‹ BambuseaeChapitre 14 sur 94 · VIII. Bibliographie · texte numérisé non relu

VIII. Bibliographie

Planche I. Phyllotachys Henonis.

Voir les Annonces sur la couverture (me page)

Se ne

Les Rambous de l'/ frique centrale.

Chacun appréciera combien sont intéressants les détails suivants que

le Commandant Ch. Lemaire veut bien nous permettre de publier. Nous

lui exprimons ici tous nos remerciements. Ceux de nos lecteurs qui le connaissent ne seront pas étonnés de sa complaisance, ils savent que l’on trouve toujours le Commandant Lemaire sur la brêche, quand il peut être utile.

Comme simple voyageur africain, nous écrit M. le Commandant Lemaire, je me suis borné à signaler les bambous quand l’occasion m'était donnée d’en voir. J’exprimai aussi à diverses reprises le regret de ne pas voir tiénpasti au Conso - de cette merveilleuse essence. Il est bien vrai qu'on en fait de jolis buissons, voire de très belles allées dans certaines stations, même dans quelques points, Ô merveille, on les utilise dans les constructions, mais jusqu'ici on a abandonné à la bonne volonté de cha- BUT:

1° le développement du bambou dans les diverses régions du Congo ;

2Memploi de cette graminée.

Aussi trouve-t-on le bambou en très peu de stations alors qu’on devrait le voir partout ; que dis-je, on devrait le planter non seulement dans les postes, mais le faire planter dans tous les villages.

Il vous intéressera de savoir que les premiers bambous cultivés au Congo le furent à Léopold-Ville; ils y avaient

été apportés par Stanley. Ce grand voyageur, si connu de

beaucoup -de gens comme un « conquistador », ne marchant que l'arme à la main - ce qui ne fut certainement pas - l’est moins comme colonisateur. On sait moins comment il s'intéressa toujours aux productions naturelles du

pays et comment il fut l’introducteur de nombreuses es-

sences botaniques, par exemple le café, le cacao, le bam-

bou à nœuds etc... Il apporta même à Léopold-Ville deux

cocotiers qui furent célèbres. Ce fut des buissons de bambousde Léopold-Ville que nouseûmes des boutures pour la

station de Coquilhat-Ville, dont je fus le fondateur.

Dans une conférence donnée à la S d'Études Coloniales de Bruxelles, en 1894, je m’exprimais comme suit :

« Le Bambou de Chine, ou plus exactement le Bam- « bou d'Inde, nous fut envoyé de Léopold-Ville en boutu- « res. On sait que son introduction y est due à Stanley. « Le bambou se reproduit en Afrique comme la canne à « sucre : On coupe une jeune tige en morceaux munis cha- « cun d'un œil et on pique ces morceaux en terre. La crois- « sance est rapide, le Bambou de Chine fournit pour les « constructions des matériaux réguliers, légers, solides. « Des envois ont été faits en Belgique à l'effet d'essayer « leur utilisation comme bois de lance. On sait combien « l’industrie des meubles légers et de la vannerie utilisent « le Bambou d'Inde. »

Au cours de mon voyage au Ka-Tanga nous eûmes l’occasion de camper dans une forêt de Bambous &’Inde. Page 91 de mon « Journal de route de la mission scientifique du Ka-Tanga, 1'° section » on lit :

« Nous gagnons le point où nous camperons au bord de « la Lou-Fonzo, à proximité d'un angle de hauteurs rap- « pelant le Ba’n’gou à Ki-M’ péssé. Le terrain, très pier- « reux est couvert d’une véritable forêt de Bone d'Inde. « Malheureusement le feu annuel des herbes arrête cette

« superbe graminée dans ses efforts de croissance et néan- « moinsil ya des tiges de la grosseur du poignet et de 10 à 12

« mètres de hauteur. Si le feu les respectait on aurait là « de superbes matériaux; seulement l’indigène - par igno- « rance sans doute - en néglige absolument l'emploi. » Page 08 du même journal je signale « l'existence de « Bambous d'Inde, toujours grèles, dans la galerie bor- « dière du ruisseau Mo-Alala, tout contre le Lou-Alaba » Dans la suite de notre reconnaissance dans le Ka-Tanga nous devions trouver l’occasion de voir de très beaux Bambous d'Inde aux gorges du N’Zilo. Non loin de ce point nous avions pu assister à la réduction de la malachi-

te par des fondeurs indigènes; les tuyères de leurs soufileries étaient lormées de beaux tronçons de bambou.

A cela se bornent mes constatations au cours de la mission du Ka-Tanga.

Pendant mon dernier voyage (mission Congo-Nil) je ne vis pas de bambou dans tout le bassin de l’Ouéllé, pas

. même dans les postes où on a continué à en négliger l’in-

troduction. Mais nous trouvâmes le Bambou d'Inde en plus où moins grandes masses dès que nous iranchîmes la lione de faite Congo-Nil.

Généralement l’essence aime à se développer en galerie le long des cours d’eau. Toutelois on la trouve aussi en bouquets à travers la brousse.

Tantôt ces bouquets sont faits de tiges vigoureuses, tantôt de tiges très - grêles. Il existe aussi des points couverts d’une véritable forêt de Bambous d'Inde. Nous élevâmes une de nos stations dans un pareil site, pas bien loin du coin Nord-Ouest de l’Enclave de Lado, exactement par 30° Est de Greenwich et 5° de latitude Nord. Cette station recut le nom de «Station des Bambous». Lesiteétaitextrèmement pittoresque, très montagneux, arrosé par la«Raille», affluent de gauche du Yé-Yi qui se jette dans le Nil. Les agents de la «Station des Bambous» mangeaient detempsà autres des jeunes pousses de bambou ; elles exigeaient un très long temps de cuisson.

Sur la rivière Méridi nous construisimes une station

. dénommée «Bel-Air»,qui put employer de superbes bam-

bous fournis par une autre forêt se développant à 6 ou 7 kilomètres au Sud de la station. Celle-ci est située par 29° 27 de longitude Est de Gr. et 455’ de latitude Nord. La Méridi est un affluent direct du Bahr-el-Ghazal.

Dans les vallées du Yé-Yi, du Yalo, de la Méridi etc. les indigènes utilisent beaucoup le Bambou à nœuds, mais ils ne font rien pour en planter soit dans leurs villages, soit le long des ruisseaux où ils font leur aiguade.

Dans plusieurs des stations créées par la mission Con-

= He go-Nil je is planter beaucoup de bambous ; ce fut le cas pour la station des Rapides Strauch (M’volo) sur le Yälo par 6°3’ de latitude Nord et 29° 38 de longitude Est de Gr. En cette station les turions de bambou nous étaient apportés par les indigènes de race « Lôri » qui les allaient cueillir à une journée au Nord-Est du poste.

La plupartdecesturionsreprirent vigoureusement;nous les avons plantés dans des espèces de lagunes formées par le Yalô, ou plus exactement par des ruisseaux à sec pendant la saison sèche.

A la station des Rapides Lambermont, par 5° 25’ de latitude Nord et 30° 20’ de longitude Est de Gr. je fis également apporter des plants de bambou qu'on allait chercher près des Monts Renard, sur la rive droite du Yé-Y1. Je üs aussi planter des bambous à la station de Wandi, au con- Îluent Yé-Yi-Toré, par 4° 38’ de latitude Nord et 30° 29’ de longitude Est de es on alla les chercher dans un massif de bambous à quelques heures à l'Ouest du poste.

Enfin, à la station des Tulipiers, par 4° 27 de latitude Nord et 29° 59° de longitude Est de Gr.,on employait des bambous qu’on allait chercher à une journée de marche au Nord du poste.

Comme on le voit nous ne trouvâmes au Bahr-el-Ghazal que des bambous indigènes. Malgré l'importance qu’il y aurait à introduire dans tous les postes ces merveilleux matériaux de construction, rien n’a été fait Jusqu'ici dans ce sens. Le personnel de PEtat Indépendant dues semble ignorer tout ce qu'on peut faire avec les beaux Bambous à nœuds ; on peut en construire une maison toute entière, y compris le mobilier ; on en lait des ponts solides, légers : on en consomme la sève, less en poste des Rapides Lambermont nous construisimes une des maisons en employant pour les cloisons des bambous jointits ; c'était très propre et très couleur locale.

Je signalerai encore qne les Lôris du Yâlo et les Miza de la ne du Yé-Yi, utilisent les Bambous à nœuds pour en faire des échasses ; on se contente de garder deux bourreletsdes nœuds, en forme de bec decorbin,qui servent d’ap-

pui pour les pieds. J'ai envoyé de ces échasses pour le Musée de Tervueren où on peut les voir.

Je ne fis aucune observation relative à la floraison des

bambous, ignorant alors l’intérèt que présentait le phénomène.

L’intéressante note du Commandant Lemaire que l’on vient de lire montre que les espèces de bambous doivent être nombreuses dans le bassin du Congo et . du Haut Nil.Nous nous permettrons de mettre ce fait en lumière en nous servant des expressions de l’auteur.

À) « Au cours de mon voyage au Ka-Tanga nous eûmes l’occasion de camper « dans une forêt de Bambous d'Inde » Il est probable qu’il s’agit ici d’une espèce indigène du Ka-Tanga, plutot que du Bambusa vulgaris, Wendland, dit « Bambou d'Inde. »

B) « Ye signale l'existence de Bambous d'Inde,toujours ,rèle dans la galerie bcrdière du ruisseau » Il y a tout lieu de croire que ceci est une autre espèce qui au lieu de s'étendre en forêt, est confinée dans le voisinage des cours d’eau.

C) « Nous devions voir de très beaux Bambous d'Inde aux gorges du N’Zilo. » Cette espèce de montagne est prchbablement différente des deux premières.

D) « Toutefois (dans le bassin du Niljon la trouve aussi en bouquets à travers la « brousse, tantôt... fatts de tiges vigoureuses, tantôt de tiges gréles. » Ici encore l’auteur décrit l’aspect de deux espèces qu'il ne doit pas avoir rencontrées ailleurs.

E) « Dans les vallées du Yé-Y1....…… les indigènes utilisent beaucoup le Bambou « à nœuds. » Ceci constitue encore un type à part et en jugeant par analogie de ce que nous savons des autres contrées tropicales, en considérant aussi que les espèces non cultivées se circonscrivent généralement dans une aire restreinte, dans des conditions de développement étroitement définies, nous en arrivons à penser que le Commandant Lemaire a dû rencontrer bon nombre d’espèces de bambu. sacées au cours de ses deux voyages. Nous ne croyons pas exagérer en disant six espèces, peut-être bien davantage. Pour que l’explorateur qui traverse le pays en ait vu autant, combien n’en faut-il pas qui soient encore insoupçonnées dans les étendues immenses du Congo et du Haut-Nil ?

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