AVIS À MM. LES HORTICULTEURS
Ce numéro parvient à plus de trois cents . :
cialistes et amateurs de Bambous, appartenant à plus de quinze nationalités. Le nombre des destinataires des. Fe numéros suivants sera bien plus important. TES ie
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16 Auril 1906
SON ÉTUDE
É : Sa Culture, son Emploi.
BULLETIN PÉRIODIQUE Vade-Mecum et Intermédiaire de tous les Amis des Bambous.
| Adresser toutes les communications au fondateur,
Jean Houzjeau de Lehaie, Ermitage,
Mons, Belgique.
Ce Numéro : UN FRANC.
“ Typo-Litho A. LrBERT, Croix-Place, Mons.
DOMAINE DE. PRAFRANCE : 0
Générargues (Gard) France. Gaston Lu propriétaires
Graines de Conifères, Chênes du J apon Gt d’ AE 3 A Palmiers, ni etc. ;. + et F ruits de 1OEee 2 sortes. de
Vastes cultures de BAMBOUS rustiques,
disponibles tout l'hiver en exemplaires de toutes forces 1 et tailles yusqu'à 15 mètres de hauteur pour les prete espèces. RER PHYLLOSTACHYS pubescens, Quilioi, mitis ,sulphured, x 1 violascens, viridi-glaucescens, our nigra, auréa, VS (Henonis attendu). DURS ARUNDINARIA Japonica, Simoni var. variegata, F CES tunei, auricoma. Ë Lee BAMBUSA quadrangularis, disticha.
Tiges de bambous pour meubles, cannes à. à Dé DE 4 “ manches d'outils, échafaudages, échalas, perches, Fes Le tuteurs, été; etc. as
On correspond en Allemand et en Russe. - Catitoses franco sur int $ 52
SOMMAIRE
“Ur | PAGES s [ Le Bambou au Japon au point de vue com MN mercial - 73 LEE IT. Principes de Culture des Bambous HiStiqueR se envisagés comme plantes rhizomateuses(suite et fin) H. Drion, Marlagne (Namur) Bel. 1h | III. L'industrie des chapeaux de Bambou à Java. D: Prof. E. De Wildeman (Bruxelles). #. “ 1 IV. De la résistance des Bambous pendant leur”. transport . Het Be V. Le Bambou instrument de crime et de supplice. de. VI. Bambusacearum partes enumeratae secundum descriptionis ordinem. Avecia collaboration de M'le D’ Proï. E. Pftzer:de Heure Bai VII. Les travaux de la saison. 89 VIII. Varia : Conserves de pousses de Bambou ; 34 Fourrage de Bambou ; Les nb TA d'Afrique, E.-De Wilidéman "010 2
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AVIS. — Nous avons décidé de faire alterner les brochures de 20 et de
40 pages, añn de rester dans les limites de poids permettant pour les premières l’affranchissement d’un port, sans diminuer la matière contenue dans deux
. numéros successils.
Le Bambou au Japon au point de ve commercial.
Ha Pes procédés de.culture industrielle du bambou au Japon diffèrent beaucoup de ceux que nous mettons en pratique dans nos jardins pour l'obtention de touîtes ornementales. Ces méthodes ayant été minutieusement HéCnires pan MS LE Man .de Polder (1) et Fairchild (2), nous ne nous y arrêterons pas ici. Les précautions prises pour la récolte et la conservation des chaumes ont la plus grande importance pour la qualité du bois. Pour avoir le maximum de valeur, les chaumes doivent être âgés de quatre ans au moins et de six ans au plus, au moment de la récolte. Il faut choisir pour la cueillette l’époque de repos de la végétation ; sinon le bois est de peu de valeur et les insectes l’attaquent. Aussitôt après la récolte, les chaumes, dépouillés de leurs branchettes, sont classés par grandeur et grosseur et réunis en bottes serrées afin de les maintenir droits. On les place à l’ombre dans un endroit sec et bien aéré, où ils sèchent pendant toute une année avant d’être utilisés. ,
Suivant les usages auxquels on les destine, ils subissent diverses préparations dont le but spécial ne nous est pas suffisamment connu. Suivant les cas, on les expose longtemps à l’action de la fumée ; ou, après les avoir huiones durcit au eu : ou encore on en perce les dia- phragmes, avant de les soumettre en dedans et en dehors à l’action de lait de chaux ou d'acide sulfurique dilué. Pour la confection des meubles, les chaumes sont colorés par divers procédés, gravés à l’acide, marbrés de noir au féu, blanchis à l’eau.de riz, ou ramolis et contournés après une cuisson spéciale.
Les chaumes font l’objet d'un commerce considérable au Japon à l’intérieur et à l'exportation. ; mais en Europe
(x) Bulletin van het Kol.Mus. te Haarlem, Maart 1894. De cultuur der Bamboe in Japan, door L. Van de Polder.
* (2) Japanese bamboos and their introduction into America, by David G. Fairchild. Washington, Gov. print. office 1903,
FA | leur prix élevé chez les négociants, leur rareté relative en limitent l'emploi. Quand on voit la multitude d'utilisations que leur donnent les Japonais, il paraît bien probable que, s'ils étaient mis en vente à bas prix, les usages s'en multiplieraient en Europe.
Les Japonais font avec le bambou, et principalement avec les Phyllostachys Quilioi et Heñnonis, la charpente et la toiture de leurs habitations, les couvre-joints des cloisons, les plafonds, les ornements des irises et des cymaises, les treillages qui garnissent les baies des fenêtres, les nattes, les stores, les balustrades des vérandas, les kiosques rustiques entiers, les gouttières, les chevilles d’assemblage. Evidemment, pour plusieurs de ces usages, nous possédons des matériaux plus appropriés à notre climat et à notre genre de vie ; cependant dans bien des cas l’emploi du bambou ajoute à l'agrément de nos demeures: c'est ainsi qu'il est très apprécié pour la confection de meubles rustiques et légers. Les Orientaux transforment les chaumes en solides cordages, en étoîfes grossières, en chapeaux, et même des branchettes ils font d’élégants réseaux à fines mailles carrées qu'ils portent sous les vêtements. Nous avons pu en examiner un, en Îorme de Jersey, garni d'entre-deux de soie brodée, qui était d’un travail admirable. Certains genres de sandales, de chaussures sont garnies des gaines blanches et résistantes du Kazwashirodake. Les parasols, les éventails, une infinité de jouets d'enfant sont en bambous. |
Maint ustensile de ménage en est tiré : des seaux, tonnelets, robinets, brocs, cobelets, assiettes, plats, plateaux, coupes, cuillères, les bâtonnets de table, des couteaux, des boites et des étuis de tous genres, des pots à à fleurs, des vases à bouquets, les manches de presque tous les outils, les cannes à pêche, les balais, les échelles, les perches, les gaules.
D'après certains’ rites religieux, C'est. AinembAseRte chaume entourée de sa motte compacte de racines qui doit frapper le gong sacré des temples.
Des coutelas, des poignards, des fourreaux de sabre, des bois de lance, des arcs, des flèches sont confectionnés en bambous. Les rhizomes servent à appliquer la bastonnade ; ce sont d'excellentes cravaches, des cannes solides et flexibles.
Toutes les parties ligneuses de É plante servent à fabriquer d’excellent papier très apprécié et employé qui,
huilé est imperméable et aussi résistant qu'une étoîffe. Les principales espèces mises à contribution pour ces emplois sont le Ph. Quilioi, Ma-dake ; le Ph. Henonis, Ha-chiku Érses variétés ; le Ph. nigra, Kuro-dake et ses variétés l'A. Simon, Me-dake, et ses variétés ; l’ A. Japonica, Yadake et d’autres encore.
Toute la vannerie est faite en bambou fendu ou entier : cette matière première est bien plus belle et solide que l’osier ; le Sasa borealis, Makino et Shibata, Suzudake est l’une des espèces les plus employées pour cet usage. Le Ph. pubescens, M6sô-chiku, est aussi une espèce des plus utiles. En chauffant ses jeunes tiges dès leur complet développement, on en extrait une abondante maère cireuse susceptible des mêmes emplois que la cire d'abeille : une forte tige convenablement traitée en donne environ un kilogramme. Cette espèce fournit des jets comestibles que les Asiatiques consomment en grande quantité, et que les Européens estiment aussi beaucoup. Un hectare de AZ6s6-chiku peut donner, après dix ans de plantation, 20 à 22.000 kil. de jets comestibles chaque Mec, nest. du reste. pas: la-seule espèce dont on mange les jets : ceux des Ph. Quilioi, B. vulgaris, Wendland, B. marmorea, Mitiord, Kan-chiku, et de bien d’autres sont fort appréciés. Les jets de 47656 peuvent atteindre le poids de 5 kil. Ils sont cueillis comme les asperges, dès que la pointe affleure le sol ; les terrains légers et chauds fournissent les produits les plus beaux et les plus délicats. Ceux qui ne sont pas consommés immédiatement sont séchés ou transformés en conserve ; on les transporte ainsi au loin, dans les provinces froides, jusqu’en Mandchourie et même en Europe. Ce n’est pas, comme chez l’asperge, la pointe du jet qui est utilisée comme légume : chez le bambou, cette pointe est constituée de gaînes coriaces, filandreuses, immangeables, tandis que la base de la pousse est charnue et tendre dans son jeune âge : au point de vue alimentaire, ce légume se présente donc comme l’artichaut, dont le porteleuille constitue la vraie partie nutritive ; mais chez le M6s0 cette portion peut peser plusieurs kilogrammes. La culture du M6$s6 comme légume aurait les plus g srandes chances de succès dans le Sud et l'Ouest de la France. Nous pensons qu’en Belgique il restera une plante ornementale de tout premier ordre.
A la saison de l’abatage des chaumes, le feuillage de toutes les espèces estdonné aux bestiauxetaux chevaux com-
me fourrage vert, souvent bien rare à cette époque. Nous avons pu constater à nos dépens, lors de nos deux dernières importations de ces plantes, qu'en Belgique les chevaux en sont très friands. On sait que dans l’Inde et ailleurs certaines espèces de grandes bambusacées fournissent parfois, lors des floraisons générales, des quantités énormes de graines. Au Japon, certaines espèces de bambous nains (1) portent chaque année une abondante moisson de graines qui constituent une resssource pour l’alimentation. On en fait du pain, et on les utilise comme Île riz et l'orge. Comme ces espèces, très résistantes et envahissantes, forment des sous-bois dans les forêts, jusque dans les provinces du Nord, c'est un appoint de nourriture obtenu sans autre travail que celui de la récolte. Voici l’analyse de ces graines (2) qui constituent un aliment de valeur, comme on s'en rendra compte en les comparant aux analyses d'orge et de froment que nous y joignons pour terme de comparaison :
So are à | | FT ol RGE | FROMENT
Eau. 11,98 15,28 13,56 Albuminoiïdes 10,75 11,43 12,43 Huile 1,53 h.72 x70 Cellulose 3,25 2,01 2,66 Hydrate de carbone HIS A 67,81 67,89
| Cendres I,04 M RE 1977 1,76 |
Les chaumes convenablement préparés ont une résistance extraordinaire ; c'est ainsi que l’on en fait des conduites d’eau sous terre et au-dessus du sol, des ponts, des norias, des radeaux, des pilotis, des clayonnages pour maintenir les berges des rivières et mème des moules de fonderie : ce sont ces Ph. Quilioiet Henonis qui sont lesplus usités pour tous ces usages, comme étant les grandes espèces dont le bois est le plus résistant à tons égards 1e Re pubescens qui fournit des chaumes plus gros, mais moins réguliers, paraîtavoir au Japon un bois de qualité inférieure que l'on écarte detoute constructionsoignée. [A suivre.)
(x) Appartenant au genre Sasa nouvellement créé.Voir : Makino et Shibata : On Sasa, a new genus of Bambusaceae and its affinities. Bot. Mag. of Tokyo Vol. XV, p. 160, 1goI.
(2) Van de Polder, L. De Cultuur der Bamboe in Japan. Bull. vän het Kolonial Museum te Haarlem, Maart 1894. page 20.
Es 74 Le Principes de culture des Bambous rustiques envisagés comme plantes rhizomateuses
(SULPE (1)
Au printemps, les turions émergent du sol, nourris surtout par les réserves accumulées dans la tige souterraine — le rhizome — qui les porte. En l'absence de véritables feuilles sur les turions, la fonction chlorophilienne se jait principalement par les feuilles des chaumes anciens, devenues chaque année plus abondantes. Quelques semaines plus tard, le turion a acquis toute sa hauteur, 1l montre ses premières feuilles ; peu de temps après l'arrêt de sa croissance, il contribue au développement des rhizomes nouveaux qui sont d'autant plus vigoureux que les tiges sont plus nombreuses, plus fortes, plus abondamment pourvues de feuilles et de racines. D’année en année, les rhizomes seront donc mieux alimentés et les turions mieux nourris. C’est ainsi que la plante acquiert de la vigueur et une plus grande force d’expansion, en même temps qu'elle envahit le sol.
Enfñn,de cette relation entre les chaumes anciens et les rhizomes nouveaux, et entre ces rhizomes et les nouveaux turions, 1l se dégage l'explication de ce fait dûment constaté, que si l'on importe une bonne toulie de fortes tiges, munie d’un tronçon de rhizome pourvu de bourgeons, on obtiendra, dès l’année suivante, des chaumes d’une dimension que l’on n'aurait pas pu obtenir en cultivant sous notre climat une faible division, même après un grand nombre d'années. Le fait est bien connu au Japon et voici comment l’exprimait M' Sato Shinyen, un amateur érudit: « Une touffe de bambous de la charge d’un homme demande dix années pour devenir iorte ; mais une touffe de la charge de dix hommes, le devient en un an » L'exposé de ces phénomènes nous permet de justilier l'opération du pincement telle qu'on la pratique dans les cultures les mieux tenues du Japon. Dans toute plantation, la grosseur des turions est en rapport avec la vigueur du rhizome qui les porte ; c'est pourquoi les turions les plus minces sont enlevés dès leur apparition, afin de faire périr les rhizomes
(x) Voir page 45.
= 78 ee
trop faibles qui les portent. Toutelois cette opération n’est pratiquée qu'après la quatrième année de plantation, parce qu'il importe, avant tout, de produire un couvert complet qui maintienne le sol ombragé. Nous comprenons encore par ce principe d'aménagement, pourquoi les fortes tiges des touffes isolées naissent toujours au sein du massif, jamais sur le pourtour. Il est donc à conseiller de planter par groupes assez étendus pour créer un couvert complet, si l’on veut obtenir plus rapidement de fortes tiges.
L'âge d'abattage des tiges est aussi un point très important. On ne doit jamais les couper avant qu'elles n'aient atteint l’âge où leur activité dans la nutrition des rhizomes est terminée. Il est admis par les praticiens japonais qu’il correspond à la quatrième année. Toute tige de quatre ans peut être impunément coupée, parce qu'elle ne peut plus concourir à l’alimentation de la plante.
En terminant cette notice, nous sommes cependant obligés de reconnaître que les phases de la végétation de nos bambusacées ne se succèdent pas avec la régularité mathémathique que nous leur avons supposée. Souvent quelques chaumes isolés se développent au départ de la première végétation de printemps, d’autres pendant le cours de l'été, et enfin les plus tardiis sont généralement chez nous détruits par les intempéries de l'hiver ; mais on observe cependant très nettement une époque, propre à chaque espèce, à laquelle les chaumes apparaissent en foule. C’est le moment de l’activité normale de l'espèce ; les autres chaumes sont ou bien des chaumes anticipés, ou bien des chaumes retardés. Les chaumes les plus vigoureux apparaissent ordinairement au moment que nous avons appelé l’époque normale, ou dans le cœur de été.
A cause de leur origine insulaire, le facteur le plus important de la culture des bambous japonais est une humidité constante, capable de favoriser la production d’abondantes racines, autant que la formation des rh1zomes et d'assurer la régularité des phénomènes toujours très actiis de la circulation pendant la période végétative. Dans nos climats occidentaux exposés à de longs intervalles sans pluie, les irrigations et les arrosages sont pour ainsi dire indispensables pour faire produire le maximum de développement aux Phyllostachys.
Le but final de toute culture est de transiormer les engrais en matières végétales. Le cultivateur n'y par-
nb di cast aise
tee vient que par deux moyens : 1° le choix des engrais les plus promptement assimilables, et, 2° le choix des plantes capables d’absorber le maximum d'engrais dismomble"Qladis 1lpouvait se contenter de ces races frugales, n'exigeant que peu de nourriture assimilable “pour arriver à maturité ; mais ces races incapables d’absorber les fortes famures ne rendent que de médiocres récoltes. Elles sont aujourd’hui complètement délaissées. On n'utilise plus que les races qui, pouvant consommer rapidement de grandes quantités d'engrais, sont seules capables de produire une abondante récolte. Nos bambusacées occupent la toute première place parmi les plantes possédant cette précieuse qualité. Ce fait seul justihe et la grande extension que leur culture a prise au Japon depuis une vingtaine d'années, et les méthodes de plus en plus intensives qu'on leur applique. Nous n'avons donc rien à craindre de leur grande voracité, puisque c'est précisément le gage le plus assuré qu’elles puissent nous donner de leur haute valeur culturale.
Si, par ce petit article de vulgarisation, adressé aux jardiniers, nous avons démontré clairement qu'ils doivent concentrer tous leurs soins à la production de la fige souterraine du bambou, et que l’art de cette culture se résume à savoir déterminer, dans chaque cas particulier, la méthode la plus intensive de production de gros rhizomes, notre but aura été complètement atteint.
H. DRION, Marlagne (Namur), Belgique.
Lindystrie des chapeaux de bambou à Java.
M. P. Serre, vice-consul de France, a, au cours de ces dernières années, dans diverses publications, attiré l’attention sur cette industrie d'introduction récente dans l'Ouest de Java. Elle y fait vivre actuellement plus de 60,000 indigènes. C’est un Chinois ayant longtemps habité
Manille qui a installé cette fabrication dans la Résidence de Bantam. |
Le chapeau obtenu à l’aide de lanières découpées dans l'écorce d’un bambou spécial aurait le grand avantage, sur
le Panama et le Manille de coûter beaucoup moins cher : mais il présente l'inconvénient de jaunir à l’airet de ne pas supporter le lavage. C’est l'homme qui se charge du découpage du bambou et de la préparation des lanières minces et étroites ; ce sont les femmes et les enfants qui tressent les fibres. Il leur laut environ deux jours pour tisser un chapeau qui sera vendu sur place environ 20 cents, soit 42 centimes. On distingue à Java une dizaine de qualités suivant la finesse de la Hbre. Depuis environ deux ans, par suite de grands achats effectués par des maisons françaises et américaines (de New-York), les prix des chapeaux de bambou ont doublé à Java pour les qualités ordinaires ; les autres ont augmenté de 50 °/.. Actuellement, les chapeaux ordinaires se paient 35 à 42 centimes, au lieu de 22 à 25 centimes, et les meilleures qualités atteignent parfois le prix de 85 cents, soit environ 1 Îr. 75. Ces chapeaux sont toujours doubles, les deux formes de qualités différentes, l’intérieure toujours un peu moins fine; ces deux formes sont remaillées sur les bords. Après cette opération les chapeaux sont plongés dans un bain de bisullite de soude, puis séchés au soleil. On avait essayé le blanchiment des chapeaux à l’eau oxygénée; mais les produits ainsi préparés n’ont pas été acceptés comme produits bruts par les paysauxquelsilsétaientdestinés,etila fallurevenirau blanchissage moins complet par le bisulfite de soude. Ce traitement enlève un peu de la coloration jaune sale du bambou, mais il fait apparaître dés taches sur certains chapeaux, taches dues à l’action chimique du sel sur le jus, très riche en tannin, des iruits que mangent en travaillant tisseurs et remailleurs. Ces chapeaux, qui ne pourraient être écoulés tels quels,sont cédés à bas prix aux Chinois de Batavia qui les teignent et les vendent dans le pays.
Un acheteur européen a trouvé cependant un emploi pour ces chapeaux tachés : il les transforme en casques contre le soleil. À cet effet, le chapeau brut est placé sur une Îorme métallique chauffée au gaz, puis enduit d’un vernis pour lui donner rigidité et imperméabilité ; on le recouvre ensuite de toile et on le double de satinette verte. On peut naturellement modifier les formes, et dans ces derniers temps on a créé de forts jolis modèles de chapeaux de dames.
L’exportation se fait en empilant sans soin les chapeaux bruts dans des caisses ; on peut en loger de 1200 à 2100 par caisse d’une consenance de o, m*610 seulement. On
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estime qu'en 1904, ; ancien monde aurait reçu 2500 caisses contenant environ 4.000.000 de ces chapeaux. Une seule maison de Java ne aurait expédié à elle seule, jusque 30.000 chapeaux par semaine.
Les chapeaux fabriqués au Tonkin par un procédé assez semblable et avec une matière première analogue seraient moins estimés. Ils sont moins rigides, toujours simples, et on reproche au Tonkinois de préparer pour le tissage des lanières trop épaisses.
Plusieurs sociétés s'occupent actuellement à Java du commerce de cet article ; nous avons même une « Société Coloniale Indo-Belge » qui a son siège à Kali-Besar (Batavia) qui traite ce produit et est représentée à Anvers Pau MM. H Fasting & Cie.
Ce commerce a de l'avenir, car la demande dépasse toujours la production. D' Proï. E. DE WILDEMAN.
De la résistance des Bambous pendant leur iranport.
Jusque dans ces dernières années, nous n'avions introduit que de petites piantes de bambous d’un poids très faible, et généralement en pots. Expédiées en grande vitesse, elles ne mettaient que quelques jours à nous parvenir. Leur façon de se comporter ne pouvait donc en aucune manière servir de critérium pour apprécier leur endurance.
En septembre 1903, nous recumes un premier envoi de bambous expédié en petite vitesse, qui était resté dix-huit jours en route Nous avions fait empailler non seulement les mottes, mais aussi les tiges et le feuillage et mal nous en prit, car un temps pluvieux et doux avait favorisé la fermentation et, au déballage, presque toutes les feuilles étaient mortes et détachées. Seul, un Ph. Boryana avait conservé une bonne partie de son feuillage. Cet envoi comprenait trente-deux grandes tiges écimées (hélas) à six mètres ; ces soins excessifs de l'emballage en firent périr cinq, mais les vingt-sept autres se couvrirent d'un abondant feuillage au printemps suivant.
En avril 1904, nous avons recu un envoi qui à mis
7 Soie
vingt-et-un jours à nous parvenir. Pendant ces trois semaines, le temps ut sec et le ciel presque continuellement découvert. Les plantes n'étaient aucunement emballées et, pour comble de malheur, l'expéditeur n'avait pas fait bâcher le wagon ! Naturellement les plantes n'avaient pas été arrosées en route, les compagnies de chemin de ier n’ont pas encore pour les végétaux la même sollicitude que pour les pigeons. Cet envoi comprenait vingt-cinq plantes de cinq à six mètres de hauteur. Quatre arrivèrent mortes de soit : ce n'étaient pas celles qui, se trouvant au-dessus du wagon avaient protégé ies autres contre les ardeurs du soleil, c'était toute une espèce, provenant d’un sol sablonneux qui n'adhérait aucunement aux racines. Indépendamment de cet accident, nous avons pourtant cru remarquer que cette espèce, le Ph. Viridi-Glaucescens, Rivière, est d’un transport moins facile que les autres. Plusieurs autres touiles étaient en très mauvais état et moururent ; mais le plus grand nombre conserva ses tiges et même,
chose à peine croyable, des touîftes de Ph. Quilior, exposées
au plein soleil pendant tout le trajet, n'avaient nine feuille morte, m1 même une seule feuillemouleess sécheresse. C’est une preuve'de la grande ressens cette espece carla terre des mortes était absolument sèche quand nous {es avons reçues, au point de surnager un instant quand nous les avons trempées dans un étang. En iévrier 1905, nous avons reçu un envoi du Japon. Nous dirons un mot de la méthode d'emballage qui a donné d'excellents résultats dans cette circonstance, L’expéditeur avait laissé le feuillage complet ; chaque motte était soigneusement enveloppée de sphagnum bien humide tixé par des liens en paille de riz Pis, sumume couche de paille de riz placée au fond de l’un des bouts de la caisseil avait couché une rangéede mottes qu'il avait immobilisée au moyen d’une traverse en bois appuyant sur les tiges en avantdes mottes. Il avait alors tassé de la paille de riz entre les mottes, les avait recouvertes d'une couche de même paille ,et avait établi un second lit sur le premier, l'avait immobilisé avec une seconde traverse, et, continuant ainsi, avait garni les deux bouts des caisses de mottes dont les tiges s’entrecroisaient, emplissant de feuillage tout l’espace de 1 m,50 environ laissé libre entre elles. Cette partie médiane prenait jour et air par deux larges ouvertures garnies de toile métallique pour empêcher l'introduction des rongeurs. Pendant le transpor t-cinquante-deux jours-