Il s'y est présenté deux fois sans succès
3. Cette fois encore, il n'est pas même nommé dans le procèsverbal de l'élection ; s'il a eu quelques voix, elles sont parmi les « voix perdues ». Quelques jours avant l'élection, il écrivait noblement au Club de la Fraternité : « 11 y a des hommes que les votes vont chercher, il y en a d'autres qui vont chercher les votes », etc.
qu'il allait lui devoir. Mais comment refuser des millions si désirés, si nécessaires? « J'ai pris, écrit-il en 1832 à sa mère, bien à contre-cœur et dans le but de me tirer tout d'un coup d'affaire, le parti de composer deux ou trois pièces de théâtre. C'est le plus grand malheur qui puisse m'arriver; mais la nécessité est la plus forte, et il est impossible de m'en tirer autrement. Je verrai si je ne pourrai pas me servir de quelqu'un pour ne pas compromettre mon nom. » Et en effet, il se choisit des collaborateurs qui, au besoin, seraient ses prêtenom; Jules Sandeau, Victor Ratier, puis ce Lassailly dont la falotte silhouette est si plaisamment dessinée dans Balzac en pantoufles, et qu'il réveillait à deux heures du matin pour lui développer des idées de pièces. Chaque année ou chaque mois, il a en tête une pièce nouvelle ; et qu'elle s'intitule Gina, Riehard-Cœur-d' Éponge, Don Philippe et Don Carlos, les Courtisans, la Grande Mademoiselle, Joseph Pradhomme, ou bien Prudhomme bigame, il est entendu que les Parisiens c viendront voir jouer cela cent fois », et que sa fortune est faite. < Cela ira d'abord à la Porte-Saint-Martin, mais il est impossible que cela n'aille pas à la scène française; c'est magnifique*! » Quelques mois avant sa mort, il écrivait encore à un ami : c Une scène écrite par jour fait trois cent soixante-cinq scènes par an, qui font dix pièces ; en tombât-il cinq, trois n'eussent-elles que des demi-succès, resterait encore deux succès qui feraient un joli résultat. > — Le malheur est qu'il n'a écrit aucune des pièces dont je viens de citer les titres, et que de celles qu'il a fait jouer, Vautrin, les Ressources de Quinola, Paméla Giraud, la Marâtre, aucune n'a eu même un < demi-succès ».