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DES

Bambous Rustiques envisagés comme Plantes Rhizomateuses.

La concision d'expression, la complication des détails que l'on a sans doute remarquées dans l’article concernant la culture, publié pages 14 à 21 du numéro de janvier de ce Bulletin, nous a suggéré l’idée de donner quelques

US explications à l'usage des jardiniers et des praticiens (1).

Les bambous rustiques que nous cuitivons en Belgique appartiennent à un petit nombre de genres, tous compris dans la sous-tribu des Arundinariae ; les trois principaux sont : les Phyllostachys, les Arundinaria et les Sasa. Au point de vue horticole, ils sont caractérisés par un feuillage persistant et des rhijomes longuement (racants.

Leurs phénomènes végétatiis sont de même ordre que ceux de nos plantes rhizgomateuses indigènes ; nous dirons donc tout d’abord un mot de celles-ci, puis nous les comparerons à nos bambusacées.

Nos plantes rhizomateuses indigènes émettent au printemps des branches axillaires aériennes improprement appelée figes, qui naissent d’un bourgeon du rhizome. Elles prennent tout leur développement dans un laps de temps relativement très court, alin de pouvoir fleurir, fructifier et remplir la méme année mneerme fonction caractéristique. Ce rôle particulier aux branches axillaires aériennes est d'élaborer la substance qui formera le nouveau rhijome. Nous y insistons tout particulièrement parce qu'il est, au point de vue individuel, le rôle le plus important de la partie aérienne de ces plantes vivaces. [1 s'ensuit que la durée de croissance de la branche axillaire aérienne est nécessairement courte ; parce qu'elle doit être prête à élaborer toute la substance qui formera le nouveau rhizome et s’y emmagasinera avant la période froide qui arrive promptement dans nos climats. Cette rapidité de croissance est possible parce que le rhizome des années précédentes Contient enrésementae grande partie des matières dont la bande axillaire sera formée. |

Les bambusacées que nous cultivons en pleine terre, et

les Phyllostachys en particulier, offrent des phénomènes

(1) Nous remercions M. Drion d’avoir assumé cette tâche que nous consi-

dérions comme indispensable. Le développement de certaines parties trop condensées ou à peine effleurées s’imposait. N. D. L.R.

: D A aa

vévétatits tout-à-fait semblables. Leurs branches axillaires aériennes appelées chaumes sont, au contraire, persistantes. De plus, la rareté extrême de fructilication commande encore plus impérieusement le rapide développement des chaumes, pour assurer la nutrition et la multiplication des rhizomes : le seul mode de reproduction de ces plantes pendant de longues périodes.

Toutelois, nos bimbusacées ayant un feuillage persis- Hdnb ce qui est une exception chez les plantes rhizomateuses leurs chaumes peuvent se développer complètement avant de porter des feuilles : celles des chaumes des années précédentes emploient toute leur activité chlorophylienne au profit des jeunes chaumes naissants du même rhizome.Il en résulte que,nos plantes rhizomateuses à tiges annuelles développant des feuilles avant ou en même temps que leur tige, celle-ci se suffit à elle-même ; Éboque, les, bambusacées qui développent des tiges atteignant leur hauteur et leur volume avant de porter des feuilles, doivent conserver le ieuillage de l’année précédente pour fournir une bonne végétation. Nous comstitons en ellet que si l’on coupe chaque année tous les chaumes des bambusacées, ces plantes dépériscnbetmeurent. [en est de même si la rigueur des : hivers fait périr plusieurs années de suite toute leur pémmetaemenne. Comme l'épiderme des chaumes de bambou contient de la chlorophylle et peut suppléer dans une certaine mesure au manque de feuilles, il ne . faut jamais couper les chaumes qui ont souïiert de la Reclée avant qu'ils né soient jJaunis et complètement desséchés. Nous avons souvent constaté que des chaumes qui paraissaient morts au printemps reverdissaient dans le courant de l'été.

Lorsque l’élongation du jeune chaume est terminée, il ne tarde pas à se couvrir de feuilles, il commence à élaborer les matières nutritives qui constitueront les nouveaux rhizomes. Ceux-ci peuvent se développer soit des bourgeons que le jeune chaume porte sur sa partie souterraine,

placés distiquement comme ceux de la partie aérienne, soit d’une partie des bourgeons portés par les rhizomes des années précédentes. Les rhizomes, en effet portenemaes bourgeons qui peuvent se développer les uns en chaumes les autres en rhizomes. Certains de ces bourgeons se développeront donc en longs rhizomes, en partie dans le courant de l'été et en partie pendant l’une des trois années suivantes. C’est là ce qui constitue l’activité de sa fonetron: caractéristique de branche axillaire, activité hante quatre années. Après cette période, tous les bourgeons souterrains des chaumes et des rhizomes sont allongés ou avortés. |

Le rhizome qui sort de ces bourgeons est longuement tracant quand les conditions de sol, d'humidité et de chaleur sont convenables, et que la plante est établie depuis quelques années. Il constitue la véritable fige souterraine de la plante, la partie principale qui s'allonge indéfiniment par la pointe. Il porte lui-même comme nous l’avons dit, des bourgeons axillaires capables de se développer les uns en branches aériennes munies de feuilles, puis pariois de fleurs, les autres en rhizomes.

Quand cette tige souterraine. ne rencomemenenn obstacle, elle poursuit sa route dans une même direction, conservant dans le sol une profondeur qui est propre à chaque espèce et par conséquent très vamable Aene4ne Phyllostachys nigra,le rhizome ou tigesouterraine affleure presque ; chez l'Arundinaria Simon il cheminée pariois à un mètre de profondeur. On peut dire d’une façon générale que le rhizome des Phyllostachys reste près de la suriace et que celui des Arundinaria s'enterre beaucoup -plus. Il en résulte: 1° que les Phyllostachys sont beaucoup plus sensibles que les Arundinaria à la transplantation et

au rechargement du sol où vécètent leurs rhizomes ; 2° qu'ils souffrent les premiers de la sécheresse, parce qu'ils

n’explorent que la couche superticielle du sol. Les racines qui naissent des nœuds des rhizomes sont en eflet courtes,difiérant par là beaucoup de celles qui par-

tent de la base des chaumes, ces dernières sont parilois très longues.

Lorsque les rhizomes rencontrent des obstacles, ils cherchent à les éviter en passant au-dessus : c’est ainsi qu'ils émergent pariois, repoussés hors du sol par des pierres, des amas de racines ou de rhizomes morts ou d'autres causes. [ls font alors un arceau puis se replongent dans le sol. Si le terrrain est en: nbré de racines mortes et de vieilles souches de chaumes, on comprend aisément que les rhizomes ne pourront plus s’y développer à l'aise et que la plantation dépérira.

Le rhizome étant la partie essentielle, le #7agasin de la plante, il est nécessaire que le cultivateur s'attache surtout et d’abord à en favoriser le développement souterrain ;, car ce sont seulement les bambous possédant de gros et forts rhizomes qui pourront donner dans la suite de vigoureuses branches axillaires aériennes — des chaumes élevés.

Nous passerons donc rapidement en revue les conditions favorables à la production et au développement de forts rhizomes.

. Les bimbous sont assez accommodants sur la nature du sol où ils végètent : terrain calcaire, siliceux, meuble, compact, nous les avons vus prospérer partout. La pointe des rhyzomes, couverte de gaînes imbriquées, très résistantes, parvient à percer les sols les plus durs, voire mème le macadam des chemins. Cependant, les terrains argilo-sableux moyennement compacts, leur sont les plus favorables dans nos climats froids. La préparation du sol telle qu’elle a été décrite minutieusement pages 15 et 16 est évidemment excellente et elle permettra d'obtenir de bons résultats, comme on commence à les voir à l’Ermitage ; mais, sans prendre autant de peine on peut espérer une bonne végétation, et nous irons même jusqu'à dire que lors de nos débuts, sans prendre aucune autre précaution que celle de ne pas enterrer trop les plantes, nous n'en avons jamais perdu aucune. Nous avouerons

cependant que nous n’obtenons un résultat satislaisant que depuis que nous préparons, défonçons, épierrons et amen-

dons le sol avec soin. Nous soignons particulièrement

l’épandage des engrais depuis quelques années. Le fumier de ferme en paillis minces, l’engrais liquide, nous ont donné d'excellents résultats, le phosphate basique, le sullate d'ammoniaque appliqués chacun à la dose de cinquante orammes par mètre carré nous ont donné une végétation vigoureuse et bien verte. Peu de jours après l'épandage du sulfate d’ammoniaque, le feuillage des plantes devient vert sombre, fe rhizome est mieux alimenté et l'année suivante les chaumes sont plus vigoureux et plus élevés. Le nitrate de soude nous a, au contraire, toujours donné des résultats néfastes.

Nous pratiquons largement l irrigation qui nous paraît répondre suffisamment à tous les besoins des bambous sous notre climat, mais nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de suivre les conseils donnés page 21 au sujet de l'emploi d’arrosages à l’eau chaude. Sur ce point important, nous ditférons d'avis et nous attribuons le succès des cultures de bambous de l’'Ermitage à l'emploi de paillis de fumier pour maintenir l’humidité apportée par les arrosages, et à l'excellente préparation du sol avant la plantation. Dans la région Nord du Japon où Ph. Quiliot, donne encore des produits commerciaux, la température moyenne des mois d'été est voisine de 20° centigrades. Pendant les périodes de sécheresse que nous traversons en Belgique, celles ou l'irrigation devient nécessaire, l'eau de nos rivières, de nos canaux et de nos mares est ordinairement à la température de 18° à 20° et même davantage, ce qui correspond à peu près à la température des eaux de pluie au Nord des districts du Japon où D cultive encore des espèces de grande taille.

En outre, pour bien prospérer les plantations de bambous exigent dans l’aménagement le maintien d’un couvert complet pour conserver un épais ombrage sur le sol. Aïnsi donc, dans les conditions de culture les plus favo-

age -grédanir earth véto étre

rables il existe unedifférence sensible entre la température recue par le feuillage et celle du sol de la plantation. Ces conditions ne sont plus réalisées par des touffes isolées et ce serait aggraver les défauts de leur situation que d'employer des moyens artiliciels pour favoriser l’'échauffement du sol dans la zone parcourue par les racines.

Nous pensons donc que cet échaulfement artificiel s’il n’est pas nuisible, n’est pas indispensab:2 ur obtenir une bonne végétation.

(A suivre.)

Essai de groupement des Arundinariae.

Les difficultés de la détermination des Arundinariae proviennent du polymorphisme de ces plantes, des affinités nombreuses et étroites qui les unissent et de la rareté de la floraison. Le polymorphisme se manifeste : 1° par des modifications profondes entre le « facies jeune » et le « facies adulte » de toutes les espèces ; 2° par les moditications que ces deux facies subissent suivant la nature du sol, les soins de culture et le climat. C'est à tel point que soivent des individus jeunes d'espèces différentes ont plus d’analogie entre eux, qu'avec des touffes adultes de leur Espèce. |

lenerésulte une grande difhculté, de donner de ces végétaux une description comprenant leurs caractères distinctits aux divers stades de développement ; cette description devant comprendre la forme jeune, l'aspect adulte et le port pendant la floraison. Même ainsi donnée, la description est encore peu satisfaisante, puisque pendant une longue période de sa vie la plante passe insensiblement du premier état au second. Ce qui précède fait ressortir

seulement les difficultés auxquelles on se heurte quand on étudie une espèce se développant dans des conditions spéciales de culture ; mais si, changeant de sol ou de climat, on l'examine ailleurs, on constate que les difficultés de description que l’on croyait avoir vaincues, se montrent denouveauetqueletravail que l’on avaitélaboré avec la plus scrupuleuse exactitude est incomplet ici, inexact ailleurs.

Quelques exemples typiques feront mieux ressortir encore les conséquences du polymorphisme et des affinités qui peuvent mettre en défaut les observateurs et rendre insuffisantes les meilleures descriptions.

Quand on se promène dans une prairie au mois de Juin,on différencie avec la plus grande facilité les diverses graminées qui y fleurissent, notre œil note avec aisance les particularités de port de chacune ; mais si, repassant en Novembre ou Février le même promeneur cherche à reconnaître les espèces qu'il a vues quelques mois auparavant, combien en reconnaîtra-t-il ? N'y en a-t-1l pas un bon nombre qu'il coniondra dans une même appellation

sans pouvoir les différencier ?

La même difficulté se présente pour les bambous: l'an dernier un botaniste distingué, habitué à l'observation minutieuse et aux recherches les plus délicates concernant la classiication des espèces, nous entretenait de la végétation des plantes qu'il cultivait sous les noms de Phyllostachys mitis et Quilioi, Rivière. Ne pouvant comprendre la portée de ses remarques nous lui avons demandé quelles différences existaient entre ses plantes. Après examen il nous écrivit en nous demandant comment ces deux espèces se distinguaient. Au recu du tableau de diftérences et des matériaux de détermination que nous lui avons envoyés, il nous a répondu que toutes ses plantes étaient des Phyllostachys Quilioi.

Autres exemples : un amateur érudit qui étudie et cultive les bambous depuis nombre d'années nous avait envoyé une plante en 1903. Une année plus tard il la vit à l’Ermitage et pendant qu’il l’examinait attentivement nous avons eu la conversation suivante : « Voici, me dit-il, une

m DS

; Re espèce que je ne possède pas. Je vous l’enverrai, lui répondis-je ; l'avez-vous donc perdue, car elle vientdechez vous, c'est le disficha? Est-ce possible, me dit-il, il est si modifié que je ne le reconnaissais pas. »

Dans le Bulletin du Muséum d'histoire naturelle de Paris, 1904, N° 8, p. 575, M. le Professeur Ed. Bureau s’exprime ainsi ; « J'ai été longtemps sans pouvoir reconnaître le Phyllostachys aurea, Rivière, malgré le caractère que m'avait signalé M. C. Rivière en m'envoyant un jeune pied : les nodosités de la base de la tige ; mais un beau jour, l'ayant constaté facilement sur diverses toufles vieilles d’une quinzaine d'années, je l’ai retrouvé sur bien d’autres, et J'ai ini par voir que je possédais le Phy/lostachys aurea de cinq provenances différentes sous divers noms. »

Nous avouerons sans aucune honte que nous avons dû examiner le Phyllostachys milis, Rivière des centaines de fois en Angleterre, Belgique, France et Italie avant de le reconnaître toujours facilement. Bien plus, l'an dernier en choisissant à Praïrance des touffes de Phy{lostachys virtdi-claucescens, Rivière, nous avons marqué et fait expédier un groupede tiges qui étaient du Phy{lostachys Quilior. Il n'est donc pas étonnant que l’on trouve chez les horticulteurs certaines espèces sous plusieurs noms et pariois aussi plusieurs espèces sous le même nom. Nous sommes du reste bien convaincu que si nous étions appelé à étudier dans leurs stations naturelles les espèces qui nous sont maintenant familières, nous serions plus d’une fois décon- certé par leur aspect au point de croire que nous rencontrons des :spèces nouvelles pour nous. En voici une preuve : nous avons reçu du Japon l’an dernier des plantes de bambous auxquelles il a fallu toute une année pour prendre le « facies européen » nous permettant de les identifier avec certitude. Ce facies qui nous est familier est donc parfois très différent du « facies Japonais » des mêmes espèces.

Les descriptions basées sur l'examen d’un petit nombre de toufies et surtout de jeunes sujets sont forcément incom-

plètes ; mais il faudrait bien se garder de les considérer comme inexactes, parce que l’on aurait examiné des plantes de même espèce présentant des caractères différents.

En résumé l’examen des plantes vivantes est souvent le meilleur moyen de comprendre les détails d'une description. Lisez L. Van de Polder (Bul. du Musée colonial de Haarlem Mars 1894), les descriptions des plantes qui vous sont familières vous apparaîtront comme exactes et précises (sinon complètes) dans leur concision ; tandis que vous aurez peine à vous rendre compte de l'aspect des plantes qui vous sont inconnues. Sans avoir de prétention scientilique ces descriptions sont cependant parmi les plus claires que l’on ait écrites.

Nous croyons pouvoir affirmer sans crainte de démenti que pour être certain de reconnaitre à première vue les soixante-dix à quatre-vingts espèces et variétés cultivées en Europe, il faut avoir examiné, pour la plupart d’entre elles, des centaines de plantes de chacune, aux différents stades de leur développement et cultivées dans les conditions les plus diverses de sol et de climat.

Pendant les premières années de nos études des bambisacées, nous nous sommes souvent trouvé aux prises avec les difficultés de détermination de nos plantes. Nous ferons tous nos efforts pour abréger aux autres cette période de tâtonnements, pensant que c’est le meilleur moyen qu'ils puissent pousser aussi loin que possible leurs études. Dans ce but nous avons cherché à diviser en un certain nombre de groupes les genres, que nous connaissons le mieux des Arundinariae. En l'absence d’inflorescence nous avons eu recours à des caractères secondaires tirés de la tige, des gaînes, des rameaux et des feuilles, nous coniormant ainsi à la méthode que Gamble à suivie pour grouper ceux des Arundinaria de l'Himalaya dont il ne connaissait pas les leurs. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de citer cette autorité incontestée pour justilier le choix de ces caractères. Nous aurions désiré que le tableau ci-contre ne tint compte que de caractères

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Dour

permanents dans le stade adulte de la plante : mais nous avons dû y renoncer par crainte de le compliquer sans grande utilité et nous avons dû recourir à certains caractères ürés d'organes caducs. Nous avons toutefois rejeté systématiquement tous les caractères du stade jeune, nous réservant de les signaler dans les descriptions.

dustification du groupement

Ayant donné pages 7à 14 denotre numéro de Janvier une description assez détaillée du Phyllostächys pubescens, Hort, sous son facies adulte, nous y renverrons le lecteur désireux de se rendre compte des raisons qui nous ont engagé à séparer cette espèce des autres groupes (1). Nous aborderons immédiatement la description des caractères qui ont conduit M. le Professeur Makino à considérer le Kikko-chiku comme une variété de l'espèce précédente. Phyllostachys pubescens var. heterocycla diffère surtout du type par la forme des mérithalles de la base des chaumes. Ceux-ci, au lieu d’être simplement courts, comme dans Phyllostachys pubescens chevauchent les uns sur les autres de façons diverses, les diaphragmes sontobliques,déformés, épaissis pariois, plus rapprochés encore que dans le type et l'aspect extérieur des grosses tiges rappelle celui de la carapace des tortues, d’où lui vient le nom de Kïkko-chiku - Bambou tortue - qui lui a été donné en Extrême-Orient. Les tiges de cette variété sont moins élevées que celles du type ; leur grosseur est aussi moindre, puisqu'on leur assigne o m., 45 (2) au maximum de circonférence ; tandis que le type paraît atteindre l'énorme circonférence de o m., 90 (3) à la base. Nous dirons quelques mots, du facies jeune de cette espèce. Les gaines sont alors glabres ou

presque glabres, papiracées, dépourvues ou presque de

(1) Pour la description de l'infio:escence voir : T. Makino, Bot. Mag. de Tokyo, Vol. XV. p. 68-70, 1901. Comme nous aurons l’occasion de reparler un peu plus tard de Ph. pubescens,Hort, nous donnerons à ce moment une planche présentant ses caractères et ceux de sa variété.

(2) Bulletin van het Kolon'al Museum van Haarlem, Maait 1894. Door Léon Van de Pcilder, p. 19.

Abc lon Vanide Polder, p. ri.

PHYLLOSTACHYS

Gaînes caduques, ra-

meau axillaire solitaire à entre-nœuds trèscourts à la base, du premier desquels sort une ramille ayant l’aspect d’un second rameau axillaire.

Ce tableau est dressé dans le but d’arriver à déterminer les diverses formes de Phyllostachys sans tenir compte si ce sont des espèces ou les variétés.

l | année Gaïînes coriaces, densément pubescentes au dos |

maculées de taches noires en reliet après dessication.

Tiges scabres la première année.

Microphylle dressé.

Gaînes portant quelques grands poils épars au dos, peu ou pas de | macules, jamais en re- De

lief, |

rameaux pleins, ainsi que les ramilles.

Tiges lisses, mycrophylles dressés, ou étalés, non décombants :

canal médullaire des rameaux étroit ou parfois nul. |

Microphylle décom-

VÉEX - bant vert bordé de jau- Cari 2 ne. Je Gaines glabres se- poilu, mées de macules arron- tige, b dies foncées, jamais en ; \ uge .

relief.

Microphylle décombant vert bronzé ou brunâtre jamais bordé de jaune.

!sément et courtement pubescentes la première baphragmes parallèles ; mérithalles inférieurs à la base, tige très conique, rameaux pleins Mhauiles creuses, . . . : . *. . * rérithalles inférieurs déformés, à diaphragmes reste comme le type

les dans leur jeunesse, jaunissant dans la suite. l18 ou moins densément couvertes de taches sourpres, vermiculées à zones concentriques ;

lement tachées de noir ou de brun en macules occupant souvent plus de la moitié de la surrithalles

Ites dans leur jeunesse, noircissant dans la suite,

blètement noires, excepté une étroite zone sous pasnele . LÉ NCERE

) s ou moins densément couvertes de taches noïi- :s, confluentes ou non

| (épais, feuillage ne feuilles iu anneau | les nœuds.

Nrtes, ensuite virant au jaune, enfin noires dan; Lse feuilles petites,pas d’anneau cireux sous les

| iées de pourpre Fo. feuilles grandes, : anneau 4 les nœuds. :

Tiges vertes ou jaunîtres

Me poilu sur les sans stries .

l’écaille biner- Tiges jaunes striées de vert.

ide l'écaillle binervée dépourvues d’appendice | thalles raccourcis et gibbeux vers le bas de la i renflée sous le nœud surtout vers le haut de la

rtes .

| A sillon vert et parfois striées de vert .

Striées ou lavées de pourpre iement canelées ;

nes d’or.

vert-jaunâtre

Phyllostachys pubescens.

Phyllostachys pubescens var, heterocycla.

Phyllostachys Henonis.

Phyllostachys Boryana.

Phyllostachys fulva.

Phyllostachys nigra.

Phyllostachys nigra var punetata.

Phyllostachys viridi-glaucescens

Phyllostachys flexuosa.

Phyllostachys violascens.

Phyllostachys mitis.

Phyllostachys sulphurea.

Phyllostachys aurea.

Phyllostachys Quilioi.

Phyllostachys Castillonis.

Ph. Castillonis var. holochrysa,

Phyllostachys Marliacea.

LAN F : A 4 taches foncées. Les tiges sont moins coniques, le tomen-

tum est moins apparent, les poils raides au bord de la

cicatrice vaginale sont absents, les mérithalles gibbeux, irréculiers, à diaphragmes obliques sont absents, les rameaux existent dès la base des chaumes qui sont parois

mous, flasques, quasi herbacés et plus ou moins couchés

sur le sol. Nous devons toutelois dire qu'il subsiste un léger doute au sujet de l'espèce à laquelle appartient le Kikko-chiku : l'inflorescence en étant encore inconnue, la position exacte qu'il doit occuper dans le genre Phyllos-

tachys ne sera absolument incontestable que lorsque les

organes floraux en auront pu être examinés. :

La justification du « groupe migra » se trouvant à la

page 25 de notre numéro de Janvier, nous abordons immédiatement l'examen des espèces qui le composent.

Phuyllostachys Henonis, Mitiord, Japon.

Bambusa Henonis, Hort. | Bambusa puberula, Miquel. :

Nom. Jap. Ha-chiku, etc.

Facies adulte. A. Partie souterraine. Souche traçante. Rhizome assez long, mince, un peu comprimé verticalement, à entre-nœuds courts, peu dilatés à l'insertion des gaînes, jaune ou verdâtre ; canal médullaire étroit, diaphragme épais ; portant à chaque entre-nœuds un verticille de racines courtes et peu ramifiées, naissant au-dessus de l'insertion de la gaine, sur un renflement en bourrelet dans le plan du diaphragme. Gaînes du rhizome persistantes, coriaces, se détruisant sur place, jaunâtres, lisses en dedans, et en dehors vers la pointe, portant à la base de fins et courts poils jaunâtres, brillants et soyeux, couchés en arrière.

Caulo-bulbe allongé, peu renîflé, portant un nombre

relativement restreint de très fortes racines longues, rarement bilurquées, garnies de très nombreuses radicelles ramifiées.

B. Partie aérienne. Chaume dressé, raide, atteignant jusqu’à 15 mètres de hauteur, fistuleux, cylindrique, à section circulaire ou elliptique en bas, parfois vaguement qua-

| — iÿ — drangulaire dans toute la partie dépourvue de rameaux, qui occupe la moitié ou Îles deux tiers de la hauteur, sillonné surtout en haut des deux côtés dans le plan des rameaux et de l’axe{voir PI. I, Figs. 11 et 14.G.n.) scabrerugueux, d’abord vert et pruineux, virant au jaune olivätre ou au jaune. Rameaux pleins, assez gros, de moyenne

longueur, souvent à section quadrangulaire, (PI. I, Fig. 15)

parfois sillonné sur les quatre faces.

Gaîne grise ou blanchâtre, arrondie au sommet, sans macule, papiracée coriace, scabre, portant au dos de grands poils foncés épars, lisse en dedans. Ligule brune, laciniée, de 2 à 5 "/" de longueur, mince, membraneuse. Microphylle (limbe modifié) dressé, épais, coriace, étroitement lancéolé-aigu, en gouttière, acuminé, scabre sur les deux faces, atteignant de 5 à 7 centimètres sur 8 à 12 "/". Ecaille binervée profondément bifide ou. complètement séparée en ses deux éléments (PI. I., Fig. 11;(1)dans les deux cas les deux divisions sontétroitement lancéolées-aigues, très-minces, membraneuses, molles, translucides, incolores, ou légèrement lavées de vert près des carênes, pubérulentes au dos sur les carènes et sur les bords, glabres sur la face ventrale, serrées et fortement adhérentes entre le chaume et le rameau, persistantes. Feuille légèrement asimétrique, lancéolée-aigue, en gouttière ou plane ou à extrémité un peu décombante, brusquement rétrécie en un pétiole assez long, violet au-dessus, de forme et de proportion assez variable d’ailleurs, finement tessellée, dentée au bord (PI. I Figs. 11,12 et :3, détails de la feuille, de sa base et de son insertion sur la gaïîne foliaire). L'ensemble du feuillage a donné lieu à l’Ermitage, à l'observation d’une particularité que nous n'avons

(1) Pour la clarté de la Fig. 11, nous n’avons pas pu représenter l’écaill® binervée telle qu’elle se présente, attendu que sa base fortement élargie, entoure complètement le rameau et la ramille primaire et que ses deux extrémités latérales viennent se croiser devant le rameau. En réalité, ces deux extrémités viennent donc vailer les détails d’insertion du rameau et de la ramille primaire que nous voulions montrer.et les débrits en restent longtemps adhérents à la cicatrice sinueuse de la base du rameau. Dans la figure une partie de cet organe a donc été supprimée.

= 6o — remarquée jusqu'ici chez aucune autre espèce : les feuilles par 2 ou 3 au bout des ramilles, écartées pendant l'été se superposent exactement pendant l'hiver, pour diminuer le rayonnement, pensons-nous, et la plante parait alors porter la moitié seulement des feuilles qu’elle conserve en réalité.

C. Inflorescence complète du chaume, panicule lâche mêlée ou non de feuilles. Épilets (PI. I, Fig. 1) réunis en petits groupes globuleux ou allongés à l'extrémité des ramilles, entourés à la base des gaînettes des feuilles et de gaînettes, surmontées de mycrophylles persistants jusqu'à la maturité des caryopses. Rachilla articulé, comprimé, glabre ou un peu pubérulent, portant deux à trois fleurs complètes et terminé par une fleur incomplète.

PIE TT Fig.-2, une fleurcompière détache

Glumes,deux,rapprochées, manquant à certains épilets, glume externe petite 2 à 4", (P1. I, Fig. 4) uninervée, lancéolée linéaire,obtuse,naviculaire,un peu pubérulente au sommet. Glume interne (PI. Lise os 8 "/», lancéolée linéaire, obtuse, naviculaire, un peu pubérulente au dos, nervure médiane RER 2 à 3 paires de nervures secondaires.

- Glumelles, deux. L'externe (PI. I, Fig. 6) a enroulée, lancéolée-aigue, nervure cine proéminente, 4 à 5 paires de nervures secondaires, scabre sur et entre les nervures, et sur les bords, mais moins vers la base et vers le sommet cétacé, dont la pointe très aigue est toujours glabre, lâchement et obscurément tessellée, verte ou vert-brunâtre-violacé, translucide aux bords vers le bas, longue de 12 à 16 "/,, large de 4 à 6. Glumelle interne (PL. I, Pig. 7) de lo à 12 "de longueur, Amen née (1) concave enroulée, légèrement bifide au sommet, les deux carênes, terminées chacune par une pointe acérée

(1) La glumelle interne bicarénée semble être le résultat de la soudure incomplète de deux glumelles : c’est probablement pour cela que le verticille glumellaire de la fleur, qui correspond au calice,paraît ne comprendre que deux pièces, alors que tous les autres verticilles intérieurs en comprennent trois.

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