I : Balzac n'était pas ou du moins ne se considérait pas
Comme Tourangeau.
De par son acte de naissance * il était bien de la patrie de
1 Voir notamment nn article de M. L. Descaves, dans {'Echo de Paris du
U avril !•
- Y. l..i Statue de h.iI;jc .< Tours, par le I)' A. Pournier el l'Intermédiaire des Chercheurs, I. XXIII, p
Voiri l'acte de naissance de Balzai . tel que l'a publié la Galette anecdotique is*7, i, t>[\ d'après VEvènement, el ujui esl loul simplement copié sur un registre de 1 état 'i\ii de l'ours :
Aujourd'hui 3 prairial an Vil de la République fra été présenté de-
Rabelais cl de Deseartes. Mais il élaii né à Tours, oh peut dire accidentellement, son père riant un fonctionnaire transplanté du Languedoc, son pays natal, dans le chef-lieu du départemeni d'Indre-et-Loire.
C'est ce qui explique pourquoi l'auteur du Père Goriot se considérait plutôt comme méridional1, en dépit de l'affection, qu'il h a témoignée que par intermittence, pour cette Touraine « où les douces et tranquilles pensées poussent en l'âme, comme la \ igné en la terre ».
Balzac pouvait légitimement se regarder comme Languedocien par son père.
Le père de Balzac, < n effet, est né, ainsi qu'on l'a récemment établi, le 22 juillet 1746, à la Nougayrié, petit hameau situé à cent ou cent cinquante mètres est de Canezac, dans la com-
iant moi, Pierre-Jacques Duvivier, officier public soussigné, un enjant mâle, par le citoyen Bernard- François Balzac, propriétaire, demeurant en cette commune, rue de l'Armée d'Italie, section du Chardonnet, n' sS ;
Lequel m'a déclaré que ledit enfant s'appelle Honoré Balzac, né d'hier, à on^c heures du matin, au domicile du déclarant : qu il est son /Us et celui de citoyenne Anne-Cliarlottc-Laure Sallambier, son épouse, mariés en la commune de Paris, VHP arrondissement, département de la Seine, le 1 1 pluviôse an 1" ;
Ce qui a été enregistré en présence des citoyens Marg. Delarue-Bodm. épouse de Marg. Bodin. employé à l'administration départementale d'Indre-et-Loire. demeurant rue de la Caserne, n" i3, section de l'Arsenal et Jeanne Vieillard, sage-femme, veuve de Jean Rouget, drapier, demeurant rue de Locles, n" S, section de la Belle- Fontaine, témoins majeurs.
Le déclarant et la femme Boivin ont signé avec nous. La femme Rouget a déclaré ne le savoir.
Balzac, femme Bodohe, Duvivier, officier.
la marquons en passant que celui qui voudrait connaître exaetenienl le nom île femme du premier témoin, la citoyenne Marguerite Delarue, serait fort embarrassé, car après avoir été appelée Bodin, puis Boivin, elle signe Bodone.
1 I>ans une lettre i sa sirur Laure, nous relevons ce passage : « Si vous •ut) icz rendez-vous sur les bonis du canal de l'Ouivq. il ne me faudrait (pic trois heures de marche pour revenir à ma mansarde et ï'Albiaurait vu ce qu'il a de plus cher au inonde, g
lit ■ Je Montirat, département ilu Tarn1. Sun acte do naissance le porte ci ne lil- do Bernard-François Baissa sic),
laboureur*. Quoiqu'il ;iil prétendu, l'auteur d'Eugénie Grandet n'était donc pas u> ■ 1 1 1 il 1 nie par droil de naissance; on
ne saurai! lin contester de l'Aire devenu par droit de conquête8. C'est le père de Balzac qui, le premier de la famille, ;i modifié l'orthographe de son nom, mais c es! son lil- Honoré qui a i oinmencé il se servir de la particule nobiliaire : c'est un Irait qui valait d'être relevé '.
Mon père, écril Balzac, était, sous Louis XVI, secrétaire du Grand-Conseil, dont il rédigeai! les arrêts Ceci esl une première inexactitude, légère il esl vrai : M. E ! nd Biré, qui a eu
la patience de dépouiller la collection des Umanachs royaux, nous a appris que le nom de Balzac n') ligurait point. D'autre
part, Mme Surville, la sœurd'H ré, >lii que leur père étail non
pas secrétaire, mais avocat au Conseil sous Louis XVI : des deux auquel entendre .' '
iitoté de Balzac \>. 90 uol I Biré, op. cit., p Biré, p. 91.
• D'après une publication toute récente {Eclair, 26 m ■ serait le
i • Balzac qui, le premier aurait rail usage de la particule : aiasi l'établirait, du moins La lettre de faire pari dans laquelle le père de Balzac annonce le mariage de sa Bile Laurence, te plus Jeune sœur d'Honoré. Voici ce document .
Paris, ce...
M. Je Bal\uc, ancien secrétaire au i lu Roi, ex-directeur 'les
- de ii première division militaire el M deBal^ac, ont l'honoeurde vous faire pari du mariage de M ■ Laurence de Balzac, leur Bile, avec M. Michaul de Saint-Pierre de Mont^ai{
- donc quelqu'un a usurpé la parti n'esl poinl I t.i ly.ai- . maia
bien son père i acore celui-ci a-t-il pu s'y croire autorisé par sa situation de aecrétain du Conseil du Roi situation notable qui équtvalall ■> la noblesse, si même elle ne la eonférail pas. ■ Eclair, loc. >it
On a vu plus haul nol étall ou se disait ancien
tecrétairt du Conseil du Roi; le fail importe peu au surplus.
Ce que les enfants du père Balzac ont négligé de nous dire el vraimenl on ne saurait leur en trop vouloir, c'est que Bernard- François Balzac — nous adopterons désormais cette orthographe de son nom, modifiée, on ne sail pour quoi motif, par 1 intéressé— avait l'ail partie en 1793, de la Commune de Paris, en qualité d'officier municipal '.
Pendanl la période révolutionnaire, gràceà l'appui d'un con-
venti -I iniluent, il avait été envoyé dans le Nord pouryorga-i
niser le service des vivres de l'armée, e1 c'est ainsi qu'il était entré dans l'administration de la guerre.
Balzac père étail chargé des subsistances de la 22e division militaire, ayant pour siège Tours-, lorsqu'il épousa, à Paris. le 30 janvier 171)7. Anne-Charlotte-Laurc Sallambier, alors jeune, belle et riche, fille de l'un de ses chefs, en même temps directeur «les hôpitaux; le fiancé avait cinquante et un ans. Peu de temps après le mariage, le nouveau ménage vint s'installer à Tunis et y occupa d'abord le rez-de-chaussée et l'entresol du n" 2o de la rue de l'Armée d'Italie, où naquit Honoré3. Puis M. et .Mme Balzac achetèrent et habitèrent un hôtel (ancien 29 de la rue de l'Armée d'Italie, aujourd'hui .~>3 bis de la rue Nationale). Cet hôtel est présentement occupé par l'imprimerie
1 V. VAlmanach national de i jf)3, cité par Biré. p. 93.
■' V. Intermédiaire, 10 avril 187-1, p. 197.
1 Quelques mois plus tùt, naissait dans la même maison un généreux bienfaiteur de la ville, James Cane, qui fut l'ami d'enfance de Halzae, «H qui aida, après la mort de ee dernier, à déterminer le lieu précis de sa naissance. Voici la note qu'il faisait insérer dans le Journal d'Indre-et- Loire, h la dale du 25 août 1S50 :
« M. Balzac- Sallambier, adjoint au maire de Tours et directeur des vivres " de la guerre, habitait rue de l'Armée d'Italie, 25, la maison appartenant
.i M Damourette, ancien tailleur, portant aujourd'hui le n° 35 de laitue " Nationale, ■ l'est au rez-de-chaussée île cette maison, présentement occun pée par M . t iuéche, tailleur, qu'est né Honore Balzac, ainsi que sa sœur « Mme Surville. Ce n'est que quelques années après que M. Balzac lit l'ac- « quisition de la maison ou est né Henri Halzae. Ce doit être à l'occasion « de la naissance de ce second fils qu'a été planté l'acacia dont il est l'ail " mention au sujet d'Honoré, a
Juliot ; on a cru longtemps el a tort qu'H "é j avait reçu le
jour. La Famille Balzac esl restée a Tours environ dix-sepl ans, période pendant laquelle le père a rempli avec distinction
'•l déi ment les ronctions de deuxième adjoint au maire de
1801 à 1808), et celle d'administrateur de Y Hospice général de 1804à 1812 '.
Pour t|ni croil aux doctrines de l'hérédité el a l'intluence de l'éducation et des idées ramiliales sur la tournure d'esprit <l<-enfants, les détails qui vonl suivre ne paraîtront pas superflus.
\.r père Balzac était une sorte de bourru* bienfaisant, unori-
Au-dessus de la porte d'entrée du ir 35, actuellemenl n 39 île In puo Nationale, existe une plaque de marbre sur laquelle on lit :
i ONORÉ DE lnLZ kG
EST m: EN cette m wson