Leltreu à l'EIrttngi're, p
sent d'année en année croître son irritation. Il s'irrite de ses difficultés d'argent, des procès que lui font ses éditeurs, des critiques que Janin et Sainte-Beuve ne lui ménagent pas. Son orgueil souffre; il souffre de voir son œuvre contestée, de voir ses romans lus à l'étranger plus qu'en France, et de constater qu'en 1839, au bout de six ans, Eugénie Grandet attend encore sa seconde édition, t Voyez, écrit-il à M""' Hanska, comme la société tout entière s'entend pour isoler les supériorités, comme elle les chasse sur les hauteurs... Les indifférents épousent les calomnies que répètent les envieux et que forgent les ennemis. Personne ne nous secourt. Les masses ne nous comprennent pas: les gens supérieurs n'ont pas le temps de nous lire et de nous défendre. La gloire illumine la tombe, la postérité ne nous fait pas de rentes, et je suis tenté de m'écrier, comme ce counlry gentleman qui dans les discussions entendait toujours j)arler (i'(>lle et qui moule à la Iriltuuc pour dire : J'entends toujours parler de la i)ostérité; je voudrais bien savoir ce que cette puissance a déjà fait pour l'Angleterre K >
Voilà Balzac dans l'intimité, entre trente-cinq et quarante ans. Plus tard, après 1840, le ton de ses lettres est plus chagrin encore; il écrit : « .le commence à prendre mon cher pays dans une exécration profonde » ; il parle des « accès de misauthroi)ie » dans lesfjuels il tombe'-. Kt de tels aveux exi)li(|ucnt eu partie le sombre coloris de ses ouvrages; ils nous aident à compi-endre le pessimisme du romancier.
1. IjUIvcs (I l'Elranr/ric, |i. :i."i(). — l'n ji'ur, il .i:iiiii|ic ;ivcc Gozlan dniis le f^rcnicr des .hinlics en lui disiiiil : ■■ N'eue/, allons cracilcr sur l'ai'is ■• (llahac chez lui).