‹ BalzacChapitre 7 sur 45 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

jusqu'à midi. Il déjeunait alors avec des œufs frais à la mouillette, ne buvait que de l'eau et terminait ce repas frugal par une seconde tasse d'excellent café noir, toujours sans sucre. D'une heure à six, encore le travail, toujours le travail... »

Il lui arrive de rester 25 heures de suite à composer. Il écrit en 1834 : « Je ne dors plus que cinq heures, j'en travaille dix-huit. » Il est vraiment le Cyclope du travail. Il reste 25 jours sans dormir presque pour écrire César Birotteau. Il achève en trois jours un de ses meilleurs chefs-d'œuvre, le Médecin de campagne. Il est vrai qu'il avait conçu ces romans plusieurs années auparavant, qu'il avait vécu longtemps avec ses héros, *et qu'ainsi s'explique leur rapide exécution : elle n'en reste pas moins un stupéfiant tour de force.

Si l'on considère ces « travaux forcés » ; qu'il compose souvent en même temps plusieurs romans aux multiples personnages ; qu'il écrit des articles pour un grand nombre de revues et de journaux ; qu'il est toujours en dispute ou en procès avec ses libraires, éditeurs, journalistes, directeurs de revue; qu'il a lui-même fondé deux revues, la Chronique de Paris en 1834, et la Revue Parisienne en 1840 ; qu'il a fait représenter plusieurs pièces de théâtre, assistant aux répétitions de ses pièces, vendant lui-même des billets pour les Ressources de Çuinola, et produisant un vrai chef-d'œuvre dramatique, Mercadet ; qu'il entretenait une vaste correspondance ; qu'il adresse des pétitions aux Chambres pour obtenir la garantie de la propriété littéraire par la loi, et qu'il provoque ainsi la constitution de la Société des gens de lettres, dont il est quelque temps un membre très actif ; qu'il a consacré des mois à la défense de Peytel, innocent à son avis ; qu'il s'est mêlé activement à la politique et qu'il a posé deux fois sa candidature à la députation ; qu'il entretient des relations mondaines ; qu'on le rencontre partout dans les coins les plus reculés de Paris ; qu'il visite conciencieusement les villes de province où se passe l'action de ses romans ; qu'il trouve encore moyen d'aller voir Madame Hanska en Russie ; alors on oublie les défauts que ses envieux ont retracés

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