Balzac, par M"' Surville
3. Le Poitevin de l'Egreville» Horace Raisson, Etienne Arago.
4. Corr,^ p. 42. — Il y avait alors, dit-il dans une de ses lettres de 1822, « disette de romans ». Toutefois, pour la Dernière fée
trop faible encore pour lui donner l'indépendance et convaincre ses parents, qui ne se consolaient toujours pas de n'avoir pas un fils notaire. Il maudissait la nécessité où il se voyait de faire t de la littérature marchande ». « Je commence à tâter et à reconnaître mes forces. Sentir ce que je vaux, et sacrifier la fleur de mes idées à de pareilles inepties! c'est navrant! Ah! si j'avais la pâtée, j'aurais bien vite ma niche, et j'écrirais des livres qui resteraient peut-être * ! »
Était-il bien déjà en état de produire de ces livres qui restent, déjà mûr pour les chefs-d'œuvre? On en peut douter. Quoi qu'il en soit, dans l'espoir de s'affranchir en s'enrichissant, et encouragé, entraîné par un ami qui s'off'rait à lui avancer les premiers fonds, en 1825 il se lance tête baissée dans des entreprises commerciales auxquelles il n'entend rien. 11 s'associe avec le libraire Urbain Canel pour l'édition d'un Molière et d'un La Fontaine in-8® qui lui coûtent près de 10 000 francs et dont il ne se vend pas, en un an, c vingt exemplaires >. Pour se rattraper, il achète une imprimerie et s'y installe, rue des Marais-Saint-Germain (rue Visconti), laissant à Barbier, ancien prote, le soin de la partie technique, et se réservant celui de la comptabilité pour laquelle il se sent une vocation spéciale. Au bout de deux ans, l'actif de la maison est de 67 000 francs et le passif de 113000. 11 s'entête, il prend un nouvel associé, Laurent, et à l'imprimerie qui périclite il joint une fonderie de caractères. Mais les commandes sont rares, les clients payent mal, les créanciers se fâchent,
ou la nouvelle lampe merveilleuse, les frais d'impression furent à sa charge {Une page perdue de H. de Balzac, par M* de Spœlberch de Lovenjoul).