certaine vitesse.

Cette vitesse du vent fait que, au départ, le ballon ne s'enlève pas verticalement, mais obliquement, suivant une direction qui est parallèle à la résultante de la vitesse du vent et de la vitesse ascensionnelle. Celle-ci augmentant, la courbe décrite par le ballon se relève rapidement au début de l'ascension ; mais, au départ, il faut tenir compte de l'inclinaison de la trajectoire et s'assurer que le sol est libre sous la nacelle, afin que celle-ci n'aille pas donner dans des arbres ou démolir les cheminées des maisons voisines, comme cela s'est déjà vu.

Ces précautions prises, et une fois franchis les obstacles qui forment l'entourage immédiat du lieu de gonflement, le ballon est « en route ». Nous allons voir, maintenant, comment il se comporte dans les airs et comment il faut conduire l'ascension. .

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