‹ Balochard, ou, Samedi, dimanche et lundiChapitre 49 sur 60 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, LANOIS, en sergent de la garde nationale, Gardes nationaux, Ouvriers et Curieux.

CHOEUR

AIR: yoilà le téméraire. (Suisse à Trianon.) Quel bruit épouvantable!...

On se l)at chez le marcband d' vin...

Cesl un tapageur, c'est un diable,

Soldais erapoi-" -le soudain...

^ gnez

Il cassi la vaisselle , il fait le diable!

Empoi-^ le soudain!...

•^ gnez-

LANOIS.

Qu'est-ce que c'est? qu'y a-t-il? d'où partent ces vocifératillions ?

BALOCHARD, à part.

Pincé!

LE GARÇON

Sergent! arrêtez-les, c'est des brigands, des révolutionnaires.

LARMOYER

Ordre public, je n'y suis pour nen.

Très-bien ! c'est mon Balochard qui fait des siliennes.

BALOCHARD, à part.

Et M. Victor! et ma fille! (Haut.) Qu'on me laisse m'en aller, nous ne sommes pas des assassins.

LARMOYER

Oui ! qu'on nous laisse. [Reconnaissant Lanois.) Dieu! le contremaître! il va croire que j'ai loupé.

LANOIS.

Comment! toi aussi, malheureux! je te trouve plongé le lundi dans le repaire de l'immoralité!

LE GARÇON

Sergent, il y a au moins pour trois francs cinquante centimes de dégâts, je demande six francs. BALOCHARD., priant Lanois.

Mon vieux, laisse-moi m'en aller I il faut qut Je m'«a aille t

LANOIS.

Du tout I du tout 1

Cré mille noms de noms !

Soldats! emparez-vous de ces perturbateurs... rassemblez les prévenus.

LARMOYER, pleurant presque.

Voilà un coup! voila un affreui coup!

Mais voyons ! t'as donc la berlue ! tu vois bien qu' c'est nous !

LANOIS.

Je ne vois rien que le délit et les bouteilles cassées.

LARMOYER

0 Cœlina 1 6 mon épouse ! t'as bien raison d'empêcher que je sorte sans toi.

LANOIS, à Balochard.

Dites vos noms et vos prénoms

Mes noms à moi! c'te farce ! tu méconnais bien.

LARMOYER

Pardine! s'il nous connaît!

LANOIS.

Honoré des galons de sergent par les suffrages de mes compatrilliotes, je remplis mes devoirs, et je ne reconnais personne dans l'exercice de mes fonctillions. Vos noms? répondez!

BALOCHARD, à Larmoyer.

Dis tes noms à monsieur.

Moil

LANOIS.

On te demande ton nom, Balochard!

BALOCHARD, à Larmoyer.

Réponds donc.

LARMOYER

Larmoyer Zidor, vingt-quatre ans, dit l'Engourdi, ouvrier cambreur, domicilié à Paris, rue de la Lune, département de la Seine, j'ai tiré le numéro vingt-neuf à la conscription... En faut-il encore ? '

LANOIS.

Bien répondu. {A Balochard.) A ton tour! tes noms et prénoms.

BALOCHABU, s' exaspérant.

Eh bien! non, mille fois non, je ne répondrai pas; c'est vexatoire... si c'est la loi, qu'on m'arrête! je l'implore... qu'on aille me chercher tous les commissaires, y en a- quarante-huit; ils me connaissent, ils m'ont tous arrêté, et on sait que j' suis un brave homme, et le premier qui m'approche, je le descends au second...

Il prend un tabouret qu'il tient en l'air en menaçant. LANOIS.

Il est furieux!... Division!... saisissez-lés... en avant, marche!

Moment de collision : Balociiard 8e deljat et donne des coups de pied au garçon marcliand de vin ; on finit pnr se rendre maître de lui, Gambin arrive au milieu de la bagarre.

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