‹ Balzac, l'homme et l'œuvreChapitre 28 sur 69 · Corr., p. 2SQ · texte numérisé non relu

Corr., p. 2SQ

événement de sa jeunesse », une de ses lettres atteste que dès 1821 le clieWonivre de Richardson, dont il recommandait la lecture à sa sœur, lui était familier et cher*. lien a reparlé dix-neuf ans plus tard avec le môme enthousiasme dans un passage de Pierrette qui nous aide à deviner ce qu'il goûtait chez Richardson et ce qu'il a pu apprendre de lui. Dans Pierrette, il met en scène une demi-douzaine d'hypocrites dont les perfidies, les sourdes persécutions font lentement mourir une douce et bonnete fille, et tandis qu'il les montre à l'œuvre, il s'écrie :

Vouloir rendre les circonloculions, les précautions oratoires, les longues conversations où l'esprit obscurcit la lumière qu'il y porte, où la parole mielleuse délaye le venin de certaines intentions, ce serait tenter un livre aussi long que le magnifique poème appelé Clarisse Ilarlowe.

La phrase est de quelqu'un (jui connaissait liien Richardson, et qui sentait tout ce qu'il y a de patiente analyse, de consciencieux et minutieux réalisme chez ce grand peintre de la vie anglaise; mais la phrase est de quelqu'un aussi qui semble un peu trop disposé à lui pardonner ses insupportables lenteurs, ses redites, son besoin de tout dire et de tout expliquer; et s'il est vrai qu'il y a bien des lenteurs et des longueurs chez Balzac lui-même, peut-être est-il permis de |)enser que Richardson n'a pas moins agi sur lui par ses défauts que par ses qualités -.

Comparés à Clarisse Ilarlowe, (jui nous olTrc^ une si

Page 1