III. — La Spéculation
A. — Dialogue du banquier Claparon et de Birotteau.
Aujourd'hui les affaires se divisent. Une affaire exige le concours de tant de capacités ! Mettez-vous avec nous dans les affaires. Ne carottez pas avec des pots de pommade et des peignes : mauvais ! mauvais ! Tondez le public, entrez dans la spéculation.
— La spéculation ! dit le parfumeur, quel est ce commerce ?
— C'est le commerce abstrait, reprit Claparon, un commerce qui restera secret pendant une dizaine d'années encore, au dire du grand Nucingen, le Napoléon de la finance, et par lequel un homme embrasse la totalité des chiffres, écréme les revenus avant qu'ils n'existent, une conception gigantesque, une façon de mettre l'espérance en coupes réglées, enfin une nouvelle cabale ! Nous ne sommes encore que dix ou douze tètes fortes initiées aux secrets cabalistiques de ces magnifiques combinaisons.
— ... Ecoutez, dit Claparon après une pause, de semblables coups veulent des hommes. Il y a l'homme à idées qui n'a pas le sou, comme tous les hommes à idées. Ces gens-là pensent et dépensent, sans faire attention à rien. Figurez-vous un cochon qui vague