Corr., p
eux deux, Monnier lui répondit avec calme : c Avancemoi cent sous sur Taffaire * . »
Quand Balzac était à court de conceptions financières ou industrielles, il lui restait encore deux sûrs moyens de faire fortune, deux < petites Californies » : la politique et le théâtre.
Il faut admirer les hommes graves qui consacrent des articles de revues aux < idées politiques » de Balzac, comme si dans leur incohérence et leur incertitude elles méritaient d'être discutées. Mais à coup sûr, si quelqu'un prend un jour la peine d'écrire une bonne et complète biographie de Balzac, l'histoire de ses ambitions politiques n'en formera pas le chapitre le moins piquant 2. Dans sa très belle lettre d'août 1832 que j'ai citée, se rencontrait un mot qui a pu surprendre. Parlant de sa mère et de tout ce qu'il est décidé à faire pour lui prouver sa tendresse, Balzac s'écriait : < Je lui sacrifierai mon avenir politique! » Peut-être ne savait-on pas qu'en 1832 il eût un avenir politique. Il avait, en tout cas, un passé. Il avait posé sa candidature aux élections législatives de 1831, et même, pour plus de sûreté, dans deux arrondissements, celui d'Angoulôme et celui de Cambrai ; il l'avait posée de nouveau en juin 1832, à Ghinon; et à chaque fois il avait été battu avec éclat, sans avoir obtenu une seule voix, sans que son nom figurât dans les procès-verbaux du scrutin. Mais bien loin de faire à sa mère le pénible sacrifice auquel sa lettre fait allusion, on le voit s'affermir dès lors et chaque jour davantage dans ses espérances. Il