‹ Balochard, ou, Samedi, dimanche et lundiChapitre 42 sur 60 · VICTOR, ADRIENNE · texte numérisé non relu

VICTOR, ADRIENNE

VICTOR

Ah I ne craignez rien, mamselle !

ADRIENNE

Monsieur, je suis seule, vous le voyez.

VICTOR

Encore une fois, mamselle Adrienne, rassurezvous... je venais... est-ce que vous n'avez pas vu

Lanois ?

ADRIEKNE, vivement.

Il est venu ce matin, de votre part, je crois. VICTOR, plus prés d'elle.

Oui, oui; mais j'ai peur qu'il ait mal expliqué à monsieur votre père ou à vous le motif.. . (A pan.) Mon Dieu ! je suis aussi tremblant qu'elle, moi.

ADRIENNE

Vous devez penser, monsieur , que c'est à mon père lui-même qu'il faut que vous parliez.

VICTOR

De ce qui le regarde, sans doute ; mais de ce qui me regarde, moi.<.

ADRIENKE.

Voui» moQtieur?

\lciOK, plus près. I

Ma bonne mamselle Adrienne, si j'avais un conseil à vous demander, me le refuseriez-vous ? *

ADRIENNE

Moi, monsieur?

VICTOR

Oui; vous avez peut-être entendu parler d'un mariage que l'on me propose? i

ADRIENNE

Je crois que oui... une demoiselle riche, n'estce pas ?... Et vous êtes décidé à accepter, sans doute ?

VICTOR

Non, mamselle; et avan ( je vais bien vous étonner ), avant, je voudrais savoir si... si vous croyez... si vous pensez...

ADHIENNB

Mais dans un établissement comme le vôtre, il me semble qu'il faut... une femme...

VICTOR

Oh! ça, c'est vrai !...

ADRIENNE

Qui vous apporte de la fortune !

Pourquoi ça ? j'en ai pour pour deuk<

ADRIENNE

Qui vous aime?

VICTOR

Ah! ça, j'y tiens, par exemple... et aussi qu'elle soit bonne, vertueuse, bien élevée... et j'ai eu le bonheur , hors l'amour pourtant , de trouver tout ça.

ADRIENNE

Je ne vous comprends pas.

VICTOR

Adrienne , celle dont je vous parle se cache à tous les yeux!... mais j'ai pris des renseignemens, moi... d'abord chez la lingère qui lui donne de l'ouvrage.

ADRIENNE

Une ouvrière...

VICTOR

• Ensuite, chez le maître de ses petits frères, / auxquels elle sert de mère. f

ADRIENNE , à part.

Oh! mon Dieu! qu'entends-je?

VICTOR

Je suis monté à son sixième étage, où je l'ai trouvée seule le dimanche, à travailler; et je me suis dit : Celle qui est si bonne fille, si bonne sœur, ne peut pas manquer d'être un jour une excellente femme.

ADRIENNE

Ah f monsieur Victor, pas un mot de plus ! je vous en prie ; vous ne voudriez pas tromper une pauvre lille, lui faire perdre la raison.

VICTOR

Chère Adrienne! j'avais encore quelque chose de bien important à vous dire, je ne l'ai pas osé.

ADRIENNE

C'est donc quelque chose que je ne dois pas entendre?

MAGASIN THEATRAL

VICTOR, posant une lettre sur la table à côté de la guitare.

Je jure que cette lettre ne contient aucune offense. . vous la lirez, Adrienne; vous déciderez Yous-mêm^ , et tout dépendra de vous , chère Adrienne I

ADRIENNE

Mon Dieu!... mon père, s'il était là!

VICTOR

Adrienne, pourquoi trembler? n'êtes-vous pas mon seul amour! bientôt ma femme?

ADRIENNE

Oh! non, non! Je vous en prie, allez- vous-en 1 allez-vous-en!

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