AVANT-PROPOS VII
primitivement adopté, et j'envoyai mon manuscrit à rinstitut.
Je n'éprouvai ni étonnement, ni déception en apprenant, quelques mois après, la décision de l'Académie ; mais je confesse que j'éprouvai quelque surprise en entendant dire autour de moi que j'avais eu le tort de ne pas rester dans les conditions du programme proposé par l'Académie, « qu'elle avait demandé un discours et que j'avais envoyé un volume. »
En effet, c'était bien un volume que j'avais voulu écrire. A quelque temps de là, comme je me trouvais au siège de la Société des Gens de lettres avec 31. de Lovenjoul, que j'étais heureux de remercier des précieux documents fournis par ses travaux sur Balzac, il m'assura que M. Ernest Renan lui avait dit avoir remarqué et signalé à la commission un volumineux manuscrit excédant de beaucoup les conditions du programme, mais paraissant l'œuvre d'une personne qui avait connu et beaucoup étudié Balzac.
Cette opinion de l'illustre auteur de la Vie de Jésus et de ÏAbhesse de Jouarre me flattait trop pour que je n'eusse pas aussitôt l'indiscrétion de lui demander si le manuscrit signalé par lui était bien le mien. C'est à ma lettre qu'il a daigné répondre par celle qu'on va lire.
Trois ans j'ai hésité à livrer ce volume à l'impression, attendant que l'inauguration du monument vînt donner à sa publication une sorte d'opportunité ; — trois ans j'ai tardé à initier le public aux motifs démon ardente et toujours croissante admi-