‹ Balzac, l'homme et l'œuvreChapitre 32 sur 69 · Carr., p. 21. "t · texte numérisé non relu

Carr., p. 21. "t

ils savent cacher ce que nous ne voulons pas livrer de notre Ame, et seule peut-être la mort l'ait tomber le masque. M. Sully-Prudhomme Ta dit admiraldement dans une de ses Soliliides. la dernière et la plus douloureuse de toutes :

Dans cette mascarade immense des vivants,

Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise;

Faite pour révéler, la parole déguise,

Et la lace n'est plus qu'un masque aux traits savants...

Vraie ou fausse, la doctrine de Gall et de Lavater avait frappé Balzac, et on en trouverait la preuve jusque dans ses chefs-d'œuvre, où il a si attentivement étudié l'extérieur de ses personnages et tâché, si je puis dire, d'expliquer le dedans par le dehors. Peut-être en trouve-t-on une preuve encore plus directe dans quelques-uns des petits écrits qu'il publiait en 1830 ou 1831, FAnde de mœurs par les gants, Traite de la vie élégante. Théorie de la démarche '. Y joindrai-je sa Physiologie de la toilette, ((ui dat(; du même temps? Ici, je crois sentir rinllucncc d'un autre maître, celle de Brillât-Savarin, l'auteur de cette Physiologie du goût (pii est un livre presque célèbre et qui venait de paraître en 182!i. Balzac était grand admirateur de Brillât-Savarin. Moins docte et moins p(''daiit (jue Lavater ou Gall, Brillat-Savarin est lui aussi, à sa manière, un physiologiste; il est même uniquement cela, puisqu'il n'a observé dans l'homme que ce que sa vie a de plus matériel ou de plus animal, l)uisqu'il ne l'a vu et ne nous l'a montré qu'à table, une serviette sur les genoux et la fourchette à la main. Mais il l'a bien vu sous cet asi)ect-là; cl ni sa Une sensualitt-, ni sa bonne humeur, ni son goùl des iqihorismes n'ont

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