V. — La comédie humaine
Après les Chouans, Balzac publia quelques romans, où l'on distingue des études de génie, Gobseck, une double famille. En 1832, il écrit le Curé de Tours. Les années 1833 et 1834 voient paraître quatre de ses plus purs chefs-d'œuvre : le Médecin de Campagne, Eugénie Grandet, la Recherche de V Absolu, le père Goriot. Il est désormais en pleine possession de son génie. Il a dit adieu au mélodrame insignifiant ; quant au roman lyrique, qui depuis le romantisme est à la mode, et qui ne s'étend pas au-delà de l'état d'âme et des idées de l'auteur, il ne l'attira pas un instant. Balzac « a compris, dit Brunetière, que ce que le génie même ne saurait apprendre que de la vie, c'est la vie, et la vie. non pas telle qu'il nous plaît à chacun de nous de la représenter, mais telle qu'on la vit, autour de nous, de notre temps, à tous les degrés de l'échelle sociale, et la vie agitée, ou plutôt composée de préoccupations et d'inquiétudes, qui n'ont rien de très relevé, le plus souvent, ni de très singulier, ni surtout de très rare, mais qui sont la vie, et qu'on ne saurait donc omettre dans la représentation qu'on se propose de nous en donner. Empressons-nous d'ajouter, que s'il y en a d'autres et de moins vulgaires, Balzac ne les a pas ignorées. » C'est de cette méthode nouvelle que s'inspire Balzac ; elle lui a fait trouver des chefs-d'œuvre déjà, mais sans beaucoup de suite : « Je vis dans une atmosphère de pensées, d'idées, de