‹ Balochard, ou, Samedi, dimanche et lundiChapitre 27 sur 60 · SCENE II BALOCHARD, ADRfENNE · texte numérisé non relu

SCENE II BALOCHARD, ADRfENNE

ADRIBNIHB, sortant de sa chambre, à part. II chante! oh! tant mieux! [Elle court à lui, et va l'embra.tser..) Bonjour, père!

BALOCIIAKD, embarrnssf.

Bonjour, bonjour, mon entant ! [La regardant.) Comment, tu ne me grondes pas?

ADBIENNE.

Vous gronder!... pourquoi ça? parce que hier l'on vous a fait une sottise ?

C'est vrai, au fait... ilssont dans leur tort... me dire de chercher de l'ouvrage, sous prétexte que je n'ai rien fait de la semaine!... c'est injuste... vois-tu, ton M. Lanois, il est bête comme une huître, et quant à M. Victor, c'est un p'tit bourgeois de deux liards qui veut faire sa tête, pas autr' chose...

ADRIENNB.

Traiter ainsi un père de famille, un bomme comme vous !

Drienne, tu es fière de ton père, et t'as raison. Fille d'artiste, vraie fille d'artiste, c'est dans r sang, ça... les maîtres, c'est tous des faignans, et j' les méprise... je ne veux plus travailler pour eux; je me livre aux beaux-arts, rien qu'aux beauxarts! {Il fait un bruyant accord sur sa guitare.) Brouml... broum!...

Il chante.

Ça fait toujours du bieu \ l'estomac.

ADRIENNB.

Eh bien! et de l'argent?...

Ah! oui, d' l'argent, j' n'y pensais plus, moi... mais puisque tu dis qu'ils m'ont fait une soitise...

ADRIKNNB.

Il n'y a pas qu'une maison à Paris, Dieu merri' et 4^s lundi le travail ne vous manquera pa»

Oh! certainement des mardi... mais, à propos de travail , il me semble que tu as dormi bien tard, ce matin ?

ADRIENNE

J'étais occupée à raccommoder et à habiller mes deux petits frères.

Ah! oui... les mioches!...

ADRIENNE

Leur maître d'école les emmène à la messe, ensuite à la promenade, et j'ai voulu les faire aussi beauï que leurs petits camarades.

Bonne fille!... oh .' l'es bonne fille! pauvre chérie! c'est leur mère. Elle remplace ma bonne Madeleine; elle trouve moyen de travailler pour les entretenir, les habiller, les éduquer! Mais viens donc m'enibrasser, ma Drienne!... Vois-tu, toi, tu mérites le prix d' venu, et si l* gouvernement était juste, il le le donnerait, rien que pour avoir un père comme moi.

ADRIENNB.

Papa, voilà les enfans!

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