‹ Balzac: l'homme et l'œuvreChapitre 53 sur 73 · Lettres à VÊlrangere, p · texte numérisé non relu

Lettres à VÊlrangere, p

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pas plus ému en contemplant Francesca sur le seuil de sa villa, au bord .du lac de Constance, que ne l'avait été Balzac, lorsque, à Genève, < au fond de cette cour dont les moindres cailloux étaient gravés dans sa mémoire », il avait vu à une fenêtre le « doux visage > de M"® Hanska *. Cette Francesca qui promet à Savarus de l'épouser dès que son vieux mari lui aura fait la grâce de mourir, ce Savarus qui lui fait serment d'arriver à la fortune et à la célébrité pour se rendre digne de sa chère « Étrangère », que disent-ils, que sentent-ils, que n'aient dit et senti Balzac et M"»® Hanska ? 11 a repris les choses d'un peu plus haut dans un autre endroit du môme livre et dans Modeste Mignon; il y est remonté jusqu'à l'origine de leur liaison . M"« de Watteville s'éprend de Savarus sans l'avoir vu, en lisant une nouvelle qu'il vient de publier; en lisant des vers de Canalis, et sans l'avoir vu, Modeste s'éprend du poète, et, de loin, entre en correspondance avec lui. Ainsi avait fait M™« Hanska, et voyez comme le rapprochement se précise dans Modeste Mignon, Canalis dédaigne ou n'a pas le temps de répondre aux lettres de la jeune inconnue; il laisse ce soin à son secrétaire, Ernest de la Brière, en sorte que Modeste lit la fine et tendre prose du secrétaire en croyant lire celle du poète, et que, croyant s'attacher à Canalis, elle s'attache en réalité à la Brière : quiproquo sur lequel repose toute l'action du roman. Balzac avait d'abord agi comme Canalis ; quelques-unes de ses premières réponses à Mn»« Hanska n'étaient point de sa main, mais d'une main amie 2, et il n'a eu qu'à se rappeler sa petite ruse ^,

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