DL: BALZAC {D'après U portrait de Bertall
Les Ascendants de Balzac
Quand, en I880, le maire de Tours, qui était alors un de nos confrères, M. le docteur A. Fournier, avait proposé de glorifier par un monument durable Fœuvre de Balzac, déjà quelques réserves avaient été faites sur l'opportunité de cet hommage rétrospectif.
Lorsqu'il fut à nouveau question de fêter le centenaire de Balzac, le Conseil Municipal de Tours, sollicité de contribuer à l'éclat des fêtes projetées, refusa une subvention aux organisateurs de la solennité.
On a voulu voir dans ce refus des machinations politiques : ne reprochait-on pas à Balzac ses opinions réactionnaires et cléricales ? Il y a un motif qui n'a pas été, que nous sachions, invoqué et qui
pourrait être le bon : Balzac n'était pas, ou du moins ne se considérait pas comme Tourangeau
De par son acte de naissance (1), il était bien de la patrie de Rabelais et de Descartes. Mais il était né à Tours, on peut dire accidentellement, son père étant un fonctionnaire « déraciné » du Languedoc, son pays natal, transplanté dans le chef-lieu actuel
(1) V. La Statue de Balzac à Tours, par le docteur A. Fournier ; et l'Intermédiaire des Chercheurs, t. XXIII, p. 497. Voici l'acte de naissance de Balzac, tel que l'a publié la Gazette anecdotique (1887, I. 221), d'après VEiénement, et qui a été copié sur un registre de l'état civil de Tours :
Aujourd'hui -2 'prairial an Vil de la République française, a été présenté devant moi, Pierre-Jacques Duvivier, officier public soussigné, un enfant mâle, par le citoyen Bernard- François Balzac, propriétaire, demeurant en cette commune, rue de l'Armée d'Italie, section du Chardonnet, n" 25 ; lequel m'a déclaré que ledit enfant s'appelle Honoré Balzac, né d'hier, à onze heures du matin, au domicile du déclarant, qu'il est son fils et celui de citoyenne Anne-Charlotte-Laure Sallambier, son épouse, mariés en la commune de Paris, VHP arrondissement, département de la Seine, le ii pluviôse an V ; ce qui a été enregistré en présence des citoyens Marg. Dclarue-Bodin, épouse de Marg. Bodin, employé à l'administration départementale d'Indre-et-Loire, demeurant rue de la Caserne, n° 13, section de l'Arsenal et Jeanne Vieillard, sage-femme, veuve de Jean Rouget, drapier, demeurant rue de Locles, n° S, section de la Belle- Fontaine, témoins majeurs.
Le déclarant et la femme Boivin ont signé avec nous. La femme Rouget a déclaré ne le savoir.
Balzac, femme Bodone, Duvivier, officier.
Remarquons en passant que celui qui voudrait connaître exactement le nom de femme du premier témoin, la citoyenne Marguerite Delarue, serait fort embarrassé, car après avoir été appelée Bodin, puis Boivin, elle signe Bodone.
(Collection P. CanHer-Belleuse).