VIII AVANT-PROPOS
ration pour le grand homme qui en est le sujet, à faire partager, autant qu^il est en moi, aux lecteurs qui ont le goût de Balzac les jouissances intellectuelles, toujours pénétrantes, toujours diverses, toujours nouvelles que j'ai dues aux lectures que j'ai faites de ses œuvres aux différentes époques de ma vie. Enfin, l'heure est venue où en relisant mon travail, en me rappelant tout le bonheur que j'avais eu à le faire, j'en suis venu à me dire que c'était presque un devoir pour moi de ne pas le garder plus longtemps dans un carton.
D'ailleurs, Balzac n'est-il pas encore et sans cesse à l'ordre du jour des esprits qui ont le goût des fortes pensées et des sensations émouvantes ? Ceux qui le liront ou le reliront comme je viens de le relire reconnaîtront avec moi qu'il est bien plus fin de siècle que pas mal de contemporains. D'aucuns même, plus vivement impressionnés par les hautes visées de ce puissant précurseur, pourront le juger déjà vingtième siècle. N'est-ce pas le don du génie d'immortaliser tout ce qui émane de lui ?
La Queue-en-Brie, 12 novembre 1891.
Lettre de M. Ernest RENAX
A Monsieur Julien Lemer, à La Queue-en-Brie [Seine-et'Oise).
Perros-Guirec {Côtes-du-Nord), il juillet 1889.
Monsieur^
Je crois bien, en effet, que le volumineux manuscrit dont je fus le rapporteur, dans le concours Balzac^ est bien l'ouvrage dont vous me parlez. Pour avoir la certitude absolue à cet égard, vous pourriez consulter M. Pingard, chef du secrétariat de V Institut, qui vous dirait en feuilletant les registres si votre travail, qui doit être au secrétariat, est bien celui dont j'ai été le rapporteur. Le procès-verbal de la séance de l'Académie où la question fut discutée doit faire mention de mon opinion sur V ouvrage dont l'examen m'avait été confié. Tout en partageant Vavis de la commission sur l'impossibilité d'admettre au concours un ouvrage