‹ BalzacChapitre 6 sur 45 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

1850, tout en écrivant de longs articles pour les journaux et les revues, il poursuivra la grande œuvre dont i entrevoit déjà le vaste plan : « Je me couche à 3ix heures du soir, écrit-il à Madame d'Abrantès, je me lève à minuit, et je travaille ainsi seize heures de suite... J'ai juré d'avoir ma liberté, de ne devoir ni une page, ni un sou, et dussé-je crever comme un mousquet, j'irai courageusement jusqu'à la fin. » Pour faire produire à son cerveau le plus possible, il s'est astreint à un sévère régime de vie. Dans les périodes de travail intense, il se soutient presque uniquement avec du café qu'il achète toujours chez le même épicier, et dont il surveille l'infusion, tout en méditant ses œuvres. Un de ses amis, Werdet, nous a laissé d'intéressants détails sur le travail de Balzac : « C'est dans la solitude la plus complète, la plus absolue, les volets, les rideaux hermétiquement fermés, à la clarté de quatre bougies placées dans deux candélabres d'argent qui dominaient sa table de travail, que Balzac écrivait, sur cette petite table, devant laquelle l'écartement de ses pieds suffisait, non sans peine, à caser son large abdomen.

Vêtu d'une robe blanche de dominicain, robe de cachemire en été, de laine très fine en hiver, les jambes libres de leurs mouvements, dans un large pantalon à pied de couleur blanche, élégamment chaussé de pantouffles de maroquin rouge richement brodées d'or... loin du monde, loin de toute préoccupation extérieure, Balzac pensait et composait, il corrigeait et recorrigeait sans fin ses épreuves.

« A huit heures du soir, après un fort léger repas, il se couchait d'ordinaire ; et, presque toujours, deux heures du matin le retrouvaient assis à sa modeste table. Jusqu'à six heures, sa plume vive, légère, lançant des étincelles électriques, courait rapidement sur le papier. Le seul grincement de cette plume interrompait le silence de sa solitude monacale. Puis, il prenait un bain dans lequel il restait une heure, plongé dans la méditation. A huit heures, Auguste lui présentait une tasse de café qu'il avalait sans sucre... Le travail de la composition recommençait ensuite avec la même ardeur

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