‹ Balzac ignoré (volume 2)Chapitre 3 sur 16 · I.E 1" PRAIRI M. \\ \ n · texte numérisé non relu

I.E 1" PRAIRI M. \\ \ n

(20 MAI l"

MORT A PARFS I.K 2S 100 I 1850

<:eile planue comraémorative a été posée aux frais de M. .lames Cane, par les soins de M Brun, préfet d'Indre-et-Loire, el de M Ernesl Maine maire de Tours. (D" l'ournier, loc. cit., p. 82-23

•Tous ces détails sont empruntés à la substantielle brochure de M. le D' A. Fournier.

1 Nous n*en donnerons pour preuve que cette anecdote : TSalzae père ayant appris la situation difficile de son ami le général de Pommereul. vint, un matin, trouver Mue' de Pommereul : avec ces façons brusques dont il était coulumier, il posa deux gros s tes sur une table, en disant: a Voilà ' —on vous dit gênés par h i ' — Ces dix mille écus vous seront plus utiles qu'à moi, je ne sais qu'en faire ! Vous me les rendrez quand "n vous aura rendu ce qu'on VOUS a vol.' : a Puis, laissant son argent, il prit la porte avec la prestesse d'un malfaiteur. [In trait de cette nature devait resserrer les liens d'amitié qui unissaient ces deux hommes ils devinrent et restèrent intimes. Aussi l'auteur de la Comédie humaine, en dédiant au général de Pommereul. son hôte de I82é el le Qls de celui dont nous venons de parler, une île ses œuvres les plus étranges, Melmoth réconcilié, a-t-il fait suivre sa dédl ace des lignes suivantes : • lui souvenir de la constante amitié qui a lié nos pères et subsiste entre les liis." Balzac en Bretagne, Paris, l*3f> , par H. du Pontavlcede Heussey, p. 8,

^inal ' qu'on eûl dit échappé de quelque conte holTmann&sque.

il J'ai vu cje près Honoré tje Balzac, disait un jour le vieux directeur du CorsairerSaian"1 à un de ses rédacteurs ; c'était lui! i\ la luis un homme remarquable el I un de uns beaux toqués, comme on di| dans les grammaires du jour, mais le père d'Honoré de Balzac ! Ah ! si vous aviez connu son père, qu'eussiez-vousdil ? » : el là-dessus, il Faisait, avec force gestes, le por- Irail d'un excentrique de haute volée3,

\ entendre ce contemporain de l'homme doni il fixai! la silhiiuciii' avec tant de vigueur, le père Balzac étail « coulé dans un

I mu munir >>. [J tenait h la fuis du lin nia in. du liauluis cl du (inlh cl avait les attributs de ces huis races ; la hardiesse la patience,

la santé '• Il s'affirmait à tout venant un disciple ^\c Jean-Jac-

1 Le jour où il quitla le sein de sa nourrice— est-il dit dans une brochure sur le père de Balzac — on lui donna à boire du lait de chèvre, mais pris au pis de la bète elle-même. Sous l'ancien régime, surtout dans le Midi, cette nourriture lactée était une règle d'hygiène dont on s'est peut-être trop écarté depuis. « Il es) certain que le nourrisson y a rencontré, ajoute M. Audebrand en guise de commentaire, comme une source de forces nouvelles. Est-ce de là que lui est venu l'esprit çapricant et fantasque qu'il a si souvent manifesté ? Un serait tenté de le croire... » Mémoires d'un passant, p. 85.

« J'ai vu son portrait, écrit d'antre pari M. .1. Christophe, dans le costume de ses fonctions républicaines ou impériales : habit bleu foncé à broderies blanches, à peu près comme les intendants militaires d'aujourd'hui, portefeuille rouge sous le bras, plume d'oie emphatique à la main, ligure rmide, colorée, sans barbe, favoris en nageoire, petite bouche, petit nez, cheveux bruns coupés à plat jusqu'au tiers du front, .veux noirs, brillants, très méridionaux, Vair naïvement avantageux... » Bévue indépendante, 1884, p. 5Q3-504,

- I.e Poitevin Saint-Almo.

1 Philibert Audebrand. Les Mémoires d'un passant, p. |9.

4 « Comme son père, qui mourut accidentellement plus qu'octogénaire, Balzac croyait à sa longévité. Souvent il faisait avec nous des projets d'avenir. 11 devait terminer la Comédie humaine, écrire la Théorie de la Démarclie, faire la Monographie de la rertu, une cinquantaine de drames, arriver à une grande fortune, se marier el avoir deux enfants, o mais pas davantage : deux enfants font bien, disait-il, sur le devant d'une calèche i, Tout, cela ne laissai pas que d'être long, et nous lui faisions observer que

ques, considérant le retour h la nature comme la principale conditiondu bonheur. Il préconisai) l'exercice, les longues marches a pied, el s'interdisait toul excès génésiquc : son fils prétendra |ilu> lard que la chasteté esl indispensable à l'homme de lettres*

Le père de Balzac se flattait de n'avoir jamais consulté un médecin ni fait gagner dix sous à un pharmacien1. Etant très malade, espérant l>i<'ii triompher seul de -"ii mal. il tint à se droguer lui-même: il faillit <mi mourii

Il voulaitqu'on fût habillé de laine en toute saison.

II professait à l'endroit dn mariage des opinions que, de nos juins, un ne serait | >;i~- loin de considérer comme subversives. u Quant aux jeunesgens qu'on marie, disait-il, c'est-à direqu'on destine à la propagation de l'espèce, ils ne sont assujettis à la formalité d'aucun axamen. S'il- sont ini iplets, scrofuleux, | > } ■ t ■ —

sjques ou imbéciles, n'importe: il- 9 >nl toujours bons à marier, et voilà pourquoi la race française s'en va »8. C'est le même cri d'alarme qu'ont poussé naguère le l> Toulouse et Robin de « iempuis .

Mme Surville non- a fait, sur ce même sujet, des révélations qui ont leur prix :

u Mon père, écrit-elle, se moquait souvent des hommes, qu'il accusait de travailler sans cesse à leur malheur ; il ne pouvait rencontrer un être disgracié sans s'indigner contre les parents et surtout contre les gouvernants, qui n'apportaient pas autant de soinsà l'améliorati »n il ! la race humaine qu'à celle ilr- ani-

ces besognes accomplies, il aurait envimn quatre-vingts ans. — « Quatrevingts ans ! s'écriait-il, bab ' c'esl ta (leur de l'ag • > M, Plourens, n\

liantes doctrines, n'eût pas mieux dit «. Th. Gautier, H. de Balzac, \> l lu.

1 Audebrand, op cit. Il se vantail b iaui tup de qui était réelle

[Tb Gautier, 1 ité par ^.udebrand p •'■' -1

- Baljac en Bretagne, p. 45.

\ 1 1 ' I ■ ■ I il', t !!• 1 . foc. Ctt.

maux. Il avait, en cette matière fort scabreuse, de singulières théories qu'il déduisait non moins singulièrement.

ii Mais à quoi bon publier ces idées ? disait-il. On m'appellerait encore original (ce titre le courrouçait), et il n'y aurait pas un être étiolé, ni un rachitique de moins... Quel philosophe a jamais corrigé l'humanité, cette patraque toujours jeune, toujours vieille, qui va toujours ?... Heureusement pour nous et nos successeurs '. ajoutait-il on souriant '. »

Le père de Balzac ne se piquait pas seulement d'être hygiéniste, il avait encore abordé de Iront les plus grands problèmes de sociologie, avant Fourier, axant Saint-Simon. 11 est intéressant «le noter, à ce propos, que si. en sa qualité d'administratcurd'un établissement de bienfaisance. le père avait longtemps médité sur de graves questions sociales, le fils, préoccupé des même- problèmes, les a dramatisés dans ses études analytiques -. a Les curiosités passionnées, les ardeurs réformatrices du lils se retrouvent ainsi dans les écrits, les idées, les polémiques du père :i. »

Comme son lils. Balzac père était omniscient : rien de ce qui loin bail au sort de l'humanité ne lui était indifférent. On a de lui des mémoires qui ont Irait aux sujels les plus divers ; il suffira d'en donner rémunération :

Mémoire sur deux grandes obligations à remplir par les Français 1804 ; Mémoire sur le scandaleux désordre causé par les jeunes filles trompées et abandonnées dans un absolu dénûment, et sur les moyens d'utilisé)- une portion de population perdue pour l'Elut cl très funeste à l'ordre social avril lxns ; Mémoire sur les moyens de prévenir les doIs

1 Article de Champlleury, dans la Nouvelle Revue, 1881, p. lui.

- Idem, ibid.

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