‹ Balzac ignoréChapitre 2 sur 17 · LE PÈKE DE BALZAC · texte numérisé non relu

LE PÈKE DE BALZAC

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du département d'Indre-et-Loire. C'est ce qui explique pourquoi l'auteur du Père Goriot se considérait plutôt comme médirional (1), en dépit de l'affection qu'il n'a témoignée que par intermittence à cette Touraine, « où les douces et tranquilles pensées poussent en France, comme la vigne en la terre ».

Balzac pouvait légitimement se regarder comme Languedocien par son père. Le père de Balzac, en effet, est né, ainsi qu'on l'a récemment établi, le 22 juillet 1746, à la Nougayrié, petit hameau situé à cent ou cent cinquante mètres est de Canezac, dans la commune de Montirat, département du Tarn (2).

Son acte de naissance le porte comme fils de Bernard-François Baissa {sic), laboureur (3).

Quoi qu'il ait prétendu, l'auteur d'Eugénie Grandet n'était donc pas gentilhomme par droit de naissance ; on ne saurait lui contester de l'être devenu par droit de conquête.

(1) Dans une lettre à sa sœur Laure, nous relevons ce passage : << Si vous me donniez rendez-vous sur les bords du canal de l'Ourcq, il ne me faudrait que trois heures de marche pour revenir à ma mansarde et VAlbigeois aurait vu ce qu'il a de plus cher au monde. »

(2) E. BiRÉ, Honoré de Balzac, p. 00 (note).

(3) E. BiRÉ, op. cit., p. 318.

C'est le père de Balzac qui, le premier de la famille, a modifié l'orthographe de son nom et, le premier, semble avoir fait usage de la particule : ainsi l'établit la lettre de part dans laquelle le père de Balzac annonce le mariage de sa fille Laurence, la plus jeune sœur d'Honoré ;

Paris, ce...

M. de Balzac, ancien secrétaire au Conseil du Roi, ex-directeur des vivres de la première division militaire et Mme de Balzac, ont Thonneur de vous faire part du mariage de Mlle Laurence de Balzac, leur fille, avec M. Michaut de Saint- Pierre de Montzaigle.

Si donc quelqu'un a usurpé la particule, ce n'est point Balzac, mais son père (1). Encore celui-ci a-t-il pu s'y croire autorisé par sa situation de secrétaire du Conseil du Roi, situation notable, qui équivalait à la noblesse, si même elle ne la conférait pas (2).

(( Mon père, écrit Balzac, était, sous Louis XVI, secrétaire du Grand-Conseil, dont il rédigeait les arrêts... » Ceci est une inexactitude, légère il est vrai. M. Edmond Biré, qui a eu la patience de dépouiller

(1) Balzac avait la prétention de desceiMire des Balzac d'Entragues, célèbres au temps d'Henri IV (cf. Revue uniterselle, l*' janvier 1903 : Balzac, ses origines, documents nouveaux).

(2) Eclair, 26 mai 1899.

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la collection des Almaymchs royaux, nous a appris que le nom de Balzac n'y figurait point. D'autre part, Mme Surville, la sœur d'Honoré, dit que leur père était non pas secrétaire, mais avocat au Conseil, sous Louis XVI : des deux, auquel entendre ? (1).

Ce que les enfants du père Balzac ont négligé de nous dire, et vraiment on ne saurait trop leur en vouloir, c'est que Bernard-François Balzac — nous adopterons désormais cette orthographe de son nom, modifiée, on ne sait pour quel motif, par l'intéressé — avait fait partie, en 1793, de la Commune de Paris, en qualité d'officier municipal (2).

Pendant la période révolutionnaire, grâce à l'appui d'un conventionnel influent, il avait été envoyé dans le Nord, pour y organiser le service des vivres de l'armée, et c'est ainsi qu'il était entré dans l'administration de la guerre (3).

Balzac père était chargé des subsistances de la 22« division militaire, ayant pour siège Tours (4), lorsqu'il épousa, à Paris, le 30 janvier 1797, Anne- Ci) On a vu plus haut que Balzac père était ou se disait ancien secrétaire du Conseil du Roi ; mais le fait importe-t-il?

(2) V. VAlmanach national de 1793, cité par Biré, p. 93.

(3) V. Le Père de Balzac, par Champfleury [Figaro, 20 août 1881).

(4) Intermédiaire, 10 avril 1874, p. 197.

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Chaiiotte-Laure Sallambier, alors jeune, belle et riche, fille de l'un de ses chefs, directeur des hôpitaux ; le fiancé avait cinquante et un ans.

Peu de temps après le mariage, le nouveau ménage vint s'intaller à Tours et y occupa d'abord le rez-de-chaussée et l'entresol du numéro 25 de la rue de l'Armée-d'Italie, où naquit Honoré (1).

(1) Quelques mois plus tôt, naissait dans la même maison un généreux bienfaiteur de la ville, James Cane, qui fut l'ami d'enfance de Balzac, et qui aida, après la mort de ce dernier, à déterminer le lieu précis de sa naissance. Voici la note qu'il faisait insérer dans le Journal d'Indre-et-Loire, à la date da 25 août 1850 :

« M. Balzac-Sallambier, adjoint au maire de Tours et di- < recteur des vivres de la guerre, habitait rue de l'Armée i« d'Italie, 25, la maison appartenant à M. Damourette, ancien « tailleur, portant aujourd'hui le n" 35 de la Rue Nationale. C'est au rez-de-chaussée de cette maison, présentement occupée par M. Guêche, tailleur, qu'est né Honoré Balzac, ainsi que sa sœur Mme Surville. Ce n'est que quelques années après que M. Balzac fit l'acquisition de la maison où est né Henri Balzac. Ce doit être à l'occasion de la naissance de « ce second fils qu'a été planté l'acacia dont il est fait men- V tion au sujet d'Honoré. »

Au-dessus de la porte d'entrée du n° 35, actuellement n° 39 de la rue Nationale, existe une plaque de marbre sur laquelle on lit :

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